La Chine qualifie candidement d'"espionnage" l'enquête européenne sur la concurrence déloyale

"Sans précédent" et "choquant". Les acteurs du secteur automobile chinois impliqués dans l'enquête de l'UE sur les subventions d'État sont préoccupés par la proposition de droits de douane qui en découle. Ils ont uni leurs forces et demandé à Pékin d'imposer des droits de douane en représailles, ce qui pourrait nuire aux ventes de la marque haut de gamme dans la région.

Les fabricants chinois exhortent leur gouvernement à mettre en œuvre des mesures punitives en réponse à l'annonce récente par l'Union européenne de droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques chinoises importées.

Plus précisément, ils préconisent un droit de douane de 25 % sur les gros véhicules européens dotés d'un moteur à combustion d'une cylindrée supérieure à 2,5 litres. Cette information, divulguée pour la première fois en mai, a été réitérée lors d'une réunion confidentielle à Pékin, à laquelle ont participé des représentants du ministère chinois du commerce, de six constructeurs automobiles européens et de quatre constructeurs chinois, ainsi que de diverses organisations industrielles et de recherche.

Des secrets d'affaires appropriés

La tension monte entre les deux zones commerciales. Au cours de la réunion, un représentant chinois a accusé l'UE d'utiliser l'enquête comme prétexte pour "s'approprier les secrets commerciaux des fabricants chinois de véhicules électriques". Selon la délégation chinoise, les détails des informations et de la coopération demandées par les fonctionnaires de l'UE dépassent la vraisemblance. Ils ont été qualifiés de "sans précédent".

Le ministère chinois du commerce a critiqué la Commission européenne pour avoir exagéré au cours de son enquête anti-subventions qui a duré huit mois. La Commission a exigé des données détaillées sur l'approvisionnement en matières premières pour les batteries, les composants de fabrication, les prix et les canaux de vente, ce que la Chine considère comme une ingérence et même une tentative d'affaiblir la concurrence loyale.

Sentiments d'espionnage

Toutefois, le point de départ de l'enquête de l'UE est la concurrence déloyale, Pékin ayant été accusé de subventions publiques injustes. Les droits de douane de l'UE sont basés sur le niveau de coopération avec ses fonctionnaires et sur les subventions gouvernementales reçues par les fabricants chinois. Le raisonnement est le suivant : les marques bénéficiant de plus de subventions peuvent offrir des prix plus bas et devraient être soumises à des droits de douane plus élevés.

Les médias d'État chinois se sont fait l'écho des sentiments d'espionnage, suggérant que l'enquête de la Commission européenne n'était rien d'autre qu'une tentative d'usurpation des secrets commerciaux des entreprises automobiles chinoises.

Cette conclusion est erronée car l'Union européenne, contrairement au gouvernement chinois, ne détient pas d'actions dans les entreprises automobiles. Le ministère chinois du commerce a souligné que les actions de la Commission ne reposaient sur aucune base juridique et qu'elles nuisaient aux efforts mondiaux de transition écologique et à la coopération ouverte.

250 000 voitures pourraient être concernées

Les contre-tarifs pourraient nuire aux marques haut de gamme, notamment allemandes, car la Chine est leur principal marché de vente. Selon Car News China, environ 250 000 voitures à moteur à combustion de plus de 2,5 litres ont été importées en Chine en 2023.

Cela représente environ un quart des ventes annuelles combinées des marques allemandes haut de gamme dans la région. En 2023, Audi a vendu 396 330 voitures en Chine, suivie de Mercedes (379 665 unités) et de BMW (360 713 unités).

L'UE et la Chine négocient encore leurs positions. L'industrie automobile européenne, par exemple, doit tenir compte d'une plus grande exposition au marché chinois que son homologue américaine. L'appel de l'industrie automobile chinoise en faveur d'une augmentation des droits de douane constitue avant tout une escalade. L'objectif est de faire pression sur l'Europe pour qu'elle reconsidère ses droits de douane supplémentaires.

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