Une équipe basée à Genk offre à BMW Motorrad un titre historique en endurance

BMW Motorrad est entrée dans l'histoire des courses de motos en devenant le premier constructeur européen à remporter le Championnat du monde d'endurance de la FIM.

Mais derrière ce logo allemand se cache une structure résolument belge : l'équipe d'usine est dirigée par l'ancien pilote belge Werner Daemen, dont l'écurie MRP Racing est basée à Genk.

L'équipe BMW Motorrad World Endurance s'est adjugé le titre mondial 2026 lors du Bol d'Or, dernière épreuve de la saison disputée au Castellet, où Michael van der Mark, Markus Reiterberger et Steven Odendaal ont décroché la pole position avant de dominer la course de 24 heures au guidon de leur BMW M 1000 RR #37.

Ils ont abordé la finale avec 19 points de retard sur YART Yamaha, mais ont récolté le maximum de points possible : cinq points pour la pole position, des points intermédiaires pour avoir été en tête après huit et seize heures de course, et 40 points pour la victoire. BMW a terminé le championnat avec 158 points, soit seulement quatre de plus que Yamaha (154).

Un titre mondial « made in Belgium »

Pour BMW Motorrad, c'est une étape importante. Pour la Belgique, cependant, cette histoire est sans doute encore plus remarquable.

MRP Racing, basée à Daemen, ne se contente pas de fournir du personnel à une écurie d'usine allemande. Cette société belge gère en effet l'écurie officielle BMW du championnat FIM EWC.

MRP s'est récemment installée dans un atelier plus spacieux à Genk, dans le Limbourg, où elle construit et prépare des motos de course et gère à la fois l'équipe d'usine BMW #37 et ses activités en Superstock.

Le partenariat avec BMW remonte à bien plus loin. En 2022, BMW Belux qualifiait déjà l'écurie de Daemen, alors basée à Zonhoven, d'« équipe d'usine belge » et avait renouvelé cette collaboration après que celle-ci eut terminé deuxième du Championnat du monde d'endurance 2021.

À l'époque, Daemen avait clairement exprimé son ambition ultime : devenir champion du monde. Quatre ans plus tard, cet objectif a été atteint.

Ce Belge, né dans le Limbourg en 1971, connaît également l'autre côté du mur des stands. Avant de devenir directeur d'équipe, il a lui-même participé à des compétitions internationales, notamment dans le championnat du monde Supersport et dans les courses d'endurance.

Il occupe également une place particulière dans l'histoire de la compétition chez BMW Motorrad : en 2009, Daemen a remporté la première victoire internationale de la toute nouvelle BMW S 1000 RR, au Salzburgring.

Après avoir pris sa retraite, il a fait de MRP Racing une écurie BMW de course au succès retentissant. Daemen et ses équipes ont remporté neuf titres pour BMW dans les championnats IDM et European Superstock avant de décrocher leur plus grand trophée à ce jour.

Affronter les Japonais

Cet exploit revêt également une importance particulière car les courses d'endurance sont depuis toujours le fief des constructeurs japonais. Honda, Yamaha, Suzuki et Kawasaki possèdent en effet plusieurs décennies d'expérience dans cette discipline, tandis que BMW n'a fait son entrée dans le championnat avec son programme d'usine actuel qu'en 2019.

La saison 2026 a montré à quel point le programme a progressé. Après que des problèmes ont coûté à BMW une victoire potentielle au Mans, l'équipe a remporté sa course à domicile à Spa-Francorchamps.

Lors des 8 Heures de Suzuka, elle a ensuite terminé troisième, devenant ainsi le premier constructeur européen de l'histoire à monter sur le podium de cette classique japonaise d'endurance. Le Bol d'Or s'est donc transformé en une finale décisive où le vainqueur remportait tout.

BMW a également fait part d'un autre point technique. La M 1000 RR a bouclé les 24 heures sans problème majeur, tandis que BMW précise que son rendement énergétique a permis à l'équipe d'effectuer moins d'arrêts au stand que certains de ses concurrents.

Dans les courses d'endurance, où les secondes gagnées à chaque arrêt s'accumulent tout au long de la journée, l'efficacité peut s'avérer aussi importante que les performances pures du moteur.

Ce titre marque également le troisième sacre mondial de la M 1000 RR en trois ans, après deux titres consécutifs en WorldSBK. BMW se retrouve ainsi dans une situation rare : l'architecture de sa superbike phare a désormais prouvé qu'elle était capable de s'imposer aussi bien dans les courses de Superbike, axées sur la vitesse, que dans les épreuves d'endurance de 24 heures.

Bien plus qu'un simple trophée de course destiné à une poignée d'initiés

Le championnat FIM EWC ne bénéficie pas de la même visibilité mondiale que le MotoGP, mais il offre aux constructeurs de motos un terrain d'essai d'un autre genre. Les courses de 8 et 24 heures poussent les moteurs, les transmissions, l'électronique, les freins et les pilotes bien au-delà des exigences des courses de sprint classiques.

Pour BMW Motorrad, ce titre renforce donc encore davantage la crédibilité de sa stratégie « M Performance ».

Et pour BMW Belux, cette aventure s'accompagne d'une histoire locale particulièrement marquante. Un directeur d'équipe belge, une écurie belge basée à Genk, Spa-Francorchamps comme circuit de référence de l'équipe… et désormais le premier titre mondial d'endurance de BMW.

Sept ans après que BMW et Daemen ont lancé ce programme, cette petite écurie belge a battu des constructeurs qui participent aux courses d'endurance moto depuis les années 1970.

Ou, comme l'a dit Daemen après avoir enfin décroché le titre : ils ne se sont pas contentés de construire la moto. Ils ont constitué l'équipe capable de gagner avec elle.

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