Le marché automobile belge marque le pas tandis que celui de la France et de l'Allemagne prend de la vitesse

Le marché belge des voitures neuves a reculé de près de 6% en octobre, reflétant un ralentissement plus général également observable aux Pays-Bas. La France et l'Allemagne, quant à elles, connaissent une reprise, soutenues par une demande croissante de véhicules électriques.

Derrière ces chiffres décevants pour la Belgique se cache une autre évolution : les marques traditionnelles perdent du terrain, les concurrents chinois gagnent du terrain, et le marché des motos est en plein essor tandis que celui des véhicules utilitaires est en difficulté.

La Belgique a immatriculé 31 949 nouvelles voitures particulières en octobre, soit une baisse de 5,91 TP3T par rapport au même mois de l'année dernière, selon la fédération automobile FEBIAC. Ce recul s'explique en partie par un jour ouvrable en moins, mais la tendance à long terme reste décevante.

Au cours des dix premiers mois de 2026, les immatriculations ont atteint un total de 352 323 véhicules, soit 1,5% de moins que l'année précédente. Le marché automobile belge stagne de fait, malgré l'accélération de la transition vers la mobilité électrique.

Électrification sans croissance du marché

Le mois de septembre a marqué une étape historique, les voitures entièrement électriques représentant 50,91 TP3T des nouvelles immatriculations. Au cours des neuf premiers mois, leur part a atteint 39,11 TP3T.

Pourtant, la transition électrique en Belgique reste fortement tributaire des véhicules de société. Les véhicules électriques à batterie ont représenté 60,91 TP3T des immatriculations professionnelles au cours des trois premiers trimestres, contre seulement 11,51 TP3T chez les particuliers.

La part des véhicules électriques à batterie (BEV) sur le marché privé, qui s'est établie à 20,21 TP3T en septembre, a constitué un signe encourageant, mais la Belgique doit encore démontrer que l'électrification peut également stimuler la demande globale de voitures neuves.

Des voisins qui avancent à des rythmes différents

Les Pays-Bas sont confrontés à un dilemme similaire. Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 3,51 TP3T en octobre, bien que les véhicules électriques à batterie (BEV) aient conquis 55,21 TP3T du marché. La Škoda Elroq s'est hissée en tête des ventes, illustrant l'attrait croissant des modèles électriques relativement abordables.

La France offre un contraste saisissant. Les immatriculations ont augmenté de 7% en octobre, tandis que les voitures électriques représentaient environ 41% des ventes. Les immatriculations par des particuliers ont progressé de 18%, les véhicules électriques à batterie (BEV) représentant 45% des achats effectués par des particuliers.

Les mesures de soutien gouvernementales, notamment le programme français de « leasing social », semblent porter leurs fruits, même si ces incitations ne suffisent pas à elles seules à expliquer l'ensemble de la reprise. L'Allemagne a également enregistré une hausse de la demande en septembre, avec une augmentation globale des immatriculations de 9% et une forte progression des immatriculations de véhicules électriques à batterie (BEV) de 95%.

Cette comparaison suggère que l'électrification peut aller de pair avec une reprise des ventes automobiles, mais que le résultat dépend fortement de l'accessibilité financière, du pouvoir d'achat et des politiques nationales.

BMW tient bon, Dacia s'effondre

Le classement des marques en Belgique révèle une nouvelle évolution sous-jacente au ralentissement du marché. BMW reste la marque la plus vendue du pays, avec 38 527 immatriculations enregistrées jusqu’en octobre, soit une hausse de 1,11 TP3T. Volkswagen conserve la deuxième place mais a perdu 13,51 TP3T de son volume, tandis que Mercedes-Benz recule de 6,11 TP3T. Audi a chuté de 15,91 TP3T, Toyota de près de 201 TP3T et Nissan de plus de 401 TP3T.

Les difficultés rencontrées par Dacia sont particulièrement frappantes. Les immatriculations du mois d’octobre ont chuté de 48,61 TP3T pour s’établir à seulement 1 176 véhicules. Depuis janvier, la marque économique a enregistré une baisse de 27,41 TP3T, soit 6 276 immatriculations de moins que l’année dernière.

Dans le même temps, les concurrents chinois poursuivent leur expansion. BYD a plus que doublé ses immatriculations en Belgique, qui ont atteint 7 510 véhicules cette année, dépassant Ford en octobre. MG a enregistré une croissance de 83%, tandis que Leapmotor et Jaecoo ont multiplié leurs volumes de vente, partant d'un niveau bien plus modeste.

Tesla affiche également une forte reprise, avec des immatriculations en hausse de près de 42% depuis le début de l'année, même si ses chiffres mensuels restent volatils.

Ces chiffres ne permettent pas de conclure à une migration directe des clients d'une marque à l'autre, mais ils soulignent l'intensification de la concurrence à laquelle sont confrontés les fabricants européens bien établis.

Les fourgonnettes se redressent, mais les camions peinent

Au-delà des voitures particulières, le marché belge des véhicules utilitaires présente un tableau contrasté. Les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont augmenté de 8% en octobre pour atteindre 6 050 unités, mais restent inférieures de 4,8% au niveau de l'année dernière après dix mois.

Ford domine le marché des fourgons, devançant de justesse Renault, tandis que Mercedes-Benz occupe la troisième place. Volkswagen perd du terrain, tandis que Mercedes-Benz est le seul des trois leaders du marché à afficher une croissance significative depuis le début de l'année.

La situation est plus difficile pour les véhicules plus lourds. Les immatriculations de camions pesant au moins 16 tonnes ont reculé de 7% en octobre, tandis que le marché des véhicules de 3,5 à 16 tonnes a chuté de 43%.

Les bus et les autocars sont également sous pression, leurs immatriculations ayant baissé de près de 27% depuis janvier. En revanche, les immatriculations de semi-remorques ont augmenté de près de 22% depuis le début de l'année, ce qui suggère que la demande évolue différemment selon les secteurs du transport plutôt que de se contracter de manière uniforme.

Les deux-roues vont à contre-courant

Le secteur des motos présente une situation très différente. Les immatriculations du mois d'octobre ont bondi de 17,21 TP3T pour atteindre 1 787 unités, portant la croissance cumulée à 10,81 TP3T. Les cyclomoteurs ont suivi une tendance similaire, avec une hausse de 171 TP3T en octobre et de 13,51 TP3T sur les dix premiers mois.

Les chiffres des immatriculations ne permettent pas à eux seuls de déterminer si cette tendance reflète une évolution des préférences en matière de mobilité, une demande liée aux loisirs ou des cycles de renouvellement. Elle montre toutefois que le marché automobile belge dans son ensemble est loin d'être uniformément en berne.

Que nous réserve l'année 2027 ?

Le principal défi de la Belgique ne consiste plus simplement à électrifier les flottes d'entreprises. Il s'agit désormais de rétablir la confiance des particuliers tout en rendant les véhicules plus propres accessibles à un public plus large.

Des modèles électriques moins chers pourraient y contribuer, mais l'essor du marché de l'occasion des véhicules électriques pourrait s'avérer tout aussi important. L'arrivée sur le marché d'un plus grand nombre de voitures de fonction électriques en fin de contrat de location offrira aux ménages des alternatives aux véhicules neufs onéreux, ce qui pourrait accélérer l'électrification sans pour autant faire augmenter les ventes de voitures neuves.

Le Salon de l'automobile de Bruxelles, qui se tiendra en janvier 2027, donnera un premier aperçu de l'intérêt des consommateurs.

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