Febiac : le marché automobile belge se redresse tandis que les véhicules électriques atteignent une part de marché record de 46%

En août, le marché belge des voitures neuves a continué de se remettre de son mauvais début d’année 2026. Les immatriculations ont augmenté de 8,3% par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 28 295 véhicules, tandis que les modèles entièrement électriques ont atteint une part de marché record de 46,2%.

Il convient toutefois de relativiser cette croissance apparente : le mois d'août comptait un jour ouvré de plus que l'année dernière, et les volumes restent bien en deçà des niveaux exceptionnels observés il y a seulement quelques années.

Selon les chiffres fournis par le FPS Mobilité et la fédération automobile FEBIAC, les deux segments du marché ont contribué à la reprise observée en août.

Les immatriculations des particuliers ont augmenté de 7,71 TP3T, tandis que celles des professionnels ont progressé de 8,71 TP3T. Les entreprises ont une nouvelle fois dominé le marché, représentant 61,11 TP3T du total des immatriculations.

Cela contribue également à expliquer un autre fait marquant. Pour le troisième mois consécutif, les véhicules équipés d'un groupe motopropulseur électrique à batterie ont été les plus immatriculés en Belgique.

En août, sa part de marché a atteint le niveau sans précédent de 46,21 TP3T, contre 42,91 TP3T en juillet. Le marché belge se tournent donc rapidement vers l'électrique au niveau des immatriculations, même si cette tendance reste fortement tirée par les véhicules de société.

Fin juin, les véhicules électriques à batterie (BEV) représentaient 36,1% de l'ensemble des voitures neuves immatriculées en 2026, contre 34,7% sur l'ensemble de l'année 2025. Chez les entreprises, cependant, leur part s'élevait déjà à 59%, et près de sept véhicules électriques neufs sur dix ont été immatriculés par des clients professionnels.

Les acheteurs privés continuent de privilégier les véhicules à moteur thermique

Les particuliers sont nettement plus frugaux. Au cours du premier semestre 2026, les véhicules à essence représentaient encore 61,11 TP3T de leurs immatriculations de voitures neuves, suivis par les hybrides classiques avec 18,91 TP3T.

Les véhicules électriques à batterie (BEV) ont néanmoins franchi pour la première fois le seuil des 10%, atteignant 10,2%, contre 8,9% en 2025. Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) ne représentaient que 5,3% et les véhicules diesel 2,6%.

Le classement des modèles illustre encore mieux ce fossé : le top 10 des particuliers ne compte aucune voiture entièrement électrique. La Dacia Sandero, la VW T-Roc et la BMW X1, toutes trois à essence, sont en tête du classement, aux côtés de la Toyota Yaris hybride. Chez les professionnels, en revanche, les véhicules entièrement électriques (BEV) représentent 59% des immatriculations et dominent le top 10 des modèles.

Un mauvais départ a failli tout gâcher

Le mois d'août confirme que le marché belge des voitures neuves s'est progressivement remis d'un début d'année particulièrement morose. Les immatriculations de janvier avaient chuté de 18,71 TP3T, en partie parce que l'introduction d'une nouvelle norme Euro avait entraîné une anticipation des immatriculations dès décembre 2025. En février, la baisse était encore de 7,71 TP3T.

Depuis lors, la tendance s'est avérée plus encourageante, bien que volatile : +8,81 TP3T en mars, pratiquement stable en avril, -2,11 TP3T en mai, +9,41 TP3T en juin, -7,41 TP3T en juillet et, aujourd'hui, +8,31 TP3T en août. En conséquence, le déficit cumulé de 13,21 TP3T enregistré après février s'est réduit à seulement 1,41 TP3T au bout de huit mois.

De janvier à août, 288 250 voitures neuves ont été immatriculées, soit seulement 4 099 de moins que les 292 349 enregistrées au cours de la même période en 2025. Mais une comparaison avec des données plus anciennes permet de replacer cette reprise dans son contexte.

La Belgique a immatriculé 324 892 voitures neuves au cours des huit premiers mois de 2024 et 335 942 en 2023. Le marché actuel reste donc environ 11% en deçà des niveaux de 2024 et 14% en deçà de ceux de 2023.

Le mois d'août lui-même présente une tendance similaire. Les 28 295 immatriculations sont supérieures de 8,31 TP3T au chiffre particulièrement faible de l'année dernière (26 120), mais restent inférieures de 3,51 TP3T aux 29 333 immatriculations d’août 2024 et d’au moins 231 TP3T aux 36 798 voitures immatriculées en août 2023.

Cette année-là a été faussée à la hausse par les flottes d'entreprise qui anticipaient les changements dans la fiscalité des véhicules de fonction, mais elle illustre à quel point la structure du marché belge a évolué.

BMW en tête, les marques chinoises en pleine ascension

BMW reste la première marque en Belgique, tant au mois d’août, avec 3 685 immatriculations, que depuis le début de l’année, avec 31 975 immatriculations. Volkswagen et Mercedes complètent le trio de tête pour 2026.

Parmi les marques qui connaissent la plus forte croissance, on trouve plusieurs marques chinoises : BYD a plus que doublé son nombre d'immatriculations cette année, pour atteindre 5 726 (+1 161 TP3T), MG affiche une hausse de 1 341 TP3T à 6 185, et Leapmotor a bondi de 3 771 TP3T à 2 281. Tesla a également connu une forte reprise, avec une hausse de près de 30% pour atteindre 8 292 véhicules.

Ailleurs, le bilan est mitigé. Les immatriculations de motos et de scooters neufs ont bondi de 12,91 TP3T en août et affichent une hausse de 10,41 TP3T depuis le début de l'année, pour atteindre 21 687 unités. Celles des véhicules utilitaires légers ont reculé de 5,11 TP3T en août et restent en baisse de 6,41 TP3T depuis le début de l'année.

Les poids lourds s'en sortent encore moins bien : les immatriculations des véhicules de moins de 16 tonnes ont baissé de 22,11 TP3T cette année, tandis que celles du segment des véhicules de 16 tonnes et plus ont chuté de 51 TP3T.

Au bout de huit mois, on peut donc conclure non pas tant que le marché automobile belge est à nouveau en plein essor, mais plutôt que l'année 2026 a presque rattrapé son début catastrophique.

Mais ce qui est encore plus significatif, c'est ce qui se passe en coulisses : les flottes d'entreprise reprennent de l'importance, et leur transition accélérée vers les voitures électriques fait passer le BEV du statut de challenger à celui de motorisation dominante sur le marché belge des voitures neuves.

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