Les robots humanoïdes sont en train de transformer les ateliers de fabrication, notamment en Chine. Toyota se lance à son tour dans cette tendance, avec pour objectif d'acquérir 400 000 unités afin de moderniser ses infrastructures de production. Ces robots pourront-ils remplacer les humains ?
Toyota a indiqué à ses investisseurs qu'il pourrait avoir besoin de 400 000 robots et d'environ 1 000 milliards de yens ($6,4 milliards) par an à partir de 2028 pour moderniser ses usines. Cette estimation a été dévoilée lors d'une réunion d'information sur les technologies organisée à l'intention des investisseurs au siège de Toyota Motor Europe, à Bruxelles.
Également chez les fournisseurs
Ce nombre élevé de robots n'est pas strictement limité à l'usine du constructeur automobile. Si 150 000 d'entre eux y seront déployés, 250 000 unités seront mises en service au sein des sociétés du groupe et chez ses principaux fournisseurs. Tous ne sont pas des robots humanoïdes dotés de membres à commande électronique. Ce chiffre inclut des machines industrielles conventionnelles ainsi que des équipements destinés à remplacer du matériel vieillissant.
Mais, bien sûr, la machine la plus intéressante est l’ELEY de Toyota, acronyme de « Embodied Learning robot for Enhanced Yield » (robot d’apprentissage incarné pour un rendement amélioré). Elle pèse 50 kilogrammes, se déplace sur des roues et est dotée de mains à deux doigts.
ELEY utilise des modèles comportementaux à grande échelle pour apprendre des tâches à partir d'un petit nombre de démonstrations humaines, notamment des compétences issues des ‘ takumi ’. Les takumi sont des artisans chevronnés dont l'expertise pratique s'est forgée au fil de plusieurs décennies. À l'échelle mondiale, Toyota emploie 18 000 de ces travailleurs « d'élite ».
Les êtres humains face aux jugements définitifs
Toyota affirme que ces robots se chargeront des tâches répétitives ou physiquement exigeantes et souligne qu'ils sont des partenaires, et non des remplaçants. Le constructeur automobile japonais estime que les humains ne peuvent être remplacés, car ils possèdent le regard exercé nécessaire pour prendre les décisions finales.
Certes, l'ampleur du projet peut paraître impressionnante, mais il n'est pas mis en place dans le but de remplacer la main-d'œuvre humaine. Alors que ses concurrents présentent souvent l'automatisation comme une solution pour réduire les coûts de main-d'œuvre, Toyota la considère comme un outil de contrôle qualité. Lors de la présentation de sa stratégie la semaine dernière, Volvo a mis en avant l'automatisation pour maîtriser les coûts de main-d'œuvre dans son usine de Gand.
Il est intéressant de noter que Ford a récemment renoncé au contrôle qualité basé sur l'IA dans ses usines américaines, pour faire à nouveau appel à des ingénieurs humains afin d'assurer cette tâche. Les résultats obtenus avec le système automatisé sont restés décevants et n'ont pas répondu aux attentes jusqu'à présent.
Cela dit, Ford a dû faire face à des problèmes de qualité qui doivent paraître inconcevables par rapport aux normes de Toyota, qui se classe souvent en tête des études sur la fiabilité des constructeurs automobiles.
Battre la Chine
Le choix de Bruxelles, siège de Toyota Motor Europe, pour accueillir cette réunion d'information destinée aux investisseurs n'est pas le fruit du hasard. Le constructeur automobile exploite huit usines de production à travers le Vieux Continent. Cette initiative en matière d'automatisation est autant une réalité européenne qu'asiatique.
L'entreprise a indiqué aux investisseurs que ces dépenses débuteraient en 2028, sans préciser combien d'années elles s'étendraient. À terme, l'objectif de Toyota est de conserver son avantage face à ses concurrents chinois en pleine expansion en préservant son image de marque axée sur la haute qualité, tout en gagnant en efficacité pour faire face à la « vitesse chinoise ».


