L'association belge de sécurité routière Johanna a testé le système de conduite autonome de Tesla, le FSD, et a constaté qu'il dépassait constamment la limite de vitesse. Pire encore : il ment au conducteur au sujet de la limite de vitesse en vigueur, alors même qu'il la détecte correctement.
Une Tesla équipée du mode « Full Self-Driving » a dépassé la limite de vitesse sur 55% des tronçons à 30 km/h qu’elle a parcourus dans les environs de Bruxelles cet été. La voiture roulait en moyenne à 44 km/h là où la loi impose une limitation à 30 km/h.
Excès de vitesse en décalé
Dans près de neuf zones sur dix, le système a correctement lu le panneau, puis a affiché « 50 » au conducteur qui le surveillait.
Les pistes cyclables ont constitué un autre point sensible : la législation belge interdit en effet aux voitures de dépasser les cyclistes. Le FSD a néanmoins tenté de le faire à plusieurs reprises, à quatre reprises dans une même rue de Winksele. Aucun des six tronçons de piste cyclable testés n’affichait la limitation de vitesse correcte de 30 ; sur deux d’entre eux, la vitesse était trop élevée.
Geert van Waeg, président de Johanna, a parcouru l'itinéraire, qui s'étendait sur environ 400 kilomètres autour de Wemmel, Winksele et Zaventem, avec une voiture programmée pour respecter toutes les limitations de vitesse et une seule consigne : ne jamais dépasser. Le conducteur peut définir ces paramètres dans le système.
Bien que cet essai soit mené à petite échelle, il corrobore les conclusions antérieures des pays scandinaves, qui s’opposent à la capacité de cette technologie à passer rapidement en mode ‘ offset ’, ce qui permet au véhicule de rouler jusqu’à 40% au-dessus de la limite légale lorsque la circulation est fluide. Ils considèrent qu’il s’agit là d’une fonctionnalité FSD illégale.
Carte et caméra
Plusieurs explications sont possibles pour ce comportement inattendu du système. Pour détecter la limitation de vitesse, celui-ci utilise à la fois les données cartographiques de navigation et les images captées par la caméra. Il est possible que cette dernière ait bien détecté le panneau, tandis que la limitation affichée était basée sur la carte. Dans ce cas, il pourrait s’agir d’un bug qui ne se produit pas nécessairement sur d’autres véhicules.
En ce qui concerne les dépassements à vélo, le FSD a fait son entrée en Europe par les Pays-Bas, où cette manœuvre est autorisée. Bien que le logiciel soit censé pouvoir s'adapter aux règles de circulation nationales, on ignore s'il s'est adapté à cette règle.
Tesla Belgique a refusé de se prononcer sur ces conclusions spécifiques, réaffirmant que le FSD est homologué en tant que système de niveau 2 et que le conducteur reste responsable à tout moment. Cette phrase en dit long. Elle signifie également que les amendes pour excès de vitesse générées par un système pour lequel Tesla facture 99 euros par mois atterrissent sur le paillasson du conducteur.`
“ Échec à l'examen du permis de conduire ”
Johanna a demandé à la ministre de la Mobilité, Annick De Ridder, qui a approuvé le système après un bref essai de 5 000 kilomètres, de suspendre l'autorisation. Son cabinet affirme que cela n'aura pas lieu.
La ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt, est plus directe : dans sa précipitation, la Flandre a misé sur le mauvais cheval, et Tesla “ ne réussit pas son examen de conduite ”.
Pour rendre justice à cette technologie, le rapport de Johanna soulignait la manière courtoise dont le FSD traitait les piétons et les cyclistes, en leur cédant le passage de manière appropriée et en se montrant respectueux dans ses interactions.
Ce rapport intervient alors que l'Europe s'apprête à se prononcer sur l'autorisation ou non de la conduite avec système de conduite autonome (FSD) dans ses États membres. La décision était prévue pour le 6 octobre, mais elle a été reportée au plus tôt au mois de décembre. Le Comité technique des véhicules à moteur poursuivra d'abord ses discussions.


