La Belgique va tester des ‘ portiques anti-alcool ’ à la suédoise dans les lieux publics

La Belgique souhaite mettre en place des ‘ barrières anti-alcool ’ inspirées du modèle suédois dans les lieux publics, dans le cadre d’une campagne plus large de lutte contre l’alcool au volant. Ce système, déjà utilisé en Suède, oblige les conducteurs à se soumettre à un alcootest avant que la barrière ne s’ouvre, empêchant ainsi ceux dont le taux d’alcoolémie dépasse la limite autorisée d’accéder au réseau routier public.

Le gouvernement fédéral prévoit de tester cette technologie dans un parking public, en vue d'une éventuelle utilisation ultérieure dans des parkings et lors de grands événements. Parallèlement, la Belgique va renforcer les règles applicables aux conducteurs novices à partir de 2027, en abaissant le taux d'alcoolémie maximal autorisé de 0,5 à 0,2 pour mille pendant les trois premières années suivant l'obtention du permis de conduire.

La Belgique s'aligne ainsi globalement sur les Pays-Bas, la France et le Luxembourg, tandis que l'Allemagne reste plus stricte avec une limite effective de 0,0 pour mille pour les jeunes conducteurs et les conducteurs en période probatoire.

Des règles plus strictes

Selon le dernier baromètre de la sécurité routière de l'Institut Vias, le nombre de décès sur les routes au cours des six premiers mois de l'année a augmenté de 6 % par rapport à la même période de l'année dernière. 

On a dénombré 223 décès, contre 210 au cours des six premiers mois de 2025. C'est pourquoi le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, a annoncé des règles plus strictes pour les conducteurs débutants.

C'est en Wallonie que la tendance est la plus négative (passant de 91 à 110 décès) ; la Flandre affiche une situation stable (de 110 à 109 décès), tandis que Bruxelles a enregistré une baisse (de 9 à 4 décès). Le nombre d'accidents ayant entraîné des blessés a diminué de 2 %.

“ L’influence de l’alcool est néfaste pour tout conducteur, mais le risque d’accident est encore plus élevé chez les conducteurs novices en raison de leur manque d’expérience et de leurs habitudes de conduite qui ne sont pas encore devenues automatiques ”, souligne M. Crucke. “ À un taux d’alcoolémie compris entre 0,5 et 0,8 pour mille, le risque d’accident chez les 18-25 ans dans notre pays augmente environ deux fois plus que chez les conducteurs plus âgés. ”

‘ Les ’ barrières anti-alcool » »

Par ailleurs, la Belgique s'apprête à tester un ‘ portillon anti-alcool ’ dans un parking public. L'idée s'inspire d'une initiative suédoise, où les conducteurs arrivant à bord de certains ferries doivent d'abord souffler dans un éthylotest relié à une barrière ; si le test est positif, la barrière reste fermée. 

Un tel ‘ alco-gate ’, comme l'appellent les Suédois, pourrait être installé aux sorties de certains parkings ou lors d'événements publics, ce qui est bien plus difficile à mettre en place qu'un contrôle à la sortie d'un ferry.

Ce principe diffère également d'un contrôle d'alcoolémie classique : le dépistage a lieu avant que le conducteur n'accède effectivement au réseau routier public. Il s'agit davantage d'une mesure de prévention que d'une interpellation effectuée quelques kilomètres plus loin.

Une technologie éprouvée

L'expérience suédoise a été lancé en 2013 au terminal « Germany » de Göteborg. Environ 8 700 conducteurs y ont été contrôlés. Selon une évaluation citée par la suite par le Parlement suédois, le système fonctionnait avec suffisamment de rapidité pour ne pas entraver de manière significative la circulation.

La question est bien sûr de savoir si la circulation se déroulerait aussi fluidement qu'à un terminal de ferry après un événement comme Tomorrowland, par exemple, lorsque des milliers d'automobilistes souhaitent quitter le parking du festival en même temps.

L'effet préventif est particulièrement intéressant : le simple fait de savoir qu'il faudrait se soumettre à un alcootest après la traversée en ferry semblait réduire le nombre de conducteurs consommant de l'alcool pendant le voyage. Depuis 2019, Göteborg utilise un dispositif automatique plus permanent. C'est une technologie qui a fait ses preuves, mais elle est loin de correspondre à une norme européenne.

Une première intéressante

À l'heure actuelle, il n'existe aucun exemple comparable de portiques de détection automatique d'alcool dans les parkings publics ou sur les sites d'événements dans les pays voisins. La Belgique s'apprête donc à vivre une première intéressante si le système est effectivement testé sur le parking d'un événement public.

Soit dit en passant, les taux d'alcoolémie autorisés sont généralement plus bas dans les pays voisins. Par exemple, les Pays-Bas appliquent déjà une limite de 0,2 pour mille pendant les cinq premières années suivant l'obtention du permis de conduire.

La France et le Luxembourg ont également fixé la limite à 0,2 pour les conducteurs novices. L'Allemagne est encore plus stricte : une limite de 0,0 s'applique en effet aux conducteurs en période probatoire et à toute personne âgée de moins de 21 ans.

Au-delà de ce dispositif unique de contrôle de l'alcoolémie, le gouvernement belge travaille sur d'autres mesures de sécurité routière, notamment le cadre législatif régissant l'utilisation des caméras intelligentes.

Le gouvernement s'efforce également de faire en sorte que la police dispose dès que possible d'un nouvel appareil de contrôle spécialisé, fonctionnant sur route, afin de vérifier la vitesse des trottinettes électriques, des vélos électriques et des cyclomoteurs, et de pouvoir ainsi retirer immédiatement de la circulation les véhicules modifiés.

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