Renault recrute un cadre de Michelin pour occuper un poste clé dans le domaine financier

Le groupe Renault a nommé Carine Damois au poste de directrice financière, s'adjoignant ainsi les services d'une cadre expérimentée issue de Michelin, alors que le PDG François Provost poursuit la constitution de son équipe de direction. Elle prendra ses fonctions le 14 novembre.

Mme Damois occupe le poste de directrice financière adjointe chez Michelin depuis 2021 et possède plus de 20 ans d’expérience à des postes de direction financière au sein de groupes industriels internationaux. Chez Renault, elle succède à Duncan Minto, qui quitte l’entreprise pour saisir une nouvelle opportunité professionnelle en dehors du groupe.

Ce changement va bien au-delà d’un simple remaniement de routine au poste de directeur financier. M. Minto a passé près de trois décennies chez Renault, où il a occupé divers postes financiers et de direction au sein du groupe avant de devenir directeur financier d’Alpine, puis, en mars 2025, directeur financier du groupe Renault. Il a également brièvement pris en charge la gestion quotidienne de Renault après le départ de Luca de Meo l’année dernière, avant la nomination de M. Provost au poste de PDG.

M. Damois apporte ainsi un regard extérieur à l'un des postes de direction les plus importants de Renault, à un moment crucial pour l'entreprise.

De Michelin à Renault

Chez Michelin, les responsabilités de Mme Damois allaient bien au-delà de la comptabilité traditionnelle. Son expérience couvre la trésorerie, la gestion des risques, la fiscalité, la planification stratégique, la finance durable et la transformation organisationnelle. Avant de devenir directrice financière adjointe, elle a occupé plusieurs postes de direction au sein de Michelin et a auparavant travaillé pour le groupe nucléaire et énergétique Areva.

François Provost, PDG de Renault, a souligné sa grande expérience industrielle et son expertise en matière de transformation. Ce parcours pourrait s'avérer particulièrement pertinent alors que Renault entre dans une nouvelle phase de sa transition, qui nécessite d'importants investissements.

Le groupe a récemment confirmé son intention d'investir 13 milliards d'euros supplémentaires en France d'ici 2030, dont une grande partie sera consacrée à l'électrification, aux nouveaux modèles et à son écosystème industriel. Parallèlement, Renault s'efforce de rendre les voitures électriques plus abordables et de maintenir sa rentabilité sur un marché européen de plus en plus concurrentiel.

Maîtriser les coûts

Le directeur financier se retrouve ainsi au cœur de la prochaine phase stratégique de Renault. Dans le cadre de son plan « futuREady », le groupe entend réduire les coûts de production variables d’environ 400 € par véhicule et par an, tout en maintenant les coûts fixes en termes de trésorerie globalement stables.

Pour 2026, Renault vise une marge opérationnelle d'environ 5,51 TP3T et un flux de trésorerie disponible dans le secteur automobile d'environ 1 milliard d'euros. Ces objectifs s'inscrivent dans le cadre des investissements réalisés par l'entreprise dans des modèles tels que les Renault 4 et 5, de la préparation de véhicules électriques plus abordables comme la Twingo E-Tech, et de la poursuite de son expansion hors d'Europe.

M. Damois devra donc trouver un équilibre entre deux ambitions potentiellement contradictoires : financer la prochaine génération de produits et de technologies de Renault tout en maîtrisant rigoureusement les coûts, les marges et la trésorerie.

Son arrivée permet également à M. Provost de disposer de son propre directeur financier, un peu plus d'un an après sa prise de fonction à la tête de l'entreprise. Mme Minto avait été nommée directrice financière sous la direction de l'ancien PDG Luca de Meo, tandis que M. Damois rendra compte directement à M. Provost et rejoindra l'équipe de direction du groupe Renault.

Cette nomination laisse entrevoir une continuité dans la stratégie de Renault, mais avec un profil différent à la tête de ses finances : moins issu des rangs de Renault, mais doté d'une expérience industrielle externe plus solide, alors même que le groupe s'apprête à investir massivement dans la prochaine étape de sa transition vers l'électrique.

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