Comme la marque l’avait annoncé à plusieurs reprises, Smart a tenu sa promesse et a dévoilé la version de série de la #2 au Salon de l’automobile de Paris. Par rapport à son prédécesseur, l’autonomie a doublé, mais le prix est resté inchangé. Cette nouvelle voiture biplace est-elle un remède contre l’inflation ?
Les inconditionnels ne seront pas déçus. La #2 a un look très familier et s'inscrit dans la lignée de la petite voiture biplace qui a marqué les débuts de la marque. Mais ne vous fiez pas aux apparences. De nombreux éléments du modèle d'origine ont été réinterprétés dans un esprit moderne, pour le meilleur.

Caractéristiques techniques intéressantes
La Fortwo EQ incarnait le minimalisme : 2,50 mètres de long et une batterie si petite que la voiture était à peine autorisée à sortir d'un périphérique urbain. La #2 conserve les proportions et le rayon de braquage réduit qui rendent la conduite de cette biplace si aisée dans les zones densément peuplées, mais y ajoute des caractéristiques techniques bien plus intéressantes.
Commençons par ce qui n’a pas changé : le moteur. Le #2 entraîne son essieu arrière avec une puissance de 60 kW (82 ch), soit exactement la puissance du moteur arrière de la Fortwo EQ. Smart annonce un temps de 11,6 secondes pour le sprint de 0 à 100 km/h ; son prédécesseur mettait à peu près le même temps. La vitesse maximale passe de 130 à 140 km/h, ce qui correspond globalement à la même allure pour une citadine.
Désormais avec recharge en courant continu
La batterie a toutefois doublé de capacité : 35,7 kWh de LFP contre 17,6 kWh bruts auparavant. L'autonomie WLTP passe d'un maximum de 159 km à environ 290 km. La #2 peut, pour la première fois, quitter la ville en toute confiance sans avoir à prévoir de recharge.

C'est au niveau de la recharge que le progrès est le plus marqué. La Fortwo EQ ne pouvait pas du tout se recharger en courant continu ; la recharge en courant alternatif à 22 kW était une option, mais même dans ce cas, une recharge complète prenait des heures. Le modèle #2 prend en charge une charge en courant continu de 65 kW et passe de 10 à 80 % en moins de 20 minutes, grâce aux cellules CATL et à la batterie assemblée par Geely.
La #2 repose sur la nouvelle plateforme ECA, que Smart a déjà réservée à une gamme de modèles plus large. Cela se traduit par 29 centimètres de longueur supplémentaires et explique certaines prouesses techniques, comme la présence d’un essieu arrière à cinq bras. Un tel ‘ luxe de suspension ’, destiné à améliorer le confort, n’est rentable que si l’investissement est réparti sur plusieurs véhicules.
Gamme complète de systèmes ADAS
Le poids reflète une évolution similaire : le poids à vide n'a pas encore été officiellement confirmé, mais certaines sources avancent des chiffres compris entre 1 130 et 1 300 kg, alors que la Fortwo EQ avoisinait la tonne.
La cellule Tridion est un autre atout hérité de la génération précédente. Il s'agit d'une structure d'habitacle en acier renforcé qui remplace les zones de déformation, pour lesquelles une voiture de 2,79 mètres n'a pratiquement pas de place. Selon Smart, le toit peut supporter plus de quatre tonnes.

Sept airbags et une suite complète de systèmes d'aide à la conduite (ADAS) comprenant un régulateur de vitesse adaptatif, un système de maintien de voie, un avertisseur d'angle mort et un système de reconnaissance des panneaux de signalisation sont proposés de série sur toutes les finitions, ce qui est exceptionnellement généreux pour une voiture à 20 000 €.
Et en parlant de finitions, Smart a conçu une gamme #2 pour tous les goûts, allant du modèle Pure très basique (19 900 €) à la Couture Edition (25 690 €), qui n'est en fait qu'un sac Louis Vuitton sur roues.
Production chinoise
Ces prix auraient pu être encore plus compétitifs si la voiture n'avait pas été fabriquée en Chine, ce qui aurait entraîné l'application de droits de douane punitifs. Mais Smart reconnaît qu'un scénario impliquant une usine européenne – vous vous souvenez de Hambach ? – aurait retardé la mise sur le marché de deux à trois ans.
Ce qui peut être gênant, c’est que Smart propose ses niveaux de finition dans des configurations fixes. Aucune option ne peut être choisie. Conséquence pratique : le surcoût de 1 000 € entre la version Pure et la version Pure+ permet de bénéficier d’une recharge en courant alternatif de 11 kW au lieu de 7,4 kW, ce qui réduit la durée de recharge à domicile ou au bureau de cinq heures à trois. La version Pure+ s’impose donc comme le choix le plus rationnel.
Reste à voir si la #2 a suffisamment de charme pour faire face à la concurrence de la Renault Twingo, qui peut accueillir quatre passagers. Quoi qu’il en soit, Smart a besoin d’un succès.
Jusqu'à présent, ses SUV se sont vendus en Belgique à des volumes dignes d'un « sportswar » : 260 véhicules en 2026. Il n'y a pas de temps à perdre. Après la présentation à Paris, Smart a immédiatement ouvert les carnets de commande.


