Au Salon de l'automobile de Paris, Avatr a confirmé les rumeurs selon lesquelles la marque ferait son entrée sur le marché européen l'année prochaine, en commençant par certains marchés. D'ici trois ans, la marque promet six modèles destinés au haut de gamme. Mais cela risque de s'avérer être un pari risqué, qui rappelle les projets avortés de Hongqi.
Lancé dans un premier temps en Norvège et en Espagne, Avatr tentera de séduire la clientèle européenne du luxe avec le break 06T et le SUV 07L. Quatre autres modèles viendront compléter la gamme dans un second temps.
À la hauteur de la Rolls-Royce Cullinan
Le stand parisien présentait également le Concept T09, un SUV de la taille d’un Mercedes GLS, doté d’une palette de couleurs bicolore qui fait référence à la gamme Maybach du constructeur allemand. Selon Avatr, la Rolls-Royce Cullinan figure également parmi les concurrents visés.

Si l'on s'intéresse de plus près aux modèles dont la commercialisation est déjà prévue, la 06T est un break élégant proposé à la fois en version 100 % électrique, avec une autonomie annoncée pouvant atteindre 740 kilomètres (selon le cycle CLTC chinois, plutôt optimiste), et en version à prolongateur d’autonomie équipée d’un moteur essence de 1,5 litre, d’une batterie de 45,1 kWh et offrant une autonomie électrique d’environ 240 kilomètres.
Le 07L est un SUV de taille moyenne équipé d'une batterie CATL de 89,3 kWh, offrant une autonomie annoncée de 725 km selon le cycle CLTC et développant jusqu'à 955 hp dans sa version à trois moteurs.
Le groupe Changan est propriétaire d'Avatr et incarne le segment haut de gamme d'une stratégie européenne à trois volets qui comprend déjà la marque automobile Changan et Deepal. Cette dernière collabore avec Mazda sur les modèles 6e et CX-6e.
L'Europe pour les marges
Mais Avatr compte plusieurs actionnaires, ce qui explique en partie son positionnement : Changan assure l'assemblage des voitures, CATL fournit les batteries et Huawei s'occupe de l'électronique. Le centre de design est situé à Munich, et la marque mise fortement sur son savoir-faire européen en matière de design.
Ce pari européen ne s'inscrit pas dans la continuité d'une réussite nationale. Avatr a vendu 73 606 voitures en Chine en 2025, mais au cours des cinq premiers mois de cette année, elle n’a enregistré que 20 160 livraisons, dont moins de 3 000 à l’étranger. La marque reste profondément dans le rouge.
C'est en Europe que les marges sont censées se situer, mais les marques chinoises qui tentent de rivaliser avec les acteurs occidentaux bien établis prennent souvent leurs aspirations pour acquises. La culture traditionnelle a peut-être perdu de son importance en Chine, mais ce n'est certainement pas le cas en Europe.
Hongqi quitte les lieux
La marque de luxe Hongqi, dont le SUV E-HS9 coûte près de 100 000 euros, en a fait l'expérience. En Allemagne, la marque a mis fin à son partenariat avec Hedin Automotive en raison de ventes décevantes.
En Belgique, le distributeur indépendant semble avoir réduit ses activités, le site officiel se concentrant désormais principalement sur les services après-vente plutôt que sur la vente de véhicules neufs. Hongqi n'a pas quitté l'Europe, mais la marque souffre d'un manque de confiance de la part des clients.
Quant à Avatr, aucun lancement en Belgique n’a été annoncé. La Norvège et l’Espagne étant les premières à se lancer, la Belgique n’entrera dans la danse qu’en 2028, au plus tôt. Préparer les voitures en vue de leur homologation sera la partie la plus facile. La rentabilité du projet, en revanche…


