À compter du 1er novembre, les fourgons électriques et à hydrogène pesant jusqu’à 4,25 tonnes seront soumis aux mêmes règles de circulation qu’un fourgon classique de 3,5 tonnes en Belgique. Ce décret supprime les limitations de vitesse, les interdictions d’accès et les restrictions de stationnement qui pénalisaient leur surpoids (presque entièrement dû à la batterie).
Le décret royal entrera en vigueur le mois prochain. Il s'applique aux fourgonnettes fonctionnant exclusivement à l'électricité ou à l'hydrogène et dont la masse maximale autorisée est de 4 250 kg. En vertu du code de la route, elles sont désormais assimilées aux fourgonnettes légères de moins de 3,5 tonnes.
Réduire l'écart par rapport au diesel
Cela signifie que les limitations de vitesse sur autoroute, les règles relatives aux voies de circulation, les interdictions d’accès au centre-ville, les restrictions de dépassement par temps de pluie et les dispositions en matière de stationnement ne s’appliquent plus à ces véhicules comme s’il s’agissait de camions. Cette exemption est importante pour réduire encore davantage l’écart avec leurs équivalents diesel. Mais nous n’en sommes pas encore là.
Dans cette première phase, la Belgique aligne les règles de circulation applicables aux fourgons électriques uniquement sur un principe européen. La législation européenne autorise déjà les fourgons plus lourds équipés de motorisations alternatives, ce qui permet de compenser le surpoids lié à leurs systèmes de propulsion sans réduire la charge utile.
Il existe toutefois une exception. Le panneau C21, qui interdit l'accès lorsqu'le poids réel en charge d'un véhicule dépasse la limite indiquée. Ces restrictions restent applicables car elles visent à protéger les infrastructures.
Faire face à la complexité
Cette harmonisation s'arrête au code de la route, qui n'est que la première pièce du domino. Les permis de conduire et les règles fiscales en sont explicitement exclus. Ces règles continuent de traiter différemment une fourgonnette électrique de 4,25 tonnes et un véhicule diesel de 3,5 tonnes. Les acheteurs de flottes sont donc toujours confrontés à une certaine complexité, car ils doivent se repérer dans des réglementations distinctes pour un même véhicule.
Le gouvernement fédéral examine ces questions les unes après les autres. Un projet pilote permet déjà aux titulaires d’un permis de conduire de catégorie B de conduire des fourgons électriques d’un poids maximal de 4,25 tonnes sous certaines conditions, un dispositif définitif étant attendu d’ici fin 2027. Parmi ces conditions figurent une ancienneté minimale de deux ans du permis de conduire et l’immatriculation obligatoire des fourgons.
Le projet pilote n'a recensé qu'une quinzaine de véhicules répartis dans douze entreprises. Ce n'est toutefois qu'à la fin du mois de septembre que le Conseil des ministres fédéral a approuvé un projet de décret concernant les dérogations relatives au tachygraphe et aux temps de conduite pour les fourgons électriques en Belgique. Bien qu'il ne soit pas encore entré en vigueur, ce projet pourrait convaincre davantage d'entreprises de s'inscrire au programme.
Déjà prévu
Quoi qu’il en soit, le nouveau code de la route fédéral, qui entrera en vigueur le 1er juin 2027, prévoit déjà des modifications du code de la route concernant les fourgons électriques. Le décret actuel avance la date d’application de ces règles de huit mois afin d’accélérer leur mise en œuvre.
Le secteur professionnel est poussé à adopter des alternatives zéro émission. En éliminant les inconvénients pratiques – comme le fait qu’une fourgonnette devienne soudainement un camion simplement en raison du poids de sa chaîne cinématique –, on supprime l’un des arguments les moins évidents contre la conversion.


