Une nouvelle analyse d'Oxfam estime que les 0,1 % les plus riches de la population mondiale (8 millions de personnes) génèrent plus d'émissions de carbone que les 44% les plus pauvres (3,5 milliards de personnes) réunis.
Une personne faisant partie des 0,1 % les plus riches a contribué près de 400 fois davantage aux vagues de chaleur extrêmes que celles que l'on observe aujourd'hui qu'une personne appartenant aux 50% les plus pauvres.
Oxfam a collaboré avec la chercheuse Sarah Schöngart, de l'ETH Zurich, afin d'évaluer dans quelle mesure les différentes tranches de revenus contribuent au réchauffement climatique et aux vagues de chaleur extrêmes.
Sommet sur le climat
Ce rapport, publié à la veille du Sommet des Nations unies sur le climat (COP31) en Turquie, montre comment les plus riches de la planète aggravent le dérèglement climatique par leurs émissions démesurées, tout en se protégeant de ses conséquences et, de plus en plus, en tirant profit de cette destruction.
Amitabh Behar, directeur général d’Oxfam International : “ La crise climatique est souvent décrite comme un défi commun à l’humanité. Ce n’est pas le cas. Ceux qui y ont le moins contribué perdent leurs maisons, leurs récoltes et, de plus en plus, la vie. ”
“ Pendant ce temps, les plus riches peuvent se soustraire au danger en s’enfermant dans des bunkers souterrains ultramodernes, en engageant des équipes de pompiers privées et en souscrivant des assurances privées, et tirent activement profit des conséquences de la pollution qu’ils génèrent. Il ne s’agit pas d’une tragédie liée à un destin commun, mais d’un crime d’inégalité extrême. ”
Aviation privée
Réservée exclusivement aux plus riches, l'aviation privée reste l'un des exemples les plus frappants d'inégalité extrême en matière d'émissions de carbone. Une nouvelle analyse réalisée par Oxfam à partir de données de suivi des jets privés révèle que, cumulées, les émissions de carbone des jets privés en deux secondes dépassent celles d'une personne appartenant à la moitié la plus pauvre de l'humanité en un an.
Le rapport d'Oxfam montre également comment les catastrophes climatiques sont devenues une activité de plus en plus lucrative. Le marché mondial de la reconstruction après sinistre devrait passer de $70 milliards à $92 milliards par an d'ici 2029.
Le nouvel indice « Destroy & Rebuild » d'Oxfam recense 217 entreprises qui tirent profit à la fois des secteurs contribuant au dérèglement climatique et de ceux liés à la prévention des catastrophes, à la reprise après sinistre et à la reconstruction.
Catastrophes climatiques
Le rapport met également en garde contre le fait que les catastrophes climatiques sont de plus en plus utilisées pour faire passer des mesures qui aggravent les inégalités, notamment la privatisation de la lutte contre le changement climatique et des services publics, l’accaparement des terres, la déréglementation et les allègements fiscaux au profit des plus riches. Il en résulte un cercle vicieux d’injustice : le nombre de décès dus aux inondations est sept fois plus élevé dans les pays où les inégalités sont les plus marquées.
Les riches peuvent se protéger en payant plus cher leurs denrées alimentaires ou en déménageant dans des endroits plus sûrs, ce que la plupart des gens ne peuvent pas faire. De plus, une nouvelle étude d’Oxfam montre que les ultra-riches tirent également profit des conséquences du changement climatique, engrangeant d’énormes bénéfices grâce à la flambée des prix alimentaires et aux catastrophes naturelles.
Pendant ce temps, les citoyens ordinaires, frappés par des chocs climatiques successifs, peinent à se remettre. Ils sont plus exposés, plus vulnérables et disposent de moins d'économies pour reconstruire leur vie.
‘ Une planète en feu ’
“ Les ultra-riches mettent le feu à la planète, puis nous font payer, à nous tous, les extincteurs. Ils tirent profit de la pollution et des catastrophes. Et ils en tirent encore profit lors du nettoyage ”, poursuit Behar.
Oxfam appelle les gouvernements réunis lors du Sommet des Nations unies sur le climat à briser ce cercle vicieux et à faire payer les pollueurs riches. “ Nous pouvons limiter au maximum les conséquences humaines du dérèglement climatique en réduisant de manière significative et rapide les émissions des plus riches, en réduisant radicalement les inégalités au sein des pays et entre eux, et en mettant fin à l'exploitation lucrative des catastrophes climatiques. ”


