Ryanair a annoncé un plan de réduction des coûts visant à compenser la hausse des prix du kérosène. Ces mesures auront des répercussions tant sur les opérations internes que sur les passagers. Parmi les mesures que la compagnie aérienne low-cost irlandaise prévoit de mettre en œuvre figurent une augmentation des tarifs, un gel temporaire des salaires, une réduction du nombre de membres d'équipage par vol et un recours accru à l'intelligence artificielle dans les opérations administratives.
Les salariés auront du mal à accepter ces mesures, car Ryanair – qui vient de connaître une année record – affiche une nouvelle fois des bénéfices se chiffrant en milliards. Le bénéfice après impôts pour le premier semestre de l'exercice en cours, d'avril à septembre 2026, s'est élevé à 2,15 milliards d'euros.
Prix élevés du kérosène
Ryanair a déjà réduit une partie de son programme hivernal afin de diminuer la quantité de kérosène qu'elle doit acheter sans couverture. Toutefois, de nouvelles mesures plus radicales sont à l'étude pour apporter une solution rapide à la flambée des prix du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, au cas où aucune solution rapide ne se concrétiserait.
Après tout, les compagnies aériennes bénéficient encore aujourd’hui d’une protection partielle contre les hausses de prix, mais ces contrats avantageux arriveront à échéance avant la saison estivale, qui s’annonce cruciale.
Le PDG O’Leary prévoit également une hausse des prix des billets en Europe de 10 à 20% l’année prochaine et évoque une “ chute brutale des coûts ”. Mais même ces tarifs plus élevés ne compenseront pas entièrement les coûts de carburant au cours du prochain exercice, car ceux-ci pourraient augmenter de 2 milliards d’euros. En effet, la couverture couvrant 80% de ses besoins en carburant à environ $67 le baril arrive à échéance, alors que le prix du marché se situe actuellement autour de $140 le baril.
Du gel temporaire des salaires au recours accru à l'IA
En conséquence, Ryanair passe au crible l'ensemble de ses coûts, et un gel temporaire des salaires, un recours accru à l'intelligence artificielle dans ses processus administratifs ainsi qu'une réduction des effectifs à bord des vols font tous partie des options envisagées. La réglementation européenne exige en effet généralement au moins un membre d'équipage de cabine pour 50 sièges passagers installés, le nombre étant arrondi à l'unité supérieure, ou un nombre plus élevé si la certification de l'appareil l'exige.
Ryanair réexamine également ses accords avec les aéroports. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de sa stratégie visant à faire pression sur les aéroports pour qu'ils réduisent leurs coûts, et pourrait déterminer dans quels aéroports la compagnie aérienne supprimera ou ajoutera des vols l'année prochaine.
La compagnie aérienne revoit également à la baisse ses prévisions de croissance du nombre de passagers, ce qui est logique compte tenu de la réduction du programme de vols hivernal : la croissance devrait désormais s'établir à 3%, portant le total à 214 millions, contre une augmentation précédemment prévue de 4% pour atteindre 216 millions.
Elle continue d'engranger des milliards de bénéfices
Pour les voyageurs, peu de choses changeront cet hiver, précisément parce que les coûts du carburant sont toujours couverts. Les prix des billets ont en réalité baissé de 4%, Ryanair ayant été contrainte de les réduire pour stimuler les ventes face à la réticence des voyageurs à réserver.
Au cours du premier semestre de l'exercice en cours, qui débute en avril, Ryanair a transporté 125,8 millions de passagers, soit une hausse de 6%. Toutefois, la hausse des coûts de carburant et la baisse des prix du carburant ayant compensé la croissance du nombre de passagers, le bénéfice du premier semestre de cet exercice a reculé.
Bien que le chiffre d'affaires ait augmenté de 3% pour atteindre 10,08 milliards d'euros, les coûts d'exploitation ont bondi de 10% pour s'établir à 7,69 milliards d'euros, ce qui s'est traduit par un bénéfice net de 2,15 milliards d'euros. Ce montant est inférieur de 15% à celui de l'année dernière.
Ryanair, qui enregistre généralement des pertes entre novembre et mars, prévoit également de dégager un bénéfice pour l'exercice en cours. Celui-ci sera toutefois inférieur à celui de l'exercice précédent, une année record marquée par un bénéfice net de plus de 2 milliards d'euros.


