Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête sur un incident survenu à la gare de Bruxelles-Nord, au cours duquel des agents de Securail auraient agressé une femme d'origine africaine.
Selon le ministère public, les coups ont été portés à la fois par un agent de Securail et par une autre personne impliquée dans l'incident. Tous deux font actuellement l'objet d'une enquête, mais de nouvelles plaintes ont été déposées en raison des propos racistes qui auraient été tenus.
Intervention trop lourde ou non ?
L'incident s'est produit vendredi dernier dans l'après-midi à la gare de Bruxelles-Nord et a depuis été largement relayé par les médias, y compris par des propos racistes sur les réseaux sociaux, après que le journal De Standaard a révélé la nouvelle mercredi.
Grace T. et sa sœur norvégienne voulaient prendre le train de Vilvorde à Bruxelles à 14h01 vendredi, en compagnie d'une cousine. Les femmes, qui ont des racines africaines, voulaient acheter des billets au distributeur, mais celui-ci ne fonctionnait pas.
Lorsqu'ils l'ont signalé au chef de train et lui ont dit qu'ils voulaient acheter des billets à bord, celui-ci aurait réagi avec mécontentement en disant : “C'est toujours la même chose avec des gens comme vous”, et aurait demandé l'aide de Securail, le service de sécurité de la SNCB.
La femme avait acheté des billets en ligne avant que Securail n'intervienne - Grace T. avait elle-même une carte annuelle valide. Mais lorsque les trois agents de sécurité sont montés dans le train à la gare du Nord, ils auraient refusé d'écouter leurs explications.
L'un des gardes a également demandé à voir leurs passeports et leurs permis de séjour, accusant les Norvégiennes de posséder de faux documents d'identité. Les agents de Securail auraient ensuite forcé les femmes à quitter le train.
Sur la plate-forme, l'un des agents aurait poussé violemment la Norvégienne. Grace T. a alors tenté d'intervenir, et des images circulant sur les médias sociaux montrent une femme hurlant au sol et maîtrisée par des agents de Securail.
Deux enquêtes
Les femmes ont ensuite porté plainte contre les agents de Securail et le parquet de Bruxelles a annoncé l'ouverture de deux enquêtes sur l'accident.
“Le 8 août, des agents de Securail sont intervenus à la gare de Bruxelles-Nord au sujet d'individus qui n'étaient pas en mesure de présenter des titres de transport valables”, a déclaré le porte-parole du parquet. “Lors de l'intervention, des coups auraient été portés par l'une des personnes impliquées et par l'un des agents de Securail.”
Le parquet de Bruxelles a ouvert deux procédures pour coups et blessures volontaires : l'une contre l'intéressé et l'autre contre l'agent de Securail.

Nouvelles plaintes
Entre-temps, l'avocat des victimes a annoncé que de nouvelles plaintes seront également déposées. Plus précisément, une plainte sera déposée contre un deuxième agent, ainsi que contre l'accompagnateur du train, pour avoir tenu des propos racistes qui ont alimenté l'agressivité des agents.
La circonstance aggravante de racisme sera également prise en compte. La plainte de la deuxième femme, qui est depuis retournée en Norvège, serait en cours de traitement.
L'avocate demande également qu'une médiation soit entamée avec la NMBS/SNCB afin de clarifier les faits. Elle demande également qu'une formation soit mise en place pour prévenir le racisme et la violence. Or, selon la compagnie ferroviaire, cette formation fait déjà partie d'une approche plus large de la lutte contre les agressions.
Enquête interne
Suite à l'incident, une manifestation aura lieu vendredi à la gare centrale de Bruxelles. Elle est organisée par un collectif de citoyens qui soutient les femmes impliquées dans l'incident. Le collectif demande une enquête indépendante, des excuses publiques de la part de la SNCB et la suspension immédiate des agents Securail impliqués.
La NMBS/SNCB a déjà déclaré qu'elle “regrettait profondément l'incident” et qu'elle prenait l'affaire très au sérieux. Une enquête interne a été lancée pour déterminer les faits et les circonstances exactes. Des mesures appropriées seront prises en fonction des résultats de l'enquête, a déclaré la SNCB.
Securail, qui compte environ 480 agents sur le terrain, a effectué près de 37 000 interventions en 2024. Selon De Standaard, la SNCB reçoit chaque année une soixantaine de plaintes concernant Securail.
Les agents de Securail, qui reçoivent une formation de trois mois, sont autorisés à utiliser des menottes et du gaz poivré, mais ne sont pas autorisés à porter d'autres armes. Ils sont également autorisés à effectuer des contrôles d'identité et à rédiger des rapports.
Si les circonstances le justifient, ils sont également autorisés à priver une personne de sa liberté. Toutefois, cette détention est limitée dans le temps et ils doivent systématiquement signaler la privation de liberté à la police.


