Le Royaume-Uni envisage de réduire de moitié son objectif en matière de véhicules électriques pour 2030, le ramenant à 50%, mais l'interdiction prévue pour 2035 est maintenue

Le gouvernement britannique a lancé une consultation qui pourrait réduire son objectif de ventes de véhicules électriques pour 2030 de 80 % à 50 % au maximum. L'interdiction des voitures neuves à essence et diesel prévue pour 2035 reste toutefois inchangée.

Le programme britannique relatif aux véhicules à zéro émission (ZEV) prévoit un calendrier progressif pour atteindre les objectifs fixés. Le pourcentage de ventes de voitures neuves devant être des véhicules électriques augmente chaque année, passant de 33% cette année à 80% d’ici 2030. Lorsque ces objectifs ne sont pas atteints chaque année, les constructeurs s’exposent à des amendes.

Assouplissement des objectifs

Bien que l'adoption des véhicules électriques en Grande-Bretagne soit l'une des plus fortes d'Europe, la Society of Motor Manufacturers and Traders prévoit que la part des véhicules électriques à batterie s'établira à 27,4 % en 2026, soit 5,61 TP3T de moins que l'objectif de 33 % fixé par la réglementation.

Cet écart oblige les constructeurs automobiles soit à proposer des véhicules électriques à des prix déficitaires, soit à s'acquitter des amendes. Toutefois, cette obligation comporte une clause de révision, qui fait actuellement l'objet de discussions visant à assouplir ces objectifs.

Plus précisément, la consultation propose quatre options : l'objectif principal de 80 % pour les voitures neuves pourrait être maintenu, ramené à 70 %, baisser à 60 % ou chuter à 50 %. La consultation prendra fin en octobre de cette année, après quoi une décision sera prise.

Le gouvernement insiste néanmoins sur le fait que l'objectif reste inchangé. L'interdiction des voitures neuves à essence et diesel prévue pour 2035 est maintenue. Les véhicules à essence et les véhicules hybrides légers seraient toujours interdits à partir de 2030, mais les hybrides complets et les hybrides rechargeables pourraient continuer à circuler pendant la période 2030-2035.

Croissance fulgurante

Opter pour cette dernière option signifierait que l'autre moitié des ventes de voitures en Grande-Bretagne devrait être constituée de véhicules hybrides rechargeables (PHEV). De plus, le marché devrait passer de 50 à 100 % en seulement cinq ans.

La consultation reconnaît ouvertement que ce scénario nécessiterait la croissance la plus rapide de toutes les options envisagées après 2030. Les chiffres sont éloquents. Une analyse réalisée par Carbon Brief estime qu’un assouplissement de l’objectif à 50 % pourrait entraîner une diminution pouvant aller jusqu’à 3 millions de véhicules électriques à batterie sur les routes britanniques d’ici 2030.

Cette révision n'a pas échappé aux critiques. La proposition visant à édulcorer la plus grande politique climatique du Royaume-Uni a été présentée au lendemain d'une journée où les températures dans le pays ont atteint un record de 38 °C, provoquant des incendies de forêt qui ont détruit des habitations. Parallèlement, la transition vers l'électricité est considérée comme le principal facteur de réduction des émissions de cette décennie et comme un remède décisif au changement climatique.

De son côté, le gouvernement invoque les prix élevés de l'énergie industrielle, la concurrence internationale et les incertitudes quant à l'accès aux marchés d'exportation comme autant de pressions supplémentaires pesant sur les constructeurs automobiles.

Ce n'est pas le seul

Pourtant, le marché est loin de s'effondrer. La Grande-Bretagne a enregistré la part de ventes de véhicules zéro émission la plus élevée parmi les principaux marchés européens en 2024 et 2025 – à l'exception des pays scandinaves tels que la Norvège et le Danemark.

Une voiture neuve sur quatre vendues est déjà électrique. Le gouvernement britannique indique que plus de 160 000 conducteurs ont bénéficié de sa subvention de 2 milliards de livres sterling pour l'achat de voitures électriques, et que plus de 120 000 bornes de recharge publiques ont été installées.

Mais le Royaume-Uni n'est pas le seul gouvernement à faire marche arrière. La Commission européenne a proposé en décembre dernier d'assouplir la règle relative aux émissions de CO₂ des voitures pour 2035, en ramenant l'objectif de 100 % à 90 %, ce qui ouvre une marge de manœuvre de 10 % pour les carburants synthétiques et les crédits d'acier à faible teneur en carbone.

Pour les utilitaires légers, elle a proposé de ramener l'objectif pour 2030 de 50 % à 40 %. La Grande-Bretagne ayant l’intention de maintenir son objectif de 100 % de véhicules zéro émission pour 2035, le pays continuerait d’appliquer une réglementation finale plus stricte que celle du continent. Et, comme mentionné précédemment, l’interdiction prévue pour 2035 n’est pas remise en cause.

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