Les personnes sur les voies ferrées causent 4,5 heures de retard par jour en Belgique

L'année dernière, 583 cas de personnes marchant sur ou le long des voies ferrées ont été signalés en Belgique. Selon le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire Infrabel, ces personnes étaient responsables de 4,5 heures de retard par jour.

Les intrus sur les voies provoquent des retards importants, en particulier pendant l'heure de pointe du soir et sur la ligne nord-sud très fréquentée de Bruxelles. Infrabel a calculé que sans les intrus, la ponctualité s'améliorerait de 0,3 point de pourcentage - l'intrusion est la principale cause externe de retard des trains.

En outre, en 2025, neuf personnes ont perdu la vie en s'aventurant sur les voies ferrées et trois autres ont été gravement blessées.

Raccourci vers une autre plateforme

Infrabel a identifié 102 hotspots, c'est-à-dire des endroits où les intrusions sur les voies sont fréquentes, et 58 gares où les intrusions sont plus fréquentes. Toutefois, il est à noter que ce phénomène se produit de plus en plus fréquemment dans les gares elles-mêmes.

Sur le long terme, la tendance est à la baisse : 646 signalements ont été enregistrés en 2024, mais Bruxelles fait figure d'exception. Sur la ligne nord-sud très fréquentée de la capitale, 55 cas ont été enregistrés l'année dernière. Rien qu'à Bruxelles-Nord, 19 signalements d'intrusion ont été enregistrés l'année dernière. Il y en a eu 18 à Bruxelles-Sud et 15 à Bruxelles-Central.

Ces chiffres ne sont toutefois pas exceptionnels, puisque près de la moitié des cas d'intrusion sur les voies ferrées en Belgique se produisent dans les gares ou à proximité de celles-ci, souvent par des personnes cherchant un raccourci pour accéder à un autre quai.

Nouveau projet pilote à la gare de Bruxelles-Nord

C'est pourquoi Infrabel a proposé une nouvelle mesure à la gare de Bruxelles-Nord. Il s'agit d'une barrière physique et virtuelle destinée à empêcher les personnes de pénétrer sur les voies et, en même temps, à accélérer la détection des intrus.

Le projet pilote est déployé sur les voies 1 et 12, ainsi que sur le quai entre les voies 8 et 9, plus long que les autres. D'une part, des barrières et des tapis de sécurité ont été installés ; d'autre part, une barrière virtuelle utilisant des caméras avec détection d'intrusion envoie automatiquement une alarme à une salle de contrôle de la SNCB. Le projet représente un investissement de 75 000 euros.

La nouvelle installation de caméras à la gare de Bruxelles-Nord

Trois catégories

Infrabel et d'autres exploitants de réseaux ferroviaires européens classent généralement les intrus en trois catégories en fonction de leur motivation. Le groupe le plus important est constitué des "short cutters", des voyageurs qui, par exemple, traversent les voies en bout de quai pour rejoindre plus rapidement un autre train ou un parking, ou des résidents qui traversent les voies par un raccourci depuis des années parce que c'est l'itinéraire le plus rapide pour se rendre à leur destination.

Il y a ensuite les amateurs d'adrénaline et les créatifs, comme les jeunes pour qui le frisson de l'interdit joue un rôle, ou les photographes et les graffeurs qui trouvent les gares de triage et les anciens tunnels attrayants en raison de leur esthétique brute et industrielle.

Enfin, il y a le groupe des personnes qui se retrouvent sur les voies sans l'avoir voulu, par étourderie ou distraction.

Une amende pouvant aller jusqu'à 300 €, voire 500 €.

L'intrusion sur les voies est un problème très répandu en Europe : environ 65% de tous les décès survenus sur les chemins de fer européens, à l'exclusion des suicides, sont dus à la présence de personnes non autorisées sur les voies.

Les pays dotés d'un réseau ferroviaire très dense, comme la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, reçoivent proportionnellement plus de rapports que les grands pays comme la France ou l'Espagne.

En Belgique, les intrus pris sur le fait ou trouvés dans des parties de l'infrastructure ferroviaire non accessibles au public sont passibles d'une amende de 300 euros en vertu de la loi sur la police des chemins de fer, voire de 500 euros en cas de récidive.

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