Le ‘budget mobilité’ doit être simplifié avant de devenir obligatoire. C'est ce que pensent les partenaires sociaux. “Aujourd'hui, il est encore beaucoup trop complexe”, affirment-ils.
Le budget mobilité est un système qui permet aux employés d'échanger leur voiture de société contre un budget qu'ils peuvent consacrer à diverses solutions de mobilité plus ‘vertes’, telles qu'une voiture plus petite ou une voiture électrique, les transports publics, un vélo ou même des frais de logement, comme une partie du loyer ou de l'hypothèque. Le budget de mobilité est calculé sur la base du coût total de possession (TCO) de la voiture de société à laquelle l'employé a droit.
janvier 2027
Un projet de loi, qui a reçu le feu vert du Conseil fédéral des ministres au début de l'année, rend le budget mobilité obligatoire à partir du 1er janvier 2027 pour les employeurs d'au moins 50 salariés qui mettent à disposition des voitures de fonction. Pour les PME de plus de 15 salariés, le budget mobilité sera introduit un an plus tard.
Cependant, les partenaires sociaux estiment qu'il faut d'abord simplifier le système avant de le rendre obligatoire. Cela implique, entre autres, de réduire la complexité administrative et de simplifier le calcul du budget de mobilité, connu sous le nom de ‘coût total de possession’.
‘Effets pervers’
Ils demandent également d'exclure temporairement certaines catégories d'employés dans l'attente de l'évolution des véhicules électriques. Après tout, certains postes sont difficiles à combiner avec une mobilité alternative ; pensez aux représentants de commerce, aux infirmières à domicile ou à d'autres professions mobiles.
Ta part du budget de la mobilité pouvant être consacrée aux coûts du logement serait limitée à 50 %, “pour éviter les effets pervers”. ODe cette manière, le système serait moins axé sur la mobilité et deviendrait davantage un avantage fiscal.
Une majorité de salariés disposant d'un budget mobilité l'utilisent, au moins en partie, pour financer leurs frais de logement. Cette option est intéressante car elle est totalement exonérée d'impôts.
Il est à craindre que les employés disposant d'une voiture de société passent en masse au remboursement des frais de logement en raison de l'introduction obligatoire du budget de mobilité, et les syndicats et les organisations patronales veulent l'empêcher.
Trop complexe
Le système de budget de mobilité existe depuis un certain temps, mais son utilisation reste relativement limitée. Sur l'ensemble des entreprises tenues de proposer un budget mobilité à partir de l'année prochaine, seule une sur dix le fait actuellement. Nombreux sont ceux qui trouvent le système beaucoup trop complexe et l'abandonnent.
Selon les derniers chiffres, environ 20 000 employés disposent d'un budget de mobilité. Cela ne représente qu'environ 1% de l'ensemble des salariés. En d'autres termes, environ 1 salarié sur 24 disposant d'une voiture de société opte pour cette solution. HToutefois, étant donné que la Belgique compte environ 600 000 voitures de société, il n'y a pas de raison de s'inquiéter. 15% de tous les salariés en ont un - ce nombre devrait bientôt augmenter fortement.
Niche
En résumé, le budget mobilité reste une niche à côté d'un système de voitures de société très dominant, mais il est en train de devenir un élément essentiel de la politique de l'Union européenne.t gagne en popularité. La tendance est remarquablement positive, avec une croissance de +437% entre 2023 et 2025.
A Bruxelles, environ 16% des bénéficiaires éligibles optent déjà pour le budget. De plus, le nombre d'entreprises qui le proposent augmente chaque année. Le problème est qu'aujourd'hui, seuls ±2,5% des employeurs offrent effectivement un budget de mobilité.
Le gouvernement fédéral souhaite rendre le budget mobilité obligatoire afin de promouvoir la mobilité ‘verte’ et de réduire le nombre de voitures de société. Cependant, les me fait de rendre obligatoire un système peu utilisé, sans simplification, pourrait être contre-productif.
Qu'en est-il des autres pays ?
Une tendance claire est visible dans toute l'Europe. Un budget de mobilité est une alternative valable à une voiture de société, mais il est généralement volontaire et n'est pas imposé par la loi. Environ 16% des grandes entreprises européennes utilisent déjà un tel budget, et 10% prévoient de le faire.
Les Pays-Bas ont un système similaire à celui de la Belgique, mais ne disposent pas d'un cadre juridique. L'Allemagne est dans une phase de transition et la France prévoit une ‘allocation de mobilité’ plutôt qu'un véritable budget.
Le système belge est donc unique parce qu'il est réglementé au niveau fédéral, qu'il offre des avantages fiscaux importants et qu'il deviendra obligatoire pour de nombreuses entreprises à partir de 2027.


