L'AIE met en garde : Le méthane reste à des niveaux très élevés‘

Émissions de Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète, restent très élevées. C'est ce qu'a indiqué l'Agence internationale de l'environnement (AIE) lundi lors d'une réunion internationale à Paris, à l'occasion de la présentation de son rapport annuel "Global Methane Tracker".

En 2025, la production record du secteur des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) était responsable de 35% des émissions de méthane dues aux activités humaines, soit 124 millions de tonnes (Mt), estime l'AIE.

Gaz inodore et invisible

“Rien n'indique que les émissions mondiales de méthane liées à l'énergie auront diminué en 2025”, note l'AIE. Avec un potentiel de réchauffement beaucoup plus important que le CO2, le méthane est responsable d'environ 30% de l'augmentation de la température moyenne mondiale depuis la révolution industrielle. Mais comme sa durée de vie est plus courte, sa réduction offre “des avantages significatifs à court terme pour le climat”.”

Le méthane est un gaz inodore et invisible, principal composant du gaz naturel, qui provient de sources telles que les gazoducs, les vaches et les décharges. Dans l'industrie pétrolière et gazière, le méthane s'échappe par des fuites dans les équipements ou lors des opérations de dégazage ou de torchage.

Environ 580 millions de tonnes de méthane sont libérées chaque année dans le monde, dont 60% sont imputables à l'activité humaine, en premier lieu à l'agriculture, puis à l'énergie.

Solution à la crise énergétique

Pourtant, selon l'AIE, la lutte contre le méthane pourrait constituer une solution à la crise énergétique. Des solutions éprouvées, telles que la détection et la réparation des fuites ou la limitation du brûlage à la torche, permettraient d'éviter environ 30% d'émissions de combustibles fossiles “à coût nul”. Le gaz capturé peut être revendu.

Dans le contexte des tensions sur les marchés de l'énergie liées à la guerre au Moyen-Orient, la lutte contre le méthane n'est pas seulement un problème climatique, mais aussi une question de sécurité énergétique évidente.

La guerre au Moyen-Orient

L'AIE note que la récupération de ce gaz non utilisé permettrait de renforcer l'approvisionnement énergétique, mis à l'épreuve par la guerre au Moyen-Orient, en fournissant aux marchés 200 milliards de m³ de gaz par an. Ces 200 milliards de m³ représentent le double de la quantité de gaz qui passe annuellement par le détroit d'Ormuz, bloqué depuis le début de la guerre.

En attendant, l'AIE souligne que la plupart des quelque cent pays qui ont signé l'engagement mondial sur le méthane n'ont pas encore pris de mesures concrètes : la politique actuelle permettrait de réduire les émissions liées au pétrole et au gaz de 20% d'ici à 2030, ce qui est inférieur à l'objectif économique de -30% d'ici à 2020. Environ 70% des émissions de méthane du secteur des combustibles fossiles proviennent des 10 pays les plus émetteurs. 

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