L'opérateur français de bornes de recharge (CPO) Electra est le premier acteur majeur en Belgique à lier les coûts de la recharge publique à la logique de l'heure d'utilisation. Cela signifie que des tarifs inférieurs au tarif moyen de l'électricité pour les ménages belges seront proposés en heures creuses. Ce système constitue une nouvelle aubaine pour les environnements où la recharge est limitée par des contraintes pratiques, comme les villes.
En Belgique, la recharge rapide publique entraîne depuis longtemps un surcoût implicite pour les conducteurs ne disposant pas d'une voie d'accès. Ceux qui dépendent entièrement de l'infrastructure publique et n'ont pas accès aux tarifs de nuit bon marché que les chargeurs domestiques permettent d'obtenir. Les conducteurs professionnels transfèrent ces coûts à leur employeur, mais pour l'adoption privée, le coût plus élevé de la recharge publique est sans aucun doute un obstacle de taille.
Tarifs à 0,34 €/kWh
Electra, l'opérateur de recharge ultra-rapide fondé par des Français, tente de combler cette lacune. Il lance aujourd'hui un modèle de tarification dynamique heures pleines/heures creuses dans ses stations belges les plus fréquentées. Compte tenu des fluctuations importantes des prix de l'électricité, ce système est logique, mais moins rentable pour l'opérateur. Comme Electra est sélective dans son déploiement, elle semble considérer le nouveau format de tarification comme une expérience.
Les abonnés d'Electra+ Smart peuvent bénéficier de tarifs réduits à partir de 0,34 €/kWh dans les zones les plus encombrées du réseau. L'entreprise affirme que ce prix est inférieur au coût moyen de l'électricité pour les ménages en Belgique.
Mais est-ce le cas ? Selon les données sur l'électricité domestique (Statista Q4 2025), les consommateurs belges paient environ $0,40/kWh (0,344 €) sur les tarifs résidentiels, ce qui donne l'avantage à Electra. Mais cela dépend aussi de l'endroit où l'on facture.
Le tarif de remboursement officiel fixé par le régulateur de l'énergie Creg est de 0,31 € en Flandre, de 0,35 € à Bruxelles et de 0,36 € en Wallonie. Le système de tarification d'Electra reste compétitif, et c'est un coup de pouce pour les clients privés qui ont du mal à installer une infrastructure de recharge domestique. Par ailleurs, les chargeurs domestiques n'offrent pas les mêmes vitesses que ceux d'Electra, qui atteignent 400 kW.
Prime de fin d'allée
“Avec 0,34 €/kWh, nous proposons le tarif de recharge ultra-rapide le plus bas du marché, moins cher que le prix moyen de l'électricité domestique en Belgique”, a déclaré Louis-Charles Mosseray, directeur général d'Electra pour la région du Benelux. “C'est notre réponse concrète au défi du pouvoir d'achat. La mobilité électrique ne doit pas être un luxe réservé aux personnes disposant d'un chargeur à domicile”.”
Le modèle d'Electra emprunte explicitement à la logique du tarif jour/nuit que les ménages belges connaissent depuis des décennies. L'idée : si la tarification flexible fonctionne à la maison, elle peut tout aussi bien fonctionner sur un chargeur rapide public.
Les concurrents d'Electra suivront-ils ? Le prix est toujours un facteur d'attraction. Selon l'analyse du marché belge de la recharge rapide réalisée par GIREVE, une soixantaine de CPO proposent aujourd'hui la recharge rapide en courant continu en Belgique. Mais la concurrence s'est surtout concentrée sur le déploiement de l'infrastructure plutôt que sur les tactiques de tarification. Dans les stations de recharge rapide des concurrents, les clients paient généralement deux fois plus cher, voire davantage.
Demande la plus élevée uniquement
Malheureusement, le modèle de tarification ne s'applique qu'aux stations Electra les plus demandées. Les tarifs varient en fonction du créneau horaire et sont affichés en temps réel dans l'application Electra avant le début d'une session. Une fois qu'un conducteur se branche, le tarif est bloqué pour la durée de la session. Une clause de non-responsabilité importante, car elle garantit au client qu'une session commençant à 0,34 €/kWh reste à ce tarif, même si l'horloge passe dans une fenêtre de pointe à mi-charge.
Toutefois, l'objectif n'est pas seulement de rendre l'électricité plus abordable, mais aussi de gérer la charge du réseau. En créant un signal de prix significatif pendant les heures creuses, Electra vise à répartir la charge de session plus uniformément sur la journée et à réduire la pression sur le réseau électrique belge pendant les périodes de pointe.


