Pour de nombreux Belges, la voiture reste une constante pour les trajets quotidiens, les week-ends et les vacances. Cependant, le coût élevé de la conduite incite les automobilistes à choisir, planifier et conduire de manière plus consciente. C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude commandée par Auto5 auprès de 809 automobilistes belges.
Près de la moitié d'entre eux se disent plus soucieux des coûts : ils pensent davantage au coût total d'un voyage ou de vacances en voiture aujourd'hui que par le passé. Le carburant, les frais de recharge, les péages et le stationnement, en particulier, jouent un rôle dans le choix de la destination et de la distance.
Modifier le comportement en matière de loisirs
L'impact de la cherté de l'essence et du diesel se fait particulièrement sentir dans le comportement en matière de loisirs. Quatre personnes sur dix restent plus souvent à proximité de leur domicile afin de maîtriser les distances et les coûts. Toutefois, pour de nombreuses familles, la voiture reste plus attrayante que le train ou l'avion.
“Les automobilistes belges ne se contentent pas de laisser leur voiture en stationnement, ils en évaluent les coûts plus consciemment qu'auparavant”, explique Olivier Renard, porte-parole d'Auto5.
Conduite économe en énergie
Les chiffres montrent que les automobilistes utilisent leur voiture différemment. Plus de la moitié d'entre eux (54,3%) déclarent faire plus attention à leur vitesse pour limiter leur consommation. Presque autant d'automobilistes (56,9%) planifient leurs itinéraires plus consciemment pour éviter les embouteillages, les détours et les kilomètres inutiles.
Une personne sur trois (31,4%) est moins encline à allumer la climatisation pour économiser de l'énergie. Plus d'un tiers (37,1%) des personnes interrogées évitent les bagages inutiles, le poids supplémentaire, l'utilisation d'un coffre de toit ou d'un porte-vélo pour limiter la consommation.
Cependant, les automobilistes oublient encore souvent à quel point il est important que leur voiture soit en bon état pour une conduite économe en énergie. Par exemple, moins de la moitié d'entre eux vérifient la pression de leurs pneus avant les longs trajets (44,4%). Et moins de la moitié (41%) envisagent un contrôle rapide de la voiture pour optimiser la consommation.
Des données plus larges renforcent la pertinence de l'enquête. Les chiffres belges et européens sur la mobilité montrent que la voiture reste structurellement dominante pour les voyages. D'autres études, telles que le baromètre des vacances de Touring et les études sur le sentiment des voyageurs européens, montrent également que l'inflation et les prix élevés poussent les voyageurs à surveiller de plus près leur budget.
Modèle européen
Cette histoire s'inscrit dans un contexte européen plus large. Les données sur les ventes de carburant en Europe montrent que la pression sur les coûts est évidente dans le comportement réel.
En avril 2026, Eurostat a enregistré une nette baisse des volumes de vente au détail de carburants automobiles : les ventes de carburants ont diminué de 2,7% d'un mois sur l'autre dans la zone euro et de 2,4% dans l'UE. Par rapport à avril 2025, elles ont baissé de 3,5% dans la zone euro et de 2,0% dans l'UE.
Cela s'est produit alors que les prix des carburants ont fortement augmenté : Les prix du diesel dans l'UE ont augmenté de 33,7% en glissement annuel en avril 2026, et les prix de l'essence ont augmenté de 13,6%.
La baisse des ventes de carburant ne prouve pas directement que les gens prennent moins de vacances ou d'excursions en voiture. Elle peut également refléter une diminution des trajets domicile-travail, une conduite plus efficace, un ravitaillement retardé, la constitution de réserves le mois précédent, l'augmentation du nombre de véhicules électriques, l'électrification des flottes d'entreprise ou la prudence économique générale.


