Renault sera jugé en France pour ‘ tromperie aggravée ’

Le constructeur automobile français Renault sera jugé pour ‘ tromperie aggravée ’ à la suite du scandale du ‘ Dieselgate ’, qui a également des répercussions en France. Renault a répondu “ qu’il défendrait son innocence, le professionnalisme et l’éthique de ses 100 000 salariés ”.”

La marque Renault est le deuxième constructeur automobile à être traduit en justice en France, après l'allemand Volkswagen. Au total, quatre constructeurs — Fiat-Chrysler, Peugeot-Citroën, Renault et Volkswagen — sont au cœur d'une polémique en France en raison de ce scandale ; tous ont été officiellement mis en examen en 2021.

En ce qui concerne Renault, le juge d'instruction a rendu vendredi l'ordonnance de renvoi en jugement, qui a été notifiée aux parties lundi, selon le parquet de Paris, contacté par l'agence de presse française AFP.

Cette mise en examen est conforme aux recommandations formulées par le procureur en juin 2025. Le procès de Renault ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois. L'audience préliminaire, une étape de procédure qui permet notamment de fixer les dates, est prévue le 1er avril 2027.

‘ Étalonnage spécial ’

Selon l'acte d'accusation du parquet, le constructeur est soupçonné d'avoir “ spécialement calibré ” des véhicules aux normes Euro 5 et Euro 6 vendus entre 2009 et 2017 afin qu'ils respectent les paramètres réglementaires lors des essais d'homologation, mais pas dans des conditions de conduite normales.

Cette tromperie présumée est aggravée par le fait que cet étalonnage aurait pu contribuer à la pollution atmosphérique par les oxydes d’azote, “ augmentant notamment le risque de maladies respiratoires chez l’homme ”. Le parquet a qualifié cette pratique de “ stratégie d’optimisation délibérée, adoptée collectivement ”.”

La réponse de Renault

Renault a réagi dans un communiqué, affirmant qu’il défendrait “ son innocence, le professionnalisme et l’éthique de ses 100 000 salariés ” devant les tribunaux. “Les véhicules Renault ont tous et toujours été certifiés conformément aux lois et réglementations françaises et européennes applicables”, a ajouté le constructeur, faisant valoir que la décision de renvoi “reconnaît que les véhicules Renault ne sont pas équipés de dispositifs frauduleux”.”

“ Cela a récemment été confirmé par la Haute Cour de justice de Londres, qui a rejeté toutes les plaintes déposées contre Renault par des fonds spéculatifs étrangers qui participent également à cette action en justice en France dans l'espoir cynique d'en tirer un profit financier ”, a officiellement déclaré le constructeur automobile français.

‘ Une indemnisation équitable ’

Représentant un grand nombre d'entreprises, allant des PME aux grandes sociétés, ainsi que de nombreuses collectivités publiques disposant d'importants parcs de véhicules diesel entre 2009 et 2016, les avocats Marc Barennes et Romain Boulet ont fait part à l'AFP de leur satisfaction concernant ce renvoi, espérant que leurs clients “ obtiennent un jugement condamnant Renault à leur verser une indemnisation équitable pour les préjudices subis ”. ”

” D’après les enquêtes menées, ces faits concerneraient probablement 1 768 006 véhicules Renault diesel Euro 5 et 294 790 véhicules Renault diesel Euro 6 vendus en France, soit un total de 2 062 796 véhicules et un chiffre d’affaires estimé à 32,9 milliards d’euros », ont-ils déclaré.

‘ Dangereux pour la santé ’

“ Ces manipulations ont eu pour conséquence de rendre l’utilisation de ces véhicules dangereuse pour la santé ”, ont également souligné les avocats, évoquant notamment l’impact des émissions de NOx produites par les véhicules diesel sur les voies respiratoires et les bronches. Volkswagen, quant à elle, a été renvoyée devant le tribunal correctionnel en janvier dernier pour “ tromperie, commise par une personne morale, sur des produits présentant un danger pour la santé humaine et animale ”.”

Une audience préliminaire dans le cadre de la procédure engagée en France contre le constructeur allemand est prévue le 18 décembre. Les faits qui lui sont reprochés couvrent la période allant de 2009 à 2016 et concernent près d’un million de véhicules diesel équipés du moteur EA189 TDI de 1,2, 1,6 et 2 litres des marques Volkswagen, Volkswagen Utilitaires, Seat, Audi et Skoda.

Compte tenu du nombre de véhicules concernés et du nombre de plaignants, ces procès prendront une ampleur considérable. Renault et Volkswagen encourent une amende de 750 000 €, qui peut être portée, proportionnellement au bénéfice tiré de l'infraction, jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires annuel moyen.

En outre, une interdiction d'exercer l'activité en question, ou certaines activités professionnelles ou commerciales, peut être prononcée.

D'autres suivront

Le parquet de Paris a également demandé que Fiat-Chrysler (ou FCA) et Peugeot-Citroën (ou PSA) soient renvoyés en jugement. La fusion qui a donné naissance à Stellantis n’avait pas encore eu lieu au moment des infractions. Toutefois, la décision finale quant à l’ouverture ou non d’un procès revient au juge d’instruction.

“ Nous accueillons cette nouvelle avec satisfaction et attendons désormais que le tribunal détermine l'ensemble des responsabilités ”, a déclaré François Lafforgue, qui représente des associations et des propriétaires dans l'affaire Volkswagen et pourrait également représenter des parties civiles dans l'affaire Renault.

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