Stellantis lance un projet pilote de robotaxis au Luxembourg

Stellantis s'est associé à Bolt et Pony.ai pour commencer à proposer des trajets en robotaxi au Luxembourg. Pas seulement dans la ville, mais dans tout le pays. Avec d'autres projets pilotes, de Zagreb à Munich en passant par Londres, 2026 s'annonce comme l'année où les robotaxis feront enfin leur apparition en Europe. 

Le Luxembourg est un petit pays, mais il semble avoir un grand appétit pour l'expérimentation réglementaire. Le Grand-Duché développe un cadre national pour la conduite automatisée depuis au moins 2025, se positionnant comme ce que les partenaires appellent un “ laboratoire vivant ” pour la mobilité autonome. En d’autres termes, un lieu où les nouvelles technologies peuvent être testées en conditions réelles de circulation, avec de vrais passagers, sous le regard attentif des autorités de régulation.

Avec un pilote de sécurité

Stellantis ne se laisse pas échapper l'opportunité offerte par ce cadre réglementaire. Le groupe s'associe à Pony.ai, spécialiste chinois de la conduite autonome, et à Bolt – le principal concurrent d'Uber – pour lancer un programme pilote de robotaxis. L'objectif, clairement énoncé dans le communiqué de presse, est de parvenir à une conduite sans conducteur d'ici la fin de la période d'essai. Celle-ci durera un an.

Pour être clair, le périmètre du projet ne se limite pas à la capitale du Luxembourg, mais s'étend jusqu'aux frontières du pays. Progressivement. Les premiers essais débuteront dans la petite ville de Bissen, avant que le périmètre ne soit élargi.

Cela permet de créer un environnement contrôlé où ce projet de taxi autonome, le premier du genre au Luxembourg, peut être testé sans la complexité d'une capitale animée. Un conducteur de sécurité reste à bord.

Pour Pony.ai en particulier, cela marque une nouvelle étape de sa stratégie, qui consiste à tirer parti de l'environnement réglementaire européen de plus en plus favorable. L'entreprise chinoise mène déjà des essais sur route à Zagreb, en Croatie, dans le cadre d'un partenariat distinct avec Uber et la start-up croate Verne. Le Luxembourg est la prochaine étape de ce parcours.

Il s'agit du monospace de taille moyenne Peugeot Expert. Il est construit sur la plateforme L4-Ready de Stellantis, une architecture modulaire développée par le constructeur automobile pour servir de base à des solutions d'autonomie de niveau 4.

Seuil de rentabilité

Le système de conduite autonome repose sur la technologie de septième génération (Gen-7) de Pony.ai, la même génération que celle déployée actuellement en Chine. Le programme permettra de valider la sécurité, les performances et la conformité réglementaire dans les conditions réelles de circulation au Luxembourg.

Ainsi, Pony.ai fournit le « cerveau » de la conduite autonome, Bolt gère la plateforme de réservation de courses et l'exploitation de la flotte, tandis que Stellantis apporte le matériel et son expertise en matière de fabrication.

Il est important de noter que, dans son pays d'origine, les robotaxis de la génération 7 de Pony.ai ont déjà atteint le seuil de rentabilité. C'est la seule entreprise spécialisée dans la conduite autonome à avoir publiquement affirmé que son activité était commercialement viable et couvrait ses propres coûts par trajet. À l'échelle mondiale, l'entreprise chinoise vise une flotte de plus de 3 000 robotaxis en 2026, contre environ 1 000 à la fin de l'année 2025.

Pour Bolt et Stellantis, il s'agit de leur premier projet de robotaxis. Aux États-Unis, le géant de l'automobile a conclu un accord avec Nvidia et Uber. L'objectif est de produire 5 000 robotaxis, dont la production en série devrait débuter en 2028. 

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