L'aéroport de Liège s'envole vers une année record, mais des turbulences se profilent

L'aéroport de Liège, le plus grand aéroport de fret de Belgique, a démarré l'année 2026 sur une trajectoire de croissance et devrait battre un record cette année.

Et pourquoi en serait-il autrement, alors qu'une étude récente de l'Université de Liège montre que l'aéroport est au cœur d'un écosystème regroupant près de 150 entreprises et soutient environ 12 600 emplois directs, indirects et induits ?

Mais la guerre au Moyen-Orient et la taxe européenne sur les colis sont également sources d'incertitude, explique Laurent Jossart, PDG de l'aéroport.

Avec l'aimable autorisation de la Chine

En 2025, l'aéroport de Liège a enregistré une croissance de 151 % par rapport à 2024, avec plus de 1,32 million de tonnes de fret traitées. Il s'agit de la deuxième meilleure année jamais enregistrée, après le record de plus de 1,41 million de tonnes établi en 2021.

C'est le secteur des colis en ligne qui a connu la croissance la plus spectaculaire : plus de 351 000 colis, soit un total de plus de 1,35 milliard de colis en ligne transitant par l'aéroport.

Cette augmentation du tonnage de fret traité se poursuit également en 2026. De janvier à mai, l'aéroport a enregistré une hausse de 101 TP3T par rapport à la même période l'année dernière.

Par ailleurs, AirBaltic commencera à assurer des vols vers Liège en octobre, ce qui signifie que l'aéroport proposera à nouveau des vols passagers – notamment vers les îles Canaries – après le départ de TUI fly plus tôt cette année.

Incertitudes

Pour autant, tout n'est pas rose. La guerre au Moyen-Orient et la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz sont sources d'incertitude et, surtout, entraînent une forte hausse des prix du kérosène, ce qui aura inévitablement des répercussions sur le secteur.

Et à partir de début juillet, une taxe européenne de 3 € sera prélevée sur chaque colis d'une valeur inférieure à 150 € entrant dans l'UE. Personne ne sait exactement quel en sera l'impact, mais on s'attend à une baisse des volumes.

30% du volume total de l'aéroport de Liège correspond à des importations issues du commerce électronique chinois, et 20% du volume total correspond à des exportations vers la Chine.

Par ailleurs, il est difficile d'évaluer l'impact des décisions prises par la Région wallonne, actionnaire majoritaire des aéroports de Liège et de Charleroi, visant à étudier la possibilité de réduire sa participation au profit d'investisseurs privés.

L'étude menée par l'Université de Liège – qui, coïncidence ou non, intervient à un moment où le gouvernement wallon envisage de revoir sa participation – confirme que l'aéroport de Liège, avec ses quelque 12 000 emplois, constitue un pôle économique majeur pour la Wallonie et met ainsi en évidence des conditions favorables à une éventuelle ouverture du capital.

Pollution sonore

Cependant, plusieurs communes belges et néerlandaises ont saisi le Conseil d'État l'année dernière pour contester le nouveau permis d'environnement délivré par le gouvernement wallon.

Ils font valoir que ce projet n'est pas assez strict en matière de pollution sonore liée aux vols de nuit et que les répercussions transfrontalières sur la santé et l'environnement n'ont pas été correctement évaluées.

L'apport de capitaux privés supplémentaires pourrait permettre de dégager des fonds d'investissement pour l'extension des capacités, mais le processus d'obtention des autorisations est très chaotique. Avant même que le Conseil d'État ne rende sa décision, le ministre wallon compétent révoque l'autorisation et relance la procédure.

Cela crée une zone d'incertitude juridique, tandis que les habitants craignent également qu'un aéroport davantage axé sur le commerce soit moins enclin à limiter la pollution sonore au détriment de sa croissance.

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