Le gouvernement bruxellois cherche à fixer une date pour un deuxième dimanche sans voiture, mais le processus ne se déroule pas sans heurts. Les réseaux sociaux, en particulier, où la ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), est la cible de critiques, notamment de la part d’associations citoyennes opposées au projet « Good Move », attisent les tensions.
La raison de toute cette agitation ? L'accord de coalition prévoit qu'à partir de 2027, le deuxième dimanche sans voiture à Bruxelles aura lieu le dimanche du Festival de l'Iris.
Cependant, le 9 mai 2027 est également la fête des mères, et les visiteurs venus de l'extérieur de la ville pour rendre visite à leur mère, à leurs parents ou à leurs grands-parents à Bruxelles craignent des complications supplémentaires et des problèmes de mobilité.
Rechercher une autre date
Mme Van den Brandt a déclaré au Parlement de Bruxelles que tous les détails devaient encore être finalisés, que d'autres dates – le 2 ou le 9 mai, ou encore le 6 juin – étaient à l'étude en concertation avec les différentes parties prenantes, et qu'elle espérait qu'une date puisse être fixée prochainement.
Selon Van den Brandt, le budget consacré au « Dimanche sans voiture » sera du même ordre de grandeur que celui de l’édition 2025. À l’époque, 150 000 euros avaient été consacrés à la communication et à la sensibilisation, 310 000 euros à la fermeture de la Région bruxelloise et des tunnels, et 350 000 euros à la prise en charge des transports en commun gratuits et à l’extension de l’offre. Des discussions avec les communes auront également lieu concernant le financement des activités.
Un deuxième « dimanche sans voiture » est-il utile ?
L'association de mobilité Touring s'étonne que le débat autour d'un deuxième dimanche sans voiture à Bruxelles porte principalement sur la date. Or, la véritable question concerne sa faisabilité et son coût. En d'autres termes, ne vaudrait-il pas mieux investir l'argent consacré à un tel dimanche sans voiture pour sécuriser un carrefour dangereux ?
Selon Touring, qui tient généralement son propre stand lors du ’ dimanche sans voiture “ pour proposer des contrôles gratuits des vélos, le système de mobilité bruxellois ” n’a pas besoin d’un deuxième dimanche sans voiture purement symbolique, mais plutôt de solutions concrètes qui fonctionnent toute l’année ».”
” Cela implique des transports en commun fiables, une meilleure accessibilité, des parkings relais efficaces, des infrastructures plus sûres pour tous les usagers de la route, ainsi que des alternatives crédibles pour ceux qui dépendent encore de la voiture. »
Dans un contexte budgétaire difficile, chaque euro devrait être affecté à des mesures qui améliorent réellement la mobilité quotidienne des citoyens, estime Touring.
Des bienfaits concrets pour la santé
D'autres associations de mobilité, telles que Mobiel 21 – une association qui contribue à coordonner les dimanches sans voiture organisés chaque année en Belgique et dont les adhérents, contrairement à ceux de Touring, ne sont pas majoritairement des automobilistes – ne partagent pas cette critique. L'association souligne l'importance d'un deuxième dimanche sans voiture, notamment pour maintenir la pression sur ces projets structurels précisément.
La directrice générale, Els Van den Broeck, cite également une étude récente publiée dans BRUZZ, qui montre que les niveaux de dioxyde d’azote (NO₂) lors des dimanches sans voiture à Bruxelles sont de 77 à 81% inférieurs à ceux d’un dimanche ordinaire.
Selon cette étude, le nombre de cas d’asthme chez les enfants diminuerait de 10 à 34% si la qualité de l’air était chaque jour aussi bonne que lors du “ dimanche sans voiture ”. « Pour moi, cela montre qu’un deuxième dimanche sans voiture n’est pas seulement symbolique, mais qu’il peut également apporter des bénéfices concrets pour la santé », explique Van den Broeck.
Brussels Environment, qui profite délibérément de cette journée pour montrer comment les espaces publics peuvent être aménagés différemment, sans donner la priorité à la voiture, souligne également l'impact de la réduction de la pollution sonore lors d'un dimanche sans voiture.
Par le passé, des baisses comprises entre 17,5 et 22,5 dB(A) ont été mesurées aux stations de surveillance situées le long des axes E40 et E411, ce qui correspond à une réduction de la pression acoustique de près de 99%. Ce chiffre revêt une importance pour la santé publique, car des études ont montré que le bruit de la circulation a coûté à la population bruxelloise près de 5 400 années de vie en bonne santé en 2021, soit en moyenne 4 mois par personne.


