Le contrôle technique automobile en Belgique divise l'opinion en trois camps, ce qui fait des vagues au sud

À compter du 1er septembre, la Flandre adoptera une approche radicalement différente de celle de Bruxelles en Wallonie en matière de contrôle technique des véhicules. Les voitures particulières ne devront être contrôlées que tous les deux ans, quels que soient leur âge ou leur kilométrage.

Cette mesure rapproche la Flandre du seuil minimal européen et de pays tels que l’Allemagne et la France. Elle rend toutefois le système belge, déjà régionalisé, nettement moins homogène, le transformant en un système à trois vitesses.

Les nouvelles règles étaient connues depuis un certain temps déjà, mais l'association de défense de la mobilité “ Touring ” a décidé de tirer à nouveau la sonnette d'alarme en mettant en garde contre le « tourisme du contrôle technique ».”

La réforme flamande suscite également des remous au sud de la frontière linguistique, où les responsables politiques et les organismes de contrôle craignent à la fois des risques pour la sécurité et une nouvelle vague de “ tourisme de contrôle technique ”.”

Éliminer les ‘ contrôles excessifs ’

Cette modification constitue la dernière étape en date de la refonte menée par la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), que Newmobility.news suit depuis plusieurs mois.

Son objectif est de mettre fin à ce qu'elle qualifie de “ sur-contrôle ”, de réduire les files d'attente et de diminuer les coûts. Les mesures prévues par le gouvernement devraient permettre, à terme, de réduire le nombre d'inspections de 1,7 million d'ici 2028, ce qui entraînera la suppression d'environ 500 emplois dans les centres d'inspection.

Jusqu’à présent, les véhicules anciens ou ayant un kilométrage élevé pouvaient se contenter d’un contrôle technique annuel. À partir de septembre, cette distinction disparaîtra. Même une voiture particulière âgée de 15 ans et totalisant 200 000 kilomètres pourra obtenir un certificat valable deux ans, à condition qu’elle soit présentée dans les délais et qu’elle passe le contrôle technique avec succès.

D'autres règles sont également assouplies. L'inspection spécifique après le montage d'un attelage sera supprimée ; les conducteurs disposeront d'un délai maximal de deux mois, au lieu de 15 jours, pour se présenter à nouveau après la constatation d'un défaut majeur ; et les irrégularités administratives n'entraîneront plus automatiquement la délivrance d'un certificat temporaire valable trois mois.

Les fourgonnettes passeront progressivement à des contrôles tous les deux ans entre 2026 et 2028, tandis que les taxis et les ambulances passeront de contrôles semestriels à des contrôles annuels.

La Belgique se divise

La Wallonie adopte une approche plus prudente. Sa ‘ prime ’ de deux ans reste réservée aux véhicules bien entretenus, âgés de huit ans au maximum et ayant parcouru moins de 110 000 km. Les véhicules plus anciens restent généralement soumis à un contrôle technique annuel. Bruxelles maintient également un régime plus strict pour les véhicules anciens.

Cet écart croissant a ravivé les craintes liées au “ tourisme du contrôle technique ”. Les automobilistes belges sont libres de se rendre avec leur véhicule dans un centre de contrôle technique situé dans une autre région, où celui-ci est contrôlé conformément aux règles techniques en vigueur dans cette région.

Il existe toutefois une restriction juridique importante : les certificats délivrés par une autre région ne sont acceptés que si la période de contrôle technique du véhicule n’a pas expiré.

Franchir la frontière régionale est donc légal, mais le simple fait de se servir de la Flandre pour échapper à une obligation annuelle wallonne ou bruxelloise n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît.

Les voitures de collection constituent une catégorie à part. En Flandre, les véhicules âgés de 30 à 49 ans immatriculés au titre du régime des voitures de collection sont contrôlés tous les deux ans, tandis que ceux âgés de 50 ans ou plus le sont tous les cinq ans. En revanche, un véhicule de plus de 30 ans immatriculé selon les modalités habituelles est soumis aux règles applicables aux voitures particulières ordinaires.

L'Europe change de cap

La réforme semblait entrer en conflit avec l'Europe lorsque la GOCA a averti en mai que l'UE préparait un « paquet sur le contrôle technique » plus vaste et plus sophistiqué, comprenant des contrôles des véhicules électriques, des logiciels, des systèmes d'aide à la conduite, des émissions et des données des véhicules. Ce point reste d'actualité. Mais en ce qui concerne la fréquence des contrôles, le vent politique européen a entre-temps tourné.

La Commission européenne avait initialement proposé des contrôles annuels pour les voitures et les camionnettes de plus de dix ans. Les ministres des Transports de l'UE ont rejeté cette exigence en décembre 2025. Le Parlement européen a confirmé en mai 2026 qu'il souhaitait lui aussi conserver la fréquence minimale de deux ans. Les négociations sur ce paquet de mesures se poursuivent.

La Flandre s'avère donc moins à contre-courant au niveau européen que ne le laisse entendre le débat belge. La France applique généralement un intervalle de deux ans, et l'Allemagne fait de même après la première inspection.

Les Pays-Bas appliquent des règles plus strictes concernant les véhicules anciens : les voitures à essence et électriques sont soumises à des contrôles APK annuels à partir de huit ans, tandis que les voitures diesel et au GPL doivent généralement passer un contrôle APK annuel à partir de trois ans. Au Luxembourg, les contrôles deviennent annuels après ceux effectués à 4 et 6 ans.

Le pari des voitures d'occasion

La modification flamande la plus controversée pourrait donc n'entrer en vigueur que le 1er janvier 2027, date à laquelle l'inspection obligatoire préalable à la vente des véhicules déjà immatriculés en Belgique sera supprimée.

Comme l’a rapporté Newmobility.news en juin, les chiffres de la GOCA pour 2025 expliquent pourquoi le secteur s’y oppose. Sur les 482 809 voitures d'occasion mises en vente en Flandre, 93 000, soit 19,31 TP3T, ont été refusées en raison d'un défaut grave ou dangereux, dont 9 624 présentant un défaut dangereux. Les centres flamands ont effectué un peu plus de 3,6 millions de contrôles au total l'année dernière.

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