Selon EV Belgium, l’association belge des véhicules électriques, les prix actuels des carburants fossiles à la pompe démontrent avant tout que la Belgique doit aller au-delà des mesures temporaires prises lorsque les prix du pétrole augmentent. Pour EV Belgium, cette tendance confirme que la transition vers la mobilité électrique n’est plus seulement une question climatique, mais aussi, de plus en plus, une question de pouvoir d’achat, de politique énergétique et d’indépendance géopolitique.
Lors de la présentation de sa nouvelle Charte 2030, la fédération sectorielle a déclaré qu’un parc de deux millions de véhicules électriques d’ici 2030 devenait de plus en plus réaliste et représentait une vision d’avenir réalisable si les bons choix politiques étaient faits dès aujourd’hui.
Nouvelle charte
La Charte, signée vendredi par les membres d’EV Belgium à Thor Park, à Genk, définit trois priorités à cet égard : premièrement, une feuille de route ambitieuse à l’horizon 2035 pour tous les segments de véhicules, incluant la mise en œuvre rapide de la directive RED III ; deuxièmement, une réorientation fiscale cohérente et continue de l'électricité vers les combustibles fossiles ; et troisièmement, le soutien au marché privé des véhicules électriques par le biais de la location longue durée et d'un marché de l'occasion dynamique.
EV Belgium se félicite de la réforme fiscale déjà en cours, qui réduit l'écart de prix entre les combustibles fossiles et l'électricité, mais la décrit explicitement dans la Charte comme “ une première étape, et non une fin en soi ”.”
“ Nous devons oser poser la question fondamentale : combien de temps encore voulons-nous que notre système de transport reste dépendant d’une source d’énergie sur laquelle la Belgique n’a aucun contrôle, que ce soit en termes de production ou de tarification internationale ? ”, s’interroge Philippe Vangeel, directeur d’EV Belgium.
La Charte définit comme objectif central la mise en circulation de deux millions de véhicules électriques d’ici 2030, objectif lié au doublement des infrastructures publiques de recharge, à un réseau électrique intelligent et flexible, ainsi qu’à une mobilité électrique qui reste l’option la moins chère pour le grand public. EV Belgium ne plaide pas pour un retour aux subventions générales à l'achat, mais plutôt pour un cadre prévisible dans lequel la conduite électrique devienne structurellement attractive.
Moins vulnérables
EV Belgium plaide en faveur de la mise en œuvre de la directive RED III d’ici 2027, afin que les conducteurs de véhicules électriques privés puissent eux aussi bénéficier de la valeur économique de l’électricité issue des énergies renouvelables. Les signataires de la Charte évoquent donc explicitement la mobilité électrique comme un levier d’autonomie stratégique : plus la transition vers l’électrification sera rapide, moins les ménages et les entreprises seront vulnérables aux chocs géopolitiques sur les marchés du pétrole et du gaz.
“ La mobilité électrique ne relève pas uniquement de la politique climatique. Elle touche également au pouvoir d'achat, à la politique énergétique et à la géopolitique. Chaque kilomètre que nous parcourons en utilisant de l'électricité belge et européenne plutôt que du pétrole importé contribue à réduire cette dépendance ”, souligne M. Vangeel.
Des économies impressionnantes
Une voiture particulière belge parcourt en moyenne 14 172 kilomètres par an (selon Car-Pass). Sur cette base,
EV Belgium a calculé le coût énergétique annuel indicatif d'une voiture à moteur thermique par rapport à celui d'une voiture électrique.
Selon EV Belgium, un conducteur de véhicule électrique peut facilement économiser 925 € par an ; le montant exact de cette économie varie en fonction du véhicule,
la consommation et les habitudes de recharge, mais l'ordre de grandeur est clair. Si l'on applique ces chiffres à un parc belge de deux millions de voitures particulières électriques en 2030, cela représente environ 1,8 milliard d'euros par an d'économies réalisées sur les coûts liés à l'essence et au diesel.

La Belgique doit aujourd’hui sa position dominante sur le marché des véhicules électriques principalement aux véhicules de société : environ 89% des véhicules électriques nouvellement immatriculés sont des véhicules de société. Pour qu’un changement structurel s’opère, le marché privé doit désormais emboîter le pas. Selon EV Belgium, des analyses montrent que le prix d’achat des véhicules électriques ne constitue plus un obstacle, car les véhicules neufs, dans presque tous les segments, coûtent le même prix, qu’ils soient électriques ou fonctionnant aux énergies fossiles.
Pour les fourgonnettes et les poids lourds, la consommation annuelle de combustibles fossiles est nettement plus élevée, tout comme
est leur vulnérabilité face aux prix élevés du diesel ; c'est précisément dans ce domaine que la Belgique a encore un retard important à combler, souligne EV Belgium.
Vangeel pose donc la question suivante : “ Qui paie aujourd’hui la facture du secteur belge des transports, où les véhicules parcourent parfois plus de 100 000 kilomètres par an ? C’est la prochaine analyse que nous allons mener. ”
Une identité revisitée
Avec le lancement de la Charte, EV Belgium dévoile également sa nouvelle identité visuelle, “ symbole de la transition même que connaît actuellement le marché belge des véhicules électriques : d'un marché pionnier axé sur un déploiement rapide vers un écosystème mature où la qualité, l'accessibilité financière et la confiance des utilisateurs occupent désormais le devant de la scène ”.”
La Charte décrit cette étape comme la transition “ du déploiement à la maturité ” : il ne s'agit plus simplement de disposer d'un nombre aussi élevé que possible de véhicules électriques et de bornes de recharge, mais d'offrir une gamme d'options adaptée, aux bons endroits, à des prix transparents et avec une expérience utilisateur fiable.
“ Compte tenu des prix actuels de l'énergie, nous sommes fermement convaincus que l'objectif de deux millions de véhicules électriques d'ici 2030 est plus réaliste que jamais. La technologie est en place, le réseau de recharge se développe et les arguments économiques en faveur de cette solution sont de plus en plus convaincants pour les automobilistes ”, conclut Philippe Vangeel.


