Audi aurait reporté la production de l'Audi A4 e-tron, entièrement électrique, au premier semestre 2029. La raison semble, une fois de plus, résider dans des problèmes liés à la mise en place de la nouvelle architecture électrique SSP du groupe Volkswagen.
Lancée pour la première fois en 1994, l’histoire des modèles de l’Audi A4 a semé la confusion chez certains clients ces dernières années : Audi a en effet modifié sa convention de dénomination, rebaptisant il y a deux ans l’A4 de dernière génération ’ A5 », au détriment du coupé du même nom, dont la production a été arrêtée.
Le raisonnement à l'époque était le suivant : les modèles à moteur thermique devaient porter des numéros impairs, tandis que les modèles électriques devaient porter des numéros pairs. Cependant, cette distinction a déjà été abandonnée sur les modèles plus récents, comme en témoignent les Audi A6 et Q6 actuelles, toutes deux disponibles avec différents types de motorisation.
Aujourd’hui, tant les clients que le secteur attendent avec impatience la prochaine A4, ce qui signifie que la désignation « A5 » pour la version à moteur thermique de ce modèle classique de taille moyenne sera à nouveau abandonnée. Mais surtout, il y aura enfin une Audi A4 e-tron entièrement électrique, dont le directeur du développement technique d’Audi, Rouven Mohr, a confirmé il y a quelques mois la commercialisation en 2028.
Concurrent absent
Ces projets auraient désormais été revus ; le journal allemand *Handelsblatt* rapporte que la production de l'Audi A4 e-tron ne débutera pas avant mars 2029 au plus tôt. Des sources internes citées dans l'article s'attendent à un démarrage encore plus tardif dans l'année.
Cela signifie qu'Audi ne disposera pas d'un modèle entièrement électrique capable de rivaliser avec le futur BMW i3 et le nouveau Mercedes-Benz Classe C 100 % électrique pour une durée maximale de trois ans.
Ce retard semble être dû à des problèmes liés à la mise en place de la nouvelle architecture pour véhicules électriques du groupe Volkswagen, déjà tristement célèbre, la « Scalable Systems Platform » (SSP), tandis qu'Audi utilise toujours la plateforme MEB pour l'Audi Q4 e-tron et la plateforme PPE pour l'Audi A6 e-tron et le Q6 e-tron.
Retard de trois ans pour le SSP
Volkswagen a évoqué pour la première fois le développement de la plateforme SSP en juillet 2021, sous la direction de son PDG de l'époque, Herbert Diess. À l'époque, il avait été annoncé que le premier modèle basé sur la SSP serait commercialisé dès 2026. Si l'Audi A4 e-tron devient effectivement le premier véhicule basé sur la SSP, le lancement de la plateforme aura été retardé d'environ trois ans.
Le SSP est conçu pour offrir une grande polyvalence. Selon une mise à jour technique destinée aux investisseurs de Volkswagen datant de septembre 2025, ce système modulaire électrique prendra par exemple en charge une tension de 400 volts pour les configurations à traction avant et de 800 volts pour celles à propulsion arrière, la transmission intégrale étant également possible. Outre les groupes motopropulseurs entièrement électriques, l'accent sera mis sur les batteries LFP, tandis que des véhicules à prolongateur d'autonomie seront également envisageables.
Une autre innovation majeure du SSP réside dans son architecture E/E par zones. Au lieu de déployer une multitude d’unités de commande individuelles, les fonctions seront organisées de manière plus centralisée via des ordinateurs par zone. VW associe explicitement la plateforme SSP à une architecture logicielle unifiée et au développement de véhicules définis par logiciel. C’est également là que la technologie de la plateforme SSP et celle de son partenaire américain Rivian convergent.
Qui donne les instructions techniques ?
Pour en revenir au lancement de l’Audi A4 e-tron, qui sera disponible en version berline et break (appelée ‘ Avant ’ chez Audi), selon le Handelsblatt, le lancement de la production a été retardé par des problèmes techniques, de longs processus de coordination au sein du groupe, ainsi que par la pression exercée par Volkswagen pour réduire les coûts, ce qui oblige l’entreprise à prolonger l’utilisation des plateformes de véhicules existantes.
En interne, il semblerait qu'un débat ait eu lieu pendant plusieurs mois pour savoir si le Groupe avait besoin d'un nouveau directeur technique chargé de définir les orientations de la nouvelle architecture SSP et de traiter d'autres questions techniques.
Moins complexe
Selon le rapport, le SSP sera désormais nettement moins complexe que prévu initialement. Au lieu des huit variantes initialement envisagées, le système modulaire électrique n'en comptera plus que quatre. Parallèlement, la part des composants communs devrait augmenter considérablement, et des commandes ont déjà été passées auprès des fournisseurs.



