Les derniers M7 sortent des chaînes de production alors qu'Alstom Bruges fait face à un avenir incertain

Au cours des prochaines semaines, le constructeur ferroviaire français Alstom va construire à Bruges les dernières rames à deux niveaux de type M7 destinées à la société ferroviaire NMBS/SNCB. La dernière des 751 rames commandées devrait être prête d’ici la fin de l’année, mais au-delà, l’avenir est totalement incertain – ou, au mieux, semé de points d’interrogation –, car le sort de l’usine et des quelque 500 personnes qui y travaillent reste flou.

De même, l'accord conclu par la société espagnole CAF, qui a décroché une commande de 180 rames auprès de la SNCB au détriment d'Alstom, en vue d'une collaboration avec l'usine de Bruges, reste pour l'instant assez vague.

Il reste encore 23 wagons à livrer

Selon le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), le site d'Alstom à Bruges – l'ancienne usine Bombardier – livre 3 à 4 voitures à la NMBS/SNCB toutes les deux semaines. Étant donné que 728 ont déjà été livrés, les 23 dernières rames devraient être livrées d'ici la fin de l'année.

Il se pourrait bien que ce soient les derniers trains construits dans cette usine de Flandre occidentale. L'usine dispose encore de plusieurs contrats d'entretien de matériel roulant, mais une fois ceux-ci arrivés à terme, ce sera le précipice.

Les discussions se poursuivent avec la CAF

Selon le ministre Crucke, qui a apporté des précisions sur cette question devant la commission de la mobilité de la Chambre, des discussions sont toujours en cours avec le constructeur ferroviaire espagnol CAF concernant un partenariat potentiel à Bruges.

Le ministre a également indiqué qu'il se rendrait en Espagne dans le courant de la semaine pour poursuivre les négociations sur cette question.

Il y a plus de trois ans, la NMBS/SNCB a lancé un appel d'offres européen pour ce contrat de plusieurs milliards d'euros, et c'est CAF qui a remporté le marché. La commande initiale porte sur 180 rames MR-30, pour un montant de 1,7 milliard d'euros, dont la mise en service est prévue à partir de 2030. Une commande supplémentaire de 130 rames pourrait être passée ultérieurement.

Cependant, Alstom et Siemens Mobility ont contesté l'appel d'offres devant le Conseil d'État, qui a rejeté les deux recours. Cette bataille juridique a retardé la commande de plus de six mois, et les tensions politiques liées aux pertes d'emplois potentielles chez Alstom Bruges ont également ralenti la conclusion de l'accord.

Le glas de l'usine de Bruges ?

La crainte des syndicats que l'appel d'offres de CAF ne sonne le glas de l'usine de Bruges pourrait bien se concrétiser, car on ignore encore dans quelle mesure le partenariat potentiel avec CAF débouchera sur des résultats concrets.

La SNCB a mis en service la première rame M7 début 2020. Les livraisons ont pris un retard considérable, surtout au début. Alstom a dû verser un total de 108 millions d'euros d'amendes à ce titre.

Les syndicats d'Alstom ont toujours souligné que l'entreprise française proposait des prix nettement inférieurs à ceux de CAF et que les trains étaient financés par l'argent des contribuables. La SNCB a toujours insisté sur le fait qu'elle respectait la législation européenne et que la décision était fondé sur le rapport qualité-prix.

M. Crucke a confirmé mercredi que la société espagnole restait ouverte à un éventuel partenariat, tout en précisant qu'Alstom n'avait encore rien confirmé – et encore moins les conditions financières dans lesquelles celui-ci pourrait se concrétiser.

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