Le BRAL, mouvement urbain bruxellois, ainsi que d'autres organisations de la société civile, signalent une erreur juridique dans l'ordonnance relative au report du renforcement de la zone à faibles émissions (LEZ) dans la Région de Bruxelles-Capitale.
En raison d'une référence à un article erroné, de nombreuses voitures diesel et essence circuleront “illégalement” à Bruxelles. Selon BRUZZ, qui a révélé la nouvelle sur son site web, la situation concerne 35 284 voitures et 8 512 véhicules utilitaires légers immatriculés dans la région.
Référence erronée dans l'ordonnance
L'année dernière, en octobre, le parlement bruxellois a voté une nouvelle ordonnance reportant à 2027 le renforcement de la LEZ prévu pour le 1er janvier 2025 - il concernait les véhicules répondant à la norme Euro 5 pour le diesel et à la norme Euro 2 pour l'essence.
L'initiative de ce report est venue du MR, des Engagés, du PS et de l'Open Vld, qui étaient parvenus à un accord sur la question avant la formation d'un nouveau gouvernement bruxellois, à la grande colère des partis verts.
Toutefois, selon la BRAL, l'ordonnance contient une référence erronée qui remet en question l'ensemble du report. De nombreuses voitures diesel et à essence circulent illégalement à Bruxelles aujourd'hui.
Près de 44 000 véhicules impliqués
En effet, l'ordonnance fait référence à un article erroné du décret de 2018 du gouvernement bruxellois, et non à l'article sur la norme Euro 5 pour les voitures diesel et la norme Euro 2 pour l'essence. L'article fait référence aux normes Euro 6 et Euro 3, qui ne seront de toute façon interdites qu'à partir de 2028, a déclaré la BRAL.
Par conséquent, les voitures diesel (Euro 5) et les voitures à essence (Euro 2) de la Région de Bruxelles-Capitale sont en infraction. Elles ne seraient plus autorisées à pénétrer dans la LEZ depuis le 1er janvier. Selon BRUZZ, cela concernerait 35 284 voitures et 8 512 véhicules utilitaires légers.
Une nouvelle ordonnance rétroactive est nécessaire
Selon les juristes à qui BRUZZ a demandé des précisions, une nouvelle ordonnance rétroactive doit être votée pour résoudre le problème.
La BRAL déclare qu'elle saisira la Cour constitutionnelle si l'ordonnance n'est pas modifiée d'urgence. Si le Parlement bruxellois vote une nouvelle ordonnance, la BRAL envisagera alors de faire appel du report de la LEZ.
Le ministre de l'Environnement Alain Maron (Ecolo), compétent et démissionnaire, souligne que la révélation de la BRAL peut concrètement signifier que l'administration doit émettre des amendes LEZ pour des catégories spécifiques de véhicules.
“Toutefois, il va sans dire que nous protégeons les citoyens de bonne foi de ce risque. En d'autres termes, les conducteurs qui enfreindraient accidentellement les règles plus strictes de la LEZ ne se verront pas infliger d'amende par l'administration régionale.
M. Marron estime également que l'erreur devrait être corrigée immédiatement pour mettre fin à la confusion. Il rappelle également qu'il avait signalé à l'époque les risques juridiques de l'ordonnance.
“Le changement brutal, avant les élections municipales, par voie d'ordonnance, sans consultation préalable, sans l'avis du groupe de travail LEZ, sans l'avis de l'administration et sans l'avis du Conseil d'Etat sur la validité juridique du système, a été perçu comme une manœuvre risquée”.”
Entre-temps, le MR a admis l'existence d'une erreur technique et dit qu'il travaille à une solution, bien qu'il soit bloqué par le retard.



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