Les médecins rééducateurs de l'UZ de Gand souhaitent que le port du casque de vélo devienne obligatoire en Belgique. Après tout, moins d'un tiers des Belges (29%) portent un casque de vélo, mais sur près de quatre victimes sur dix d'accidents corporels impliquant des bicyclettes et des vélos à pédales qui se sont retrouvées dans un hôpital belge en 2023, il y avait une lésion cérébrale, la moitié d'entre elles ayant même une lésion du crâne.
La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), n'est pas favorable à l'idée de le rendre obligatoire et préfère mettre l'accent sur la sensibilisation.
Protection importante
Cependant, un casque de vélo protège contre les conséquences graves ou fatales d'un accident. Le risque de blessures graves à la tête diminue de 60% pour ceux qui portent un casque. Le risque d'un coup mortel est même inférieur de 70%.
Pour les jeunes de moins de 25 ans, le port du casque de vélo est d'autant plus important que leur cerveau est en plein développement. Souvent, une blessure n'est prise au sérieux que plusieurs mois après l'accident, alors que le jeune continue à avoir des problèmes de concentration et de fatigue.
Pas de règle commune de l'UE
En Suède, en Espagne et en France, par exemple, le port du casque de vélo est donc déjà obligatoire pour les enfants. Les médecins rééducateurs gantois souhaitent maintenant que cette obligation s'applique également en Belgique, mais pour tous les cyclistes. Dans l'Union européenne, le port du casque n'est actuellement obligatoire pour les adultes qu'en Espagne et en Slovénie, lorsqu'ils circulent en dehors des zones urbaines.
“Il s'agit d'une mesure préventive importante qui, avec le soutien du gouvernement, peut permettre de réaliser des économies, notamment parce que les coûts médicaux et sociaux des lésions cérébrales diminueront”, ont déclaré les médecins, qui lancent leur appel à l'occasion de la journée du casque de vélo (9 avril).
Le port du casque n'est pas obligatoire dans les pays qui pratiquent le cyclisme, comme les Pays-Bas. Actuellement, 5% des cyclistes masculins et 3% des cyclistes féminins aux Pays-Bas portent un casque. Cependant, si tous les cyclistes néerlandais portaient un casque, on estime qu'il serait possible d'éviter chaque année entre 100 et 110 décès sur les routes et entre 1 700 et 1 900 blessés graves.
Contre-productif
Si l'on en croit la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), il n'y aura pas de casque obligatoire, bien que la circulation soit une compétence fédérale. Mme De Ridder souhaite “convaincre davantage de personnes de prendre le vélo plus souvent”.”
Selon elle, ce n'est pas en imposant ou en rendant les choses obligatoires que l'on y parviendra. “Je suis convaincue qu'un casque de vélo peut éviter des blessures (graves). C'est pourquoi nous faisons beaucoup d'efforts pour sensibiliser les gens. Par exemple, cette année, nous subventionnons la journée du casque à vélo organisée par la Ligue contre les traumatismes crâniens.”
L'Union des cyclistes s'oppose également depuis un certain temps à l'obligation de porter un casque de vélo. Son porte-parole, Wies Callens, souligne, comme le ministre, les effets contre-productifs d'une telle mesure. ’Si vous commencez à obliger les gens à porter des casques, ils feront moins de vélo, ce qui est préjudiciable à leur santé.
Automatisme
Selon M. Callens, les recherches montrent que le port du casque protège contre les blessures graves. L'Union des cyclistes encourage donc tout le monde à en porter un et soutient de nombreuses campagnes de sensibilisation.
À Bruxelles, 65% des cyclistes portent déjà un casque, tandis que le port du casque augmente également en Flandre. Par exemple, 38% des Flamands qui disposent d'un vélo par l'intermédiaire de leur employeur sont obligés de porter un casque lorsqu'ils utilisent leur vélo, ce qui est une question d'assurance. Et plus les gens prennent leur vélo, plus ils commencent à porter un casque.
“Mais une obligation est actuellement un pont trop loin”, insiste l'Union des cyclistes. En revanche, l'organisation insiste sur l'investissement dans des infrastructures sûres afin de réduire le nombre d'accidents impliquant des cyclistes. En 2023, l'institut de la circulation Vias a dénombré 11 912 accidents corporels impliquant des vélos et des speed pedelecs.
Jeudi, le centre de rééducation de l'hôpital accueillera une randonnée cycliste avec casque, à laquelle participeront environ 80 patients. La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) donnera le signal de départ. Elle ne se prononce pas expressément pour ou contre une obligation, mais estime que le port du casque à vélo devrait devenir “un automatisme”.”



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