Finalement, pas de trains CAF espagnols pour la NMBS/SNCB ?

Le Conseil d'État belge a suspendu la décision de la société publique des chemins de fer NMBS/SNCB de désigner l'espagnol CAF comme soumissionnaire privilégié pour l'achat de nouvelles rames. La décision a été prise après que le co-soumissionnaire Alstom a saisi la justice pour demander sa suspension.

Le Conseil estime que la NMBS/SNCB n'a pas été suffisamment transparente dans sa décision. Par conséquent, la compagnie ferroviaire ne peut pas entamer de négociations avec la CAF pour le moment.

Critique de la CAF

Fin 2022, la SNCB a lancé un appel d'offres pour la livraison de 180 nouveaux autorails MR30. La société ferroviaire a reçu trois offres pour ce contrat d'un milliard de dollars : une de la société espagnole Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF), une de la société allemande Siemens et une d'Alstom. Après une analyse fondée sur divers critères, dont la qualité technique, CAF est apparu comme le soumissionnaire préféré.

Mais ce choix a été mal vécu par l'entreprise française Alstom qui, contrairement à CAF, possède des usines en Belgique - elle emploie 3 000 personnes sur ses sites de Bruges et de Charleroi. Bernard Belvaux, directeur général de la branche Benelux de l'entreprise, a même qualifié cette décision de “choquante”.”

M. Belvaux a également indiqué que la proposition d'Alstom était plus de 100 millions d'euros moins chère que celle de CAF, alors que la note globale n'aurait été que très légèrement en faveur de l'Espagnol.

Le choix de la CAF s'est également heurté à une forte résistance politique, en partie parce qu'il existe des indications selon lesquelles la société construit des lignes ferroviaires dans le territoire palestinien occupé, plus précisément l'extension du tramway de Jérusalem (JLR).

Cette expansion comprend l'extension de la ligne rouge existante et la construction d'une nouvelle ligne verte, qui relient toutes deux les colonies israéliennes illégales de Jérusalem-Est occupée à Jérusalem-Ouest.

Le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) a toutefois rappelé que la décision avait été prise à l'unanimité fin février par le conseil d'administration de la SNCB, qui comprenait des représentants de la N-VA, du CD&V, du Vooruit et du MR, ainsi que des partis d'opposition Open VLD, Groen, PS et Ecolo.

La NMBS/SNCB attend un autre jugement

Mais le Conseil d'État siffle maintenant le retour de la SNCB. Selon la Cour, la décision de la SNCB n'indique pas quelle méthode a été utilisée pour évaluer la qualité technique des différentes offres. Elle “méconnaît ainsi le principe de transparence” qu'une entreprise publique doit respecter lors de l'attribution de marchés publics.

En réaction, la SNCB indique que la procédure d'adjudication ne semble pas devoir être répétée et qu'il s'agit d'un arrêt de la chambre francophone du Conseil d'État. Un appel est encore en cours devant la chambre néerlandophone, de sorte que la SNCB ne souhaite pas encore faire de déclaration définitive.

La compagnie ferroviaire insiste toujours sur le fait que la commande des autorails dans les délais impartis “est d'une grande importance pour le renouvellement du parc de matériel roulant et pour faire face à la croissance du nombre de passagers, comme le prévoit le contrat de service public conclu avec l'État belge”.”

NMBS/SNCB souhaite signer le contrat de 3,4 milliards d'euros avant le 1er mai. Les premières livraisons, représentant 54 000 des 170 000 sièges, interviendraient alors d'ici la fin de l'année 2029.

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