La Belgique s'apprête à faire volte-face sur les avantages fiscaux accordés aux véhicules hybrides rechargeables sous la pression de l'UE

Le gouvernement belge de l'Arizona semble de plus en plus acculé dans sa tentative controversée de rétablir les allégements fiscaux pour les véhicules hybrides rechargeables dans les flottes d'entreprise. Il apparaît clairement que les mesures proposées enfreignent probablement les engagements pris précédemment par la Belgique dans le cadre du programme de relance post-COVID-19 de l'UE, et la pénalité pour la réintroduction de cette mesure incitative pourrait être coûteuse. Une perspective peu favorable dans un contexte de crise budgétaire gouvernementale croissante.

La coalition avait l'intention de rétablir la déductibilité fiscale totale ou quasi totale pour les véhicules hybrides rechargeables à partir de 2026, en alignant leur traitement fiscal sur celui des véhicules entièrement électriques et en revenant au cadre précédent. Les hybrides rechargeables émettant moins de 50 g de CO₂/km bénéficieraient d'une déductibilité pouvant atteindre 100% en 2026, qui diminuerait légèrement pour atteindre 95% en 2027. Même les “ faux hybrides ” (véhicules émettant plus de 75 g de CO₂/km) pourraient bénéficier d'une déductibilité pouvant atteindre 75%.

Rester fidèle à ses principes

Ces propositions renversent effectivement l'orientation budgétaire établie par l'ancien ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V). Ce dernier avait progressivement supprimé les avantages fiscaux accordés aux véhicules électriques rechargeables (PHEV) depuis mi-2023, dans le but de les supprimer complètement d'ici 2028. Cette politique était conforme à l'engagement pris par la Belgique auprès de l'Union européenne de limiter les avantages fiscaux accordés aux véhicules de société aux modèles zéro émission, dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience (RRF).

La Commission européenne campe désormais sur ses positions et prévient que tout recul par rapport à cet engagement aurait des conséquences financières. Plus d'un milliard d'euros d'investissements dans la mobilité verte et 282 millions d'euros de subventions REPowerEU pourraient être en jeu. En vertu de la réglementation européenne, le non-respect des réformes convenues peut entraîner la suspension des paiements, voire le recouvrement des fonds déjà versés. La lutte s'annonce rude.

Saper les progrès

EV Belgium, le groupe national de défense de la mobilité électrique, a réitéré cette mise en garde, affirmant qu'investir dans les véhicules hybrides entrave les progrès vers la décarbonisation. “ Il est illogique d'investir des fonds publics dans une technologie dépassée ”, a fait remarquer le directeur Philippe Vangeel. “ Le soutien public devrait être orienté vers des solutions durables et tournées vers l'avenir, telles que le développement d'infrastructures de recharge. ”

Le cabinet de l'actuel ministre des Finances Jan Jambon (NV-A) affirme officiellement que des “ discussions confidentielles ” sont en cours avec la Commission, comme le rapporte De Tijd. Le journal révèle également que le cabinet de Jambon étudie la possibilité de limiter cette mesure incitative à un groupe cible spécifique : les indépendants.

C'était également l'objectif initial du rétablissement de l'allègement fiscal pour les véhicules hybrides rechargeables : aider des centaines de milliers de travailleurs indépendants et de propriétaires de PME à passer des anciens véhicules de société à essence et diesel à des options plus respectueuses de l'environnement. Cependant, le média Fleet.be indique que des sources proches du ministre suggèrent que la pression européenne a déjà conduit le gouvernement à supprimer la composante relative à la déductibilité des véhicules hybrides rechargeables du cadre de l'impôt sur les sociétés.

Baisse de la part de marché

Cependant, officiellement, aucune décision définitive n'a encore été prise. À l'heure actuelle, les options dont dispose le gouvernement sont limitées : soit aller de l'avant et risquer des sanctions de la part de l'UE, soit adapter la réforme fiscale afin de respecter les engagements existants, ce qui revient essentiellement à poursuivre l'approche de Van Peteghem.

Dans le même temps, les ventes de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) continuent de baisser en Belgique, leur part de marché passant de 16,11 % à 6,71 % cette année, selon le groupe industriel Traxio. Une légère reprise est attendue si le projet fiscal est approuvé, mais compte tenu de l'incertitude qui règne, une telle reprise semble aujourd'hui plus improbable que jamais.

L'avenir des hybrides rechargeables en Belgique est incertain, mais les perspectives n'ont jamais semblé aussi sombres depuis que le gouvernement de l'Arizona a proposé cette idée pour la première fois. Étant donné que les politiques automobiles ont déjà été élaborées autour d'une stratégie axée sur les véhicules électriques, on peut se demander si ce revirement serait regrettable.

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