Selon un nouveau rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) publié mardi, plus de 20% d'Européens - soit plus d'un sur cinq - sont exposés à des niveaux malsains de bruit des transports. Si l'on se réfère aux recommandations plus strictes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce chiffre s'élève à plus de 30%, soit près d'un citoyen sur trois.
“Des niveaux de bruit extrêmement élevés nuisent à la santé humaine, à l'environnement et à l'économie”, affirment les experts. Le rapport appelle à une action plus décisive aux niveaux européen et national pour s'attaquer au problème.
“On estime que 112 millions de personnes dans les 31 pays européens analysés sont exposées à des niveaux de bruit à long terme provenant de sources routières, ferroviaires et aériennes qui dépassent les seuils fixés par les directives de l'Union européenne”, écrit l'Agence.
Le trafic routier est considéré comme la principale source de pollution sonore, en particulier dans les zones urbaines densément peuplées, où le nombre de personnes affectées est le plus important.
Impacts importants sur la santé
La pollution sonore n'est pas seulement une gêne, elle peut avoir des effets considérables sur la santé. L'exposition à long terme au bruit des transports en Europe est liée à un large éventail d'effets négatifs sur notre santé, notamment des maladies cardiovasculaires, des maladies mentales, du diabète et même des décès prématurés.
Selon le rapport, les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables aux effets du bruit. D'après de nouvelles recherches, l'exposition au bruit chez les enfants contribue aux troubles de la lecture, aux problèmes de comportement et à l'obésité.
Nocif pour la faune et la flore terrestres et marines
Comparé à d'autres menaces environnementales pour la santé en Europe, le bruit des transports se classe parmi les trois premières, juste derrière la pollution de l'air et les facteurs liés à la température (climatiques). En outre, il a un impact plus important sur la santé que des risques mieux connus tels que le tabagisme passif ou l'exposition au plomb. La pollution sonore a également un impact sur la faune et la flore terrestres et marines.
L'autorité européenne basée à Copenhague prévient que “l'objectif de l'UE en matière de pollution zéro, qui consiste à réduire le nombre de personnes chroniquement gênées par le bruit des transports de 30% d'ici à 2030, a peu de chances d'être atteint sans mesures supplémentaires”.”
Mesures préventives
Des mesures supplémentaires doivent être prises pour s'attaquer au problème aux niveaux européen et national, par exemple en améliorant l'accès aux espaces verts et calmes dans les villes, indique le rapport, citant des données recueillies en 2021 auprès de 31 États membres de l'EEE - les 27 pays de l'UE plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
En outre, les stratégies à long terme pour les zones urbaines qui donnent la priorité aux mesures préventives, telles que la création de zones tampons entre les couloirs de transport et les zones résidentielles, ou la promotion d'options de mobilité durable telles que les transports publics, la marche et le vélo, peuvent également être bénéfiques.


