Le conseil d'administration de la société publique belge des chemins de fer NMBS/SNCB a reporté sa décision de désigner l'espagnol CAF comme soumissionnaire privilégié pour une commande d'un milliard d'euros de nouveaux wagons. La décision de la NMBS/SNCB a suscité de nombreuses critiques politiques, et les concurrents de CAF, Alstom et Siemens, ont également introduit un recours devant le Conseil d'État.
Dans sa réaction, la SNCB/NMBS fait référence aux avis juridiques et techniques dont elle a pris connaissance “et qui valident l'évaluation de la direction” concernant la décision de désigner CAF comme soumissionnaire privilégié pour le contrat d'achat du MR30. D'autres “éléments de justification” ont également été notés, a déclaré la NMBS/SNCB.
Affaire devant le Conseil d'Etat
Fin février, la SNCB a désigné le constructeur de trains espagnol CAF comme soumissionnaire privilégié pour la construction de centaines de nouvelles rames MR30. Il s'agit d'un contrat d'une valeur comprise entre 1,7 et 3,4 milliards d'euros. Cette décision fait suite à une procédure d'appel d'offres au cours de laquelle les concurrents Alstom et Siemens se sont retirés.
Or, le français Alstom, qui emploie 3 000 personnes sur ses sites de Bruges et de Charleroi, était 100 millions d'euros moins cher que CAF, selon le PDG, alors que le score global n'aurait été que très légèrement en faveur de l'espagnol. Siemens et Alstom ont donc saisi le Conseil d'État, qui a décidé à la mi-avril, en faveur d'Alstom, de suspendre les négociations entre NMBS/SNCB et CAF.
Le conseil d'administration désapprouve
Malgré cette suspension, la direction de la SNMB/SNCB a maintenu son choix pour la CAF. Mais le conseil d'administration, qui compte plusieurs personnalités politiques, n'a pas donné son accord vendredi. Les administrateurs du CD&V ont notamment insisté sur une décision permettant l'emploi à Bruges et à Charleroi. Le vice-premier ministre Vincent Van Peteghem (CD&V) aurait également fait valoir ce point au sein du cabinet restreint.
Une réunion supplémentaire du conseil d'administration aura lieu en juillet, au cours de laquelle le nœud sera peut-être tranché. Le député CD&V et échevin de Bruges Franky Demon demande aux autres partis représentés au Conseil d'administration de la SNCB de soutenir la position du CD&V à cette occasion.
“Pour nous, ce prix n'est pas une question purement technique. Il s'agit de centaines d'emplois, de familles touchées et de l'avenir de notre industrie”, a-t-il déclaré. “Nous ne permettrons pas que plus de 600 emplois chez Alstom à Bruges soient mis sous pression sans un examen approfondi des conséquences sociales et économiques.”
La députée verte Staf Aerts s'oppose également aux négociations avec la CAF parce que l'entreprise opère dans des colonies israéliennes illégales en Palestine.
Le ministre rappelle les règles de l'UE en matière de marchés publics
Le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) a souligné dans sa réponse que c'est le conseil d'administration qui devra en fin de compte nouer le nœud. “Le conseil d'administration ne peut pas s'abriter derrière le pouvoir politique pour reporter une décision qui relève exclusivement de sa compétence.”
Dans l'hémicycle, M. Crucke a déjà souligné que les règles européennes en matière de marchés publics ne permettent pas à la compagnie ferroviaire d'accorder un avantage à une entreprise parce qu'elle produit en Belgique.


