La NMBS/SNCB maintient son choix en faveur des 600 nouveaux trains espagnols CAF

Le conseil d'administration de la société ferroviaire publique belge NMBS/SNCB a finalement choisi le constructeur de trains espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles) comme soumissionnaire privilégié pour la fourniture de nouveaux wagons.

Il s'agit d'un contrat portant sur un maximum de 600 nouvelles rames d'ici 2034, pour un montant estimé entre 1,7 et 3,4 milliards d'euros. La première phase porte sur 180 wagons, pouvant accueillir 54 000 sièges.

Les autres candidats, le français Alstom et l'allemand Siemens, peuvent toutefois encore faire appel de la décision.

Les trains de la CAF consommeraient moins d'énergie

CAF n'était pas le candidat le moins cher, mais il a obtenu la meilleure note sur la base de tous les critères considérés. Par exemple, les trains de l'entreprise espagnole consommeraient moins d'énergie, ce qui se traduirait par une réduction significative des coûts à long terme.

Le concurrent Alstom, entre autres, a introduit un recours devant le Conseil d'État contre cette décision. Suite à cela, ce dernier a décidé de suspendre les négociations entre NMBS/SNCB et CAF, les jugeant trop peu transparentes.

La NMBS/SNCB a ensuite procédé à de nouveaux calculs, qui ont à nouveau donné la préférence à la CAF. Le conseil d'administration à coloration politique a maintenant décidé de “réaffirmer CAF comme soumissionnaire privilégié, et ce sur la base d'une justification qui tient compte de l'arrêt du Conseil d'État”, et poursuivra les consultations avec CAF pour parvenir à un accord final. Toutefois, la compagnie ferroviaire demandera à CAF de concrétiser le processus de réflexion visant à s'appuyer sur des fournisseurs locaux.

Plus d'ancrage local

Cette décision a de nouveau suscité de vives critiques, tant de la part des syndicats que des hommes politiques. Selon les syndicats, qui avaient réclamé de l'emploi et de la production dans leur propre pays, ce choix sonne le glas d'Alstom à Bruges.

“Outre les 600 employés d'Alstom, de nombreux fournisseurs de la région seront touchés, car l'ancrage local remonte à plusieurs décennies. Les fournisseurs Team Industries à Roulers et Televic à Izegem, entre autres, sont directement concernés.”

Les syndicats plaident également en faveur d'un débat et d'une révision de la loi sur les marchés publics. “La Belgique est en queue de peloton européen pour l'attribution des marchés publics. Il est normal que nous options pour l'emploi et la production chez nous”, affirment-ils. Alstom elle-même “prendra le temps d'évaluer l'impact sur Alstom et nos options”.”

‘Les règles de l'UE en matière de marchés publics sont suivies de manière trop stricte’

Le parti gouvernemental CD&V se demande également pourquoi la Belgique offre si peu de protection à ses propres emplois. “Les conséquences de cette décision sont lourdes”, déclare le député Frank Demon. “Les conséquences socio-économiques n'ont pas été prises en compte. Pourtant, Alstom n'était pas seulement moins cher, c'était aussi un partenaire éprouvé dans notre pays”, ajoute M. Demon, qui est également échevin à Bruges.

Pour information : CAF a déjà fourni des tramways à De Lijn (Flandre) et à MIVB/STIB (Bruxelles) et a fait partie du consortium Tram'Ardent pour le tramway de Liège (Wallonie).

Selon M. Demon, les règles européennes en matière de marchés publics ont été suivies de manière trop stricte. Il insiste sur le fait qu'en dépensant de l'argent public, il faut également tenir compte des conséquences sociales et économiques.

‘Un choix irresponsable’

La réaction du PVDA va dans le même sens : “Il est incompréhensible et carrément scandaleux qu'une entreprise publique belge choisisse de sacrifier des centaines d'emplois locaux, alors que toute l'expertise nécessaire est présente ici. Les employés et leurs familles paieront le prix fort pour ce choix irresponsable”, déclare le parti d'opposition.

Le Vlaams Belang considère que l'intention de NMBS/SNCB de demander à CAF de produire une partie de la commande en Belgique “est une simple aubaine pour les employés locaux d'Alstom, car il n'y a aucune garantie d'une telle production locale”. Pour le parti d'extrême droite, “le nombre d'emplois locaux en jeu est beaucoup trop important pour que cette décision de NMBS/SNCB soit prise à la légère”, et il demandera les éclaircissements nécessaires à la commission parlementaire compétente.

Pas de coopération avec l'occupation israélienne

La seule réaction positive d'un point de vue politique vient de Groen, bien qu'il s'agisse d'une intention différente de la part de la NMBS/SNCB. La compagnie ferroviaire demande désormais explicitement à la CAF de confirmer que ses activités respectent le droit international et les droits de l'homme, suite aux critiques selon lesquelles elle coopérerait avec les occupations israéliennes. “Investir dans nos transports publics, s'il vous plaît, mais pas s'il y a du sang dessus”, a déclaré M. Groen.

“Ce n'est que lorsque la CAF aura complètement cessé ses activités dans les colonies illégales que nous pourrons passer à l'ordre proprement dit. Si ce n'est pas le cas, la CAF commet un manquement à la parole donnée et l'ordonnance ne peut pas être exécutée”.”

Le ministre espère des emplois et de la sous-traitance en Belgique

Enfin, le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) s'attend à ce que la commande de la SNCB à CAF débouche effectivement sur la création d'emplois et d'opportunités de sous-traitance en Belgique. M. Crucke souligne tout d'abord qu'il s'agit d'une décision autonome de la SNCB et que la société ferroviaire a suivi les règles européennes en matière de passation de marchés, sans laisser de place à la “préférence nationale”.”

Mais, ajoute-t-il, “je m'attends à ce que ce contrat profite à l'économie belge en termes d'emploi, de sous-traitance et d'innovation industrielle. La livraison du premier train est prévue pour 2029. ”Tout retard compromettrait notre objectif stratégique d'augmenter la part du rail de 30% d'ici 2032“, a ajouté M. Crucke.

La commande comprend également des trains à batterie qui remplaceront à terme les trains diesel actuels.

Le carnet de commandes d'Alstom est plus que bien rempli

Les syndicats d'Alstom à Bruges craignent que l'échec de ce contrat d'un milliard de dollars ne sonne le glas de leur entreprise, mais le fabricant français de matériel roulant a enregistré une hausse de 2,8% de son chiffre d'affaires, à 4,5 milliards d'euros, au premier trimestre de l'exercice fiscal en cours, et a vu ses commandes augmenter de 11,8%, à plus de 4 milliards d'euros, contre 3,7 milliards d'euros au cours de la même période de l'exercice fiscal précédent.

L'entreprise confirme également ses objectifs de croissance organique des ventes de 3 à 5% pour cette année. Et malgré un plongeon dans le rouge attendu de moins un milliard d'euros pour le premier semestre, la trésorerie pour l'ensemble de l'année devrait redevenir positive de 200 à 400 millions d'euros.

L'Europe représente 85% des commandes reçues. Les commandes comprennent un contrat de 1,7 milliard d'euros pour la fourniture de 96 trains RER NG en Ile-de-France et un contrat d'environ 600 millions d'euros pour la fourniture de 35 e-trains interrégionaux en Bulgarie. L'année dernière, Alstom a également remporté un contrat de 3,6 milliards d'euros pour la fourniture de trains régionaux dans le nord-ouest de l'Allemagne.

Outre ses usines en France et en Belgique, Alstom possède des sites de production en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Pologne, en Inde, en Chine (par le biais de coentreprises), aux États-Unis, au Brésil, au Mexique, au Canada, au Royaume-Uni, au Kazakhstan et en Afrique du Sud, entre autres, pour la construction de trains et de composants de trains.

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