Négociations entre 175 pays débutera demain à Genève, en Suisse, à l'occasion d'une conférence internationale sur les droits de l'homme. et historique visant à réduire considérablement la pollution plastique. Un traité juridiquement contraignant devrait être prêt d'ici deux semaines, marquant une avancée comparable à l'accord de Paris sur le climat.
La pollution plastique est un problème environnemental majeur. Des sacs en plastique dans l'estomac des tortues de mer aux microplastiques dans le lait maternel, le plastique s'est infiltré dans les moindres recoins de la planète. On l'a trouvé dans les grands fonds marins et sur le mont Everest, dérivant avec les glaces de l'Arctique et flottant sous forme de minuscules particules dans les nuages.
Principales maladies
Une nouvelle étude du Lancet montre que la pollution plastique contribue fortement aux principales maladies, notamment les maladies cardiaques, le cancer et le diabète, et qu'elle affecte de manière disproportionnée les nourrissons, les enfants et les communautés vulnérables.
Si rien n'est fait, le problème du plastique ne fera que s'aggraver. Pire encore, il faudra de toute façon des décennies, voire des centaines d'années, pour qu'il se dégrade complètement. Entre-temps, les preuves de dommages écologiques s'accumulent. Et nous n'avons même pas mentionné les nombreuses substances toxiques qui sont parfois ajoutées au plastique, ni le CO2 qui est libéré lors de sa production.
Deuxième chance
Quand le monde a décidé, lors d'un sommet environnemental des Nations unies en 2022, qu'un traité international sur la pollution plastique était nécessaire, c'était un signe d'espoir. La cinquième réunion du comité intergouvernemental de négociation des Nations unies, qui s'est tenue en décembre 2024 à Busan, avait pour objectif d'aboutir à un traité mondial juridiquement contraignant. Elle était censée être la dernière, mais les pays sont restés très éloignés les uns des autres sur la portée fondamentale d'un traité et n'ont pu se mettre d'accord que sur le report de décisions clés.
Aujourd'hui, cet optimisme n'est plus guère de mise, car le traité qui devait être mis en place l'année dernière ne s'est pas concrétisé. Les négociations qui débutent demain (et se poursuivront jusqu'au 14 août) constituent donc essentiellement une seconde chance.
La réunion de Genève est considérée comme la dernière occasion réaliste de s'accorder sur un traité contraignant couvrant l'ensemble du cycle de vie des plastiques, de la conception et de la production à l'utilisation et à l'élimination.
Il est essentiel de s'attaquer à la pollution
Au cours des vingt dernières années, la production de plastique a pratiquement doublé et devrait encore tripler d'ici 2026, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il est donc urgent d'agir.
Malheureusement, certains États membres de l'UE et de nombreux pays d'Afrique et d'Amérique latine ne voulaient signer qu'un traité limitant la production, alors qu'il est également essentiel de s'attaquer à la pollution.
Selon une analyse de l'OCDE, seuls 10 % environ des plastiques produits dans le monde sont recyclés. La plus grande partie finit toujours dans des décharges, où le risque d'être emporté par le vent ou par les eaux est important.
Produits chimiques nocifs
Mais il y a plus sur la table des négociations à Genève. Par exemple, des accords urgents doivent être conclus sur l'utilisation de produits chimiques nocifs qui sont souvent ajoutés au plastique pour lui conférer certaines propriétés (comme les retardateurs de flamme ou la protection contre les UV). Les plastiques contiennent quelque 4 200 additifs toxiques, dont certains sont liés à des cancers, à des troubles hormonaux et à des troubles du développement.
Il est également nécessaire d'examiner dans quelle mesure les pays riches sont prêts à contribuer à l'amélioration du traitement des déchets dans les pays en développement.
Dernière chance
Genève pourrait être la dernière occasion d'adopter un traité mondial suffisamment solide pour freiner la pollution plastique à la source, préserver la santé humaine et garantir la justice environnementale. Il pourrait bien s'agir du traité multilatéral le plus important depuis l'Accord de Paris.
Cependant, il n'est pas certain que l'on puisse espérer un accord à Genève. En juin, 95 pays ont appelé à un accord ‘ambitieux’ et contraignant, mais il n'est pas certain que leurs homologues abandonnent leur résistance, surtout maintenant qu'ils semblent avoir Trump de leur côté.
Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, se sont retirés de l'accord de Paris sur le climat. Washington sous Trump a également coupé le financement des autres pays pour les programmes de lutte contre le changement climatique, et a commencé à mettre en œuvre des droits de douane sur les pays, y compris des alliés comme le Canada et le Mexique.
Ainsi, soit il n'y aura pas de traité, soit un traité inadéquat, soit les 95 pays ambitieux signeront leur propre accord limité, mais pas sous le drapeau de l'ONU, ce qui ne représenterait pas grand-chose non plus.
L'UE est devenue moins ambitieuse
Un autre facteur dans ce contexte est que l'attention portée aux questions environnementales a diminué récemment en raison des rivalités géopolitiques, des guerres et des préoccupations économiques. Malheureusement, l'UE est devenue moins ambitieuse dans sa lutte contre le changement climatique et la pollution.
L'UE a montré des signes d'affaiblissement de certaines de ses politiques axées sur le climat, comme la prolongation du délai accordé aux constructeurs automobiles pour se conformer aux nouveaux objectifs en matière d'émissions, l'assouplissement des exigences en matière de rapports sur le développement durable et l'élargissement des exemptions pour sa taxe carbone aux frontières.
Nous connaissons des fluctuations dans le mouvement climatique. Peut-être devrions-nous attendre que le vent tourne à nouveau...


