Le Ring de Bruxelles n'est long que de 75 km, mais il peut être considéré comme un symbole de la complexité communale de la Belgique. L'Association des Travaux (De Werkvennootschap), une entité du gouvernement flamand créée pour s'attaquer à des projets complexes, vient de conclure un accord avec l'organisation environnementale Dryade sur le réaménagement du Ring de Bruxelles, qui permettra l'ajout d'une voie supplémentaire. Mais c'est sans compter sur l'incurie du gouvernement bruxellois.
Le gouvernement bruxellois en charge des affaires courantes maintient sa position et ne veut pas de voie supplémentaire. Bien que le tronçon du Ring de Bruxelles en question soit situé en territoire flamand, le gouvernement bruxellois peut s'opposer aux projets car les effets du réaménagement, tels que les émissions, le bruit et la pollution de l'air, sont également perceptibles dans la Région de Bruxelles-Capitale.
Limitation de vitesse réduite
L'accord entre l'association des travailleurs et Dryade concerne le réaménagement de la moitié nord du Ring de Bruxelles, plus précisément le tronçon entre Zaventem et Groot-Bijgaarden.
Dryade s'est opposée au plan d'élargissement de ce tronçon du Ring de Bruxelles parce qu'il comporte plusieurs réserves naturelles sensibles à l'azote, telles que le Bois de Laarbeek et le Wolvertemse Beemden.
L'augmentation du nombre de voies sur les autoroutes peut apporter un soulagement temporaire, mais à long terme, elle entraîne souvent une augmentation du trafic et des embouteillages, ce qui se traduit par une hausse des émissions d'azote et de particules.
L'association des entreprises n'a pas voulu s'engager dans une longue bataille juridique et a modifié ses plans. Elle a proposé une voie supplémentaire au lieu de deux sur certaines parties de l'itinéraire, ainsi que de nombreuses mesures d'accompagnement pour les transports publics, des passerelles pour vélos et des passages pour animaux sauvages supplémentaires. En outre, elle a adapté la demande de permis aux normes les plus récentes et les plus strictes, au lieu de travailler avec des valeurs d'azote dépassées datant de 2013.
La limite de vitesse sera également réduite à certains endroits. Actuellement, la limite de vitesse sur le Ring de Bruxelles est de 100 km/heure. À l'avenir, cette limite sera dynamique à proximité des réserves naturelles : plus les émissions d'azote sont élevées à ce moment-là, plus la vitesse autorisée sera réduite.
‘Plus de voies, c'est plus d'embouteillages’
La ministre bruxelloise de la Mobilité sortante, Elke Van den Brandt (Groen), est satisfaite de la mesure visant à améliorer les émissions d'azote. Cependant, elle n'est pas d'accord avec l'ajout d'une voie supplémentaire sur certaines parties de l'itinéraire, qui restera en place. “Notre avis était clair : nous voulons un accord qui n'attire pas de trafic supplémentaire à Bruxelles”, dit-elle.
“Un scénario dans lequel un tronçon supplémentaire de 10 km est ajouté n'est pas une option pour moi. Tous les experts indépendants sont d'accord : plus de voies signifie plus de trafic et, en fin de compte, des embouteillages plus importants.”
“Si la Flandre devait supprimer le tramway express vers Bruxelles, qui a été suspendu, et envoyer en même temps plus de soins à Bruxelles, cela signifierait plus de pollution de l'air et plus d'embouteillages dans et autour de notre capitale. Il est temps de faire des choix tournés vers l'avenir pour une mobilité plus douce et plus saine.”
Le veto de Bruxelles est possible
Le gouvernement bruxellois peut en effet s'opposer aux plans flamands, par exemple en faisant appel au Conseil d'État ou en déposant une plainte auprès de la Commission européenne s'il estime que le projet viole la législation européenne en matière d'environnement.
Pour le périphérique Est, à proximité de Zaventem, le permis a été accordé et les travaux préparatoires ont commencé. En revanche, pour les zones de projet du périphérique nord, les plans et le permis environnemental associé ne sont pas encore en place.
En outre, le périphérique traverse le territoire bruxellois à deux endroits. Par conséquent, une demande de permis sera également à l'ordre du jour du (prochain) gouvernement bruxellois. En particulier, l'élargissement du ring avec une voie supplémentaire à Wemmel-Jette sera probablement rejeté par les autorités bruxelloises.
Infrastructures routières obsolètes
Pour le gouvernement flamand, cette quatrième voie est nécessaire pour lutter contre le trafic de transit dans les communes environnantes et pour éviter les conflits entre les voies d'accès et le trafic de transit, car l'infrastructure routière actuelle est obsolète.
Les critiques, cependant, disent que cela ne fait que traiter les symptômes et que la Flandre n'a pas de vision de la mobilité qui transcende la pensée centrée sur la voiture (60% du budget de la mobilité va à l'infrastructure routière, comparé à 20-25% pour le transport public et une part plus petite pour les projets de cyclisme, mais ceux-ci sont cependant en croissance rapide).
“À l'heure où le gouvernement flamand investit des sommes sans précédent dans la reconstruction du Ring de Bruxelles afin d'améliorer la mobilité autour de la capitale, y compris des investissements dans les connexions cyclables et les transports publics, je trouve très inapproprié et particulièrement incongru qu'un gouvernement aux affaires courantes et aux chiffres budgétaires exsangues continue de s'opposer à ces plans avec véhémence”, répond la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA).
Cependant, elle ne mentionne pas que le poids de la dette de la Flandre est plus important que celui de Bruxelles en termes absolus. ’J'espère que le prochain gouvernement bruxellois, lorsqu'il sera formé, se concertera et agira de manière constructive sur cette question.“


