Des zombies dans les rues ? Vias met en garde contre les comportements dangereux des jeunes dans la circulation routière.

Les accidents de la route restent l'une des principales causes de décès et de blessures chez les jeunes. Cela s'explique notamment par le fait que les jeunes, en particulier les garçons, ont souvent un comportement risqué dans la circulation.

Une étude de l'Institut Vias, par exemple, montre que quatre adolescents sur dix ne bouclent pas toujours leur ceinture de sécurité lorsqu'ils voyagent à l'arrière d'une voiture. Et deux sur trois envoient des messages avec leur smartphone lorsqu'ils sont à vélo. Une autre tendance est que les jeunes conduisent régulièrement des scooters électriques avec plus d'une personne à bord.

Les adolescents dans la circulation ne sont pas souvent étudiés

Selon Vias, peu d'études ont été menées en Belgique sur la mobilité et la sécurité routière des adolescents. Cependant, les statistiques officielles belges montrent que les jeunes âgés de 15 à 19 ans représentent 10% de l'ensemble des victimes de la route en Belgique. L'année dernière, on a dénombré 4 609 victimes de la route âgées de 15 à 19 ans, pour la plupart des cyclomotoristes ou des cyclistes.

Vias a donc mené sa propre étude sur la perception de la sécurité routière par les adolescents âgés de 15 à 19 ans, sur les comportements qu'ils adoptent et sur leur perception de la sécurité. Grâce à une méthode d'échantillonnage, près de 1 500 adolescents ont été interrogés dans 24 écoles différentes en Belgique.

Taux de mortalité (décès dans les 30 jours) par accident de la circulation entre 2014 et 2023 en Belgique, par âge. Source : Statbel : Statbel ; Infographie : Institut Vias.

Vélo

Et qu'a trouvé Vias ? En tant que cycliste, il est illégal d'utiliser son téléphone portable en roulant. Pourtant, plus de la moitié des jeunes, soit environ 53%, déclarent avoir enfourché leur vélo tout en parlant au téléphone portable au cours du mois écoulé.

Deux personnes sur trois, soit 65%, ont envoyé ou lu un message texte ou consulté les médias sociaux pendant qu'elles étaient à vélo. Toutefois, si vous êtes pris en flagrant délit, l'amende peut être salée : l'utilisation d'un téléphone portable dans la circulation peut entraîner une amende immédiate de 174 euros.

Près de 90% des jeunes utilisent aussi fréquemment leur téléphone, y compris des écouteurs ou des casques pour écouter de la musique, tout en marchant dans la rue au lieu de prêter attention à la circulation.

La moitié d'entre eux admettent également rouler dans l'obscurité sans lumière, ce qui est une infraction très dangereuse. 28% déclarent avoir fait du vélo au cours des 30 derniers jours, alors qu'ils avaient peut-être dépassé la limite légale d'alcoolémie.

Autre élément à prendre en compte : un jeune sur cinq (20,7%) déclare qu'il y a des pistes cyclables dans la plupart des rues, et environ un sur sept (14,6%) affirme que ces pistes cyclables sont séparées de la chaussée ou de la circulation.

Influence de l'interdiction des téléphones portables dans les écoles en Wallonie

Aujourd'hui, c'est aussi le jour de la rentrée scolaire en Wallonie et dans la région francophone de Bruxelles. Elle est marquée par l'interdiction des smartphones dans l'enseignement primaire et secondaire.

Mais Vias craint l'impact de cette mesure sur la sécurité routière. “Nous risquons de rencontrer une armée de zombies sur le chemin de l'école”, déclare Benoît Godart, porte-parole de l'institut Vias.

M. Vias craint en particulier que les adolescents, qui ont dû se passer de leur téléphone huit heures par jour à l'école, se précipitent sur leur téléphone portable en rentrant chez eux et fassent donc moins attention à la circulation et aux autres usagers de la route. Selon Vias, cela pourrait conduire à une augmentation significative du nombre d'accidents de la route impliquant des adolescents dans les semaines à venir.

Scooter électrique

Sept utilisateurs d'e-scooters sur dix indiquent également avoir conduit un e-scooter avec plus d'une personne au cours du mois écoulé, alors que seuls 22% d'entre eux portent un casque. En outre, huit personnes sur dix admettent rouler sur le trottoir parce qu'elles se sentent plus en sécurité.

Seule une minorité considère que les scooters électriques avec passager, soit environ quatre sur dix, et le cyclisme sans casque, soit deux sur dix, sont risqués. En revanche, la mesure visant à rendre le port du casque de vélo obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans est la plus soutenue par les adolescents : sept jeunes sur dix y sont favorables.

Toutefois, ce soutien diminue de moitié si la mesure est étendue aux utilisateurs d'e-scooters et tombe encore à 31% si elle s'applique à tous les cyclistes.

Voiture

17% des jeunes interrogés indiquent également qu'il leur arrive d'être passager sur le siège avant d'un véhicule sans porter la ceinture de sécurité. Sur le siège arrière, ce chiffre est de près de quatre sur dix (38%).

En revanche, l'amende pour encaissement immédiat est de 116 euros, plus les frais administratifs. Autre fait marquant : seuls 46% des jeunes considèrent qu'il est risqué de se trouver dans une voiture sans porter la ceinture de sécurité sur le siège arrière.

Une politique de tolérance zéro pour la conduite sous l'influence de l'alcool est soutenue par environ six adolescents sur dix si elle s'adresse aux conducteurs novices. Ce soutien diminue si la mesure s'applique à tous les conducteurs (4 sur 10), et encore plus si elle est étendue aux cyclistes (3 sur 10).

Répartition du principal moyen de transport utilisé pour se rendre à l'école au cours de l'année scolaire, par beau et mauvais temps (en %).

Les garçons prennent la tête

En général, un jeune sur quatre, soit 24%, déclare prendre plus de risques lorsqu'il est avec des amis. Un jeune sur sept, soit 14%, cède parfois à la pression de ses pairs. Autre fait marquant, 65% des jeunes victimes âgées de 15 à 19 ans sont des garçons.

En général, les élèves du secondaire se rendent le plus souvent à l'école en transports publics (environ 1 sur 3), puis en vélo non électrique (25%) par beau temps ou comme passager d'une voiture par mauvais temps.

Les parents doivent donner l'exemple

M. Vias souligne l'importance pour les parents de donner le bon exemple dans la circulation et de maintenir une communication ouverte avec leurs enfants. L'enquête montre aussi, par exemple, que 74% des parents dépassent parfois la limite de vitesse et que 53% ont déjà conduit en tenant un téléphone portable avec leurs enfants dans la voiture.

“Cette étape de la vie est particulièrement propice à l'encouragement et au renforcement des comportements sains, y compris la promotion des modes de transport actifs et la prévention des comportements à risque dans la circulation”, explique M. Vias.

Sur le site web www.benikzo.be, Disponible uniquement en néerlandais et en français, ce programme permet aux jeunes de mieux comprendre leur comportement à risque et de recevoir des conseils spécifiques sur la manière de se comporter en toute sécurité sur la route.

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