Jamais auparavant la police belge n'avait enregistré autant d'infractions au code de la route (9,2 millions) que l'année dernière. Cela représente une augmentation de 10,7 % par rapport à l'année précédente, soit le chiffre le plus élevé jamais atteint. Le nombre de petits excès de vitesse, en particulier, a fortement augmenté.
Au total, les conducteurs ont été pris en flagrant délit d'excès de vitesse plus de 7,6 millions de fois, soit près de 13 % de plus que l'année précédente. Par rapport à 2018, ce chiffre a même doublé. La forte augmentation du nombre d'infractions pour excès de vitesse est principalement attribuée à l'augmentation des contrôles de la vitesse moyenne et au déploiement de caméras mobiles.
Dans le même temps, une nouvelle enquête de la Fondation flamande pour la sécurité routière (Vlaamse Stichting Verkeerskunde, VSV) révèle qu'un nombre croissant de conducteurs affirment faire presque toujours attention à leur vitesse.
Il y a aussi une minorité qui continue à ignorer les limitations de vitesse. C'est pour eux que le VSV lance jeudi une nouvelle version de la campagne ‘Ta vitesse, ma sécurité’ (Jouw snelheid, mijn veiligheid), soutenue par des écoliers.
“L'application plus stricte de la loi contribue à une diminution du nombre de tués sur les routes”, déclare Werner De Dobbeleer, porte-parole du VSV. Le nombre de tués sur les routes est tombé à 470 l'année dernière, le niveau le plus bas jamais enregistré, ce qui indique une tendance lente vers notre objectif de zéro mort sur les routes d'ici 2050.
Récidivistes
Par ailleurs, le gouvernement souhaite sanctionner plus rapidement les récidivistes. Ceux-ci échappent souvent à des sanctions plus sévères parce que la police n'a pas connaissance des amendes administratives (GAS). Pour remédier à ce problème, l'accord de coalition a annoncé la création d'une base de données pour les récidivistes.
Cette base de données devrait permettre de traquer et de sanctionner plus efficacement les récidivistes en combinant, entre autres, les amendes administratives et les infractions enregistrées par la police.
Lien entre vitesse et sécurité
Le met explicitement l'accent sur le lien entre une vitesse adaptée et la sécurité de l'automobiliste et des autres usagers de la route. Le respect de la limite ne réduit pas seulement le risque d'accident, mais permet également aux cyclistes, aux piétons, aux enfants et aux personnes âgées de se sentir plus en sécurité dans la circulation.
Pourquoi faut-il respecter les limitations de vitesse ? Parce que vous voyez mieux et que vous avez plus de temps pour réagir calmement et de manière appropriée aux situations imprévues. Une collision à 30 km/h est rarement mortelle. Cependant, unet 50 km/h, l'impact est beaucoup plus important et les blessures possibles plus graves.
La campagne du VSV a été lancé jeudi matin à Edegem (Anvers), où les enfants de l'école primaire municipale Andreas Vesalius ont applaudi les automobilistes qui respectaient la limitation de vitesse.

L'enquête VSV précédente remonte à 2019. À l'époque, respectivement 69 et 63 pour cent des personnes interrogées indiquaient qu'elles respectaient (presque) toujours les limitations de vitesse en agglomération et dans les zones scolaires. Aujourd'hui, ces chiffres sont passés à 82 % dans les deux situations.
Le risque de se faire prendre a également augmenté. Près d'un tiers des personnes interrogées (29%) ont reçu une amende pour excès de vitesse au cours de l'année écoulée, contre 19% en 2019. Étonnamment, cela n'entraîne pas de malentendus, bien au contraire. Le nombre de conducteurs qui comprennent l'importance de respecter la limitation de vitesse a également augmenté.
Cependant, une minorité reste incorrigible : 18% déclarent ne pas respecter systématiquement les limitations de vitesse dans les agglomérations ou dans les zones scolaires, et 28% ne le font pas sur les autoroutes.
100 km/h sur les autoroutes néerlandaises
Entre-temps, la mentalité concernant la vitesse a également changé aux Pays-Bas. Lorsque la limitation de vitesse à 100 km/h en journée (de 6 h à 19 h) a été introduite sur l'autoroute en mars 2020, elle n'a pas fait que des heureux. Aujourd'hui encore, 45% préférerait rouler à 130 km/h. Pourtant, plus de la moitié des automobilistes considèrent que la limite de 100 km/h est appropriée sur l'autoroute, principalement pour des raisons environnementales, de sécurité et de coût..
Il est toutefois frappant de constater que les conducteurs qui conduisent rarement sont plus susceptibles d'être positifs, tandis que les usagers fréquents de l'autoroute le sont un peu moins. Le respect des règles est également élevé : près de la moitié des personnes interrogées déclarent qu'elles respectent ‘toujours” les limites fixées, et environ 25% déclarent qu'elles respectent ‘souvent’ les règles.
Une opposition importante en Flandre
Aujourd'hui, cinq ans après l'introduction de la mesure, la limitation de vitesse à 100 km/h sur les autoroutes bénéficie toujours d'un large soutien de la part du public, mais ceux qui les utilisent de manière intensive préféreraient une limitation de vitesse plus élevée. Les arguments avancés sont l'allongement de la durée des trajets et les préférences personnelles.
En mai 2025, la ministre flamande du Climat, Melissa Depraetere (Vooruit), a plaidé en faveur d'une réduction similaire de la vitesse à 100 km/h, citant les avantages pour le climat, la sécurité, la consommation de carburant et la fluidité du trafic. Toutefois, sa proposition s'est immédiatement heurtée à une forte opposition.
Selon le député CD&V Kris Poelaert, il s'agirait d'une mesure “que les gens ne comprendraient pas” et qui serait perçue comme une “mesure d'intimidation”, difficile à respecter et, par conséquent, contre-productive.


