Après une demi-décennie d'attente, Polestar a dévoilé son vaisseau amiral tant attendu, la Polestar 5, lors du salon IAA Mobility à Munich. Présentée pour la première fois en 2020 sous la forme du concept Precept, la GT électrique de performance est désormais entrée en production avec des chiffres de puissance et une technologie qui la placent directement en concurrence avec la Taycan de Porsche et la BMW i7. Mais sans pare-brise arrière - tout comme la 4.
L'élégante quatre portes fastback est construite sur la plateforme en aluminium collé propre à Polestar, connue sous le nom de Polestar Performance Architecture (PPA). Il s'agit du premier véhicule à rouler sur une structure sur mesure développée en interne.
Les ingénieurs affirment que le cadre léger offre une rigidité en torsion “supérieure à celle des supercars”, tout en intégrant des objectifs de développement durable grâce à des matériaux recyclés.
Puissant et très puissant
Au lancement, les clients auront le choix entre deux variantes à double moteur. La version standard développe 748 ch et 812 Nm de couple, accélérant de 0 à 100 km/h en 3,8 secondes avec une vitesse maximale limitée électroniquement à 250 km/h. Grâce à sa batterie de 112 kWh (106 kWh utilisables), le modèle a une autonomie estimée à 670 kilomètres selon la norme WLTP.

Mais dans ce segment, on ne peut pas se passer d'une version sportive. La version Performance porte la puissance à 884 ch et 1 015 Nm, réduisant le temps de réponse à 3,2 secondes au détriment de l'autonomie, qui tombe à 565 kilomètres.
Les deux versions fonctionnent sur une architecture électrique de 800 volts, ce qui permet de charger jusqu'à 350 kW et de recharger de 10 à 80 % en 22 minutes. Polestar s'approvisionne en cellules NMC auprès de SK On, et la structure de la batterie elle-même est intégrée au châssis pour une meilleure protection contre les chocs.
Les prix reflètent l'ambition de la marque de se positionner résolument sur le territoire du luxe. En Europe, la Dual Motor est proposée à partir de 121 900 euros, tandis que la Performance affiche un prix de base de 145 300 euros. Les livraisons sont prévues pour le premier semestre 2026.
Kamm-tail arrière
Sur le plan dimensionnel, la Polestar 5 s'étend sur près de cinq mètres. Sa silhouette est très proche de celle du concept Precept, avec une ligne de toit basse, un arrière Kamm-tail et un toit panoramique en verre de plus de deux mètres de long.
La 5 renonce à la traditionnelle lunette arrière, qui a été accueillie avec des sentiments mitigés sur la 4, et une caméra haute définition projette la vue sur le rétroviseur numérique.
À l'intérieur, Polestar a opté pour un aménagement minimaliste, axé sur la technologie. Un écran portrait de 14,5 pouces gère l'infodivertissement, avec le logiciel Android intégré de Google, soutenu par un cluster numérique de 9 pouces et un affichage tête haute de 9,5 pouces.
Un système de surveillance du conducteur fonctionne en tandem avec onze caméras externes, des radars et des capteurs à ultrasons pour permettre des fonctions avancées d'aide à la conduite. Remarquable : Le LiDAR, présent sur la 3, n'est pas proposé.

Les sièges avant développés par Recaro, les garnitures intérieures durables et le système Bowers & Wilkins à 21 haut-parleurs en option mettent l'accent sur le confort et la durabilité. Bien qu'il s'agisse avant tout d'un véhicule à quatre places, la banquette arrière peut accueillir un cinquième passager grâce à une découpe dans le plancher de la batterie qui offre un espace supplémentaire pour les pieds.
Une perte énorme
Pour Polestar, la 5 représente une voiture phare, et le futur roadster, Polestar 6, devrait en partager les bases. Toutefois, à l'époque où l'entreprise a décidé de donner le feu vert à ses modèles phares, le monde était différent. Sans droits de douane, avec de fortes ambitions pour la clientèle chinoise et en prévision de la création de nouvelles opportunités grâce aux chaînes cinématiques électriques.
La réalité est beaucoup plus compliquée pour Polestar, qui a perdu la majeure partie de sa valeur depuis qu'elle a été séparée de sa société mère, Volvo, il y a trois ans.
La semaine dernière, la marque a publié ses résultats trimestriels, avec des pertes se creusant à 888 millions d'euros, contre 231 millions d'euros en 2024. Malgré des revenus plus élevés, les tarifs douaniers pèsent sur le fabricant de véhicules électriques endetté, tandis que le SUV 3 n'a pas rencontré le succès escompté par l'entreprise et qu'il est grevé d'une énorme dépréciation.
Les modèles 5 et 6 sont loin de pouvoir inverser cette spirale négative, puisque la Chine a complètement tourné le dos à la marque et que les États-Unis mettent fin ce mois-ci aux mesures d'incitation en faveur des VE.
Polestar dépend de plus en plus du marché européen, qui est déjà consolidé et fortement dominé par les anciennes marques. Mais si le design a le dernier mot, il reste peut-être un peu d'espoir pour Polestar.


