BYD a la réputation d'être une marque de véhicules électriques. Pourtant, en Belgique, son modèle le plus vendu est équipé d'une chaîne de traction hybride rechargeable. Après la Seal U DM-i, le constructeur chinois fait coup double avec la Seal 6 DM-i, disponible en berline ou en break. Les deux modèles affichent des chiffres impressionnants, mais la conduite est-elle aussi excitante ?
Pour BYD, la technologie hybride rechargeable est une bénédiction. Comme la marque n'a pas encore l'effet de levier des marques premium occidentales dans le secteur des voitures d'entreprise, où les véhicules purement électriques règnent en maîtres, la solution lui ouvre les portes du marché des voitures particulières.
En outre, les VEHR sont exemptés des tarifs douaniers punitifs de l'UE, ce qui permet au constructeur automobile de conserver une plus grande partie des recettes supplémentaires générées par ces véhicules (les tarifs supplémentaires appliqués aux VE ne sont pas répercutés sur le client, mais absorbés).

Et il y a une autre aubaine à saisir en Belgique. Le gouvernement ayant décidé d'étendre les incitants fiscaux de 100% pour les PHEV destinés aux travailleurs indépendants, BYD a toutes les raisons de continuer à promouvoir cette technologie. Jusqu'à présent, seule la Seal U était proposée avec la technologie Dual Motor-intelligent (DM-i), mais cela est sur le point de changer.
Une proposition simple
Le Seal 6 DM-i rejoint désormais le Seal U, un modèle disponible en version berline et break, connu sous le nom de Touring. Ces modèles sont exclusivement proposés en version PHEV.
Pour BYD, cela signifie apporter en Belgique sa toute première familiale européenne : un type de carrosserie qui a autrefois dominé les routes européennes et qui est en fait partiellement relancé par la start-up chinoise, alors que les marques héritées doutent de leur avenir. Pensez à MG, qui a lancé la Five, premier break électrique en Europe.
À première vue, la Seal 6 est une proposition simple. La taille du modèle est presque identique à celle d'une Volkswagen Passat, mais son prix (entre 36 990 euros pour la berline et 43 990 euros pour la Touring) est plus proche de celui d'une Golf. Cette simple équation, plus que toute autre, explique pourquoi BYD pense avoir identifié une lacune sur le marché.

Pour être précis, la Seal 6 mesure 4,84 mètres de long, 1,88 mètre de large et 1,51 mètre de haut. Elle occupe donc le même territoire que les breaks du segment D, même si BYD insiste pour la qualifier de voiture du segment C.
Quelle que soit l'étiquette, la réalité est que le Touring doit faire face à des rivaux comme la Passat Variant mentionnée plus haut, à côté de la Superb Combi, et la Peugeot 508 SW. Et alors que les prix de ces modèles européens sont généralement proches ou supérieurs à 50 000 euros, BYD surfe sur une vague suffisamment large pour rendre même Skoda nerveux.
Biais EREV
Le groupe motopropulseur est tout aussi peu conventionnel. Alors que la plupart des véhicules hybrides rechargeables européens sont d'abord des voitures à essence auxquelles un moteur électrique est ajouté à la boîte de vitesses, BYD inverse la donne. Son système DM-i repose principalement sur un moteur électrique de 194 ch qui entraîne les roues avant.
Le moteur à essence de 1,5 litre, qui produit une modeste puissance de 97 ch, passe le plus clair de son temps à jouer le rôle de générateur pour recharger la batterie.
Ce n'est qu'à plein régime qu'il s'associe au moteur par l'intermédiaire d'une simple transmission, pour une puissance combinée de 212 ch (en version Confort). L'esprit de ce système est plus proche de celui d'un VE à prolongateur d'autonomie que de celui d'un PHEV conventionnel, à l'instar du système hybride de Honda, qui peut également passer de la série à la parallèle. BYD offre toutefois la possibilité de se brancher.

Autre particularité pour un hybride rechargeable : ce n'est pas une, mais deux capacités de batterie qui sont disponibles - un avantage indéniable lorsque l'on est un constructeur automobile qui est aussi un fabricant de batteries de premier plan.
La Boost est équipée d'une batterie LFP de 10 kWh de la famille Blade, suffisante pour parcourir environ 50 kilomètres en mode électrique. Cependant, elle ne peut se charger qu'à 3,3 kW et n'a pas de capacité de charge rapide.
La Comfort est la plus prometteuse, car son pack de 19 kWh - également LFP - étend l'autonomie électrique à 100 kilomètres et permet une charge de 6,6 kW AC, ainsi qu'une charge rapide de 26 kW DC. Les deux modèles sont équipés de la batterie Blade de BYD, déjà connue dans ses modèles électriques.
Une gamme impressionnante
Sur le papier, l'autonomie est tout simplement impressionnante. La Comfort Touring que nous avons testée combine sa batterie avec un généreux réservoir de 65 litres pour produire une distance maximale théorique de 1 350 kilomètres avant qu'un arrêt ne soit nécessaire.
Notre essai routier a confirmé que la Seal 6 ne se contente pas de bluffer. En mode hybride, avec le moteur à essence qui recharge tranquillement la batterie en arrière-plan, la consommation est tombée à 5,0 litres aux 100 kilomètres.

Un chiffre réel de 1 200 kilomètres entre deux pleins semble parfaitement plausible. En outre, pour les conducteurs qui peuvent recharger leur véhicule à la maison, l'autonomie électrique est plus que suffisante pour couvrir la plupart des trajets domicile-travail. Pour ceux qui ne le peuvent pas, le grand réservoir signifie que les visites à la station-service resteront peu fréquentes.
Cependant, la conduite de la Seal 6 Touring n'est pas exactement une ode à l'excitation du conducteur. La direction est imprécise et un peu artificiellement lourde, incitant au calme plutôt qu'à l'enthousiasme, et le châssis, bien que stable dans les virages, n'incite jamais le conducteur à en explorer les limites.
Il y a une pause notable entre le moment où l'on appuie sur l'accélérateur et celui où l'on reçoit une réponse, un décalage qui rappelle les moteurs turbocompressés d'une génération précédente.
Cela fait des dépassements quelque chose qui demande de la prévoyance plutôt que de la spontanéité. Et lorsque le moteur turbocompressé se met en marche, sa voix rauque nous rappelle que les constructeurs automobiles chinois sont plus doués pour construire des systèmes silencieux alimentés par batterie que des moteurs à essence bruyants. Heureusement, de tels moments sont rares.
Rythme affiné
La suspension, elle aussi, manque de fermeté. Elle est parfois dure, et sur les petites bosses, la voiture s'agite plus qu'elle ne le devrait, surtout si on la compare à l'amortissement plus doux d'une Skoda Superb, par exemple.
Pourtant, une fois que la Seal 6 atteint l'autoroute, elle trouve son habitat naturel. À vitesse élevée, il s'installe dans un rythme raffiné, les bruits de la route et du vent sont bien maîtrisés et le moteur à essence reste silencieux pendant de longues périodes.

À l'intérieur, le break de BYD fait forte impression. Les matériaux sont doux au toucher et l'assemblage semble solide. Les niveaux d'équipement sont généreux mais simples : même la version de base offre des sièges électriques, un grand écran tactile central et la capacité de transfert de charge (V2L).
Ce dernier peut être utilisé pour alimenter des appareils de 230 volts, mais nous n'avons pas encore trouvé de service de marketing capable d'imaginer autre chose qu'un barbecue électrique comme appareil approprié.
Occupé et illogique
Le modèle Comfort Touring ajoute des éléments de luxe tels qu'un toit panoramique, un système audio amélioré et un chargeur de téléphone sans fil refroidi, une petite touche bien pensée qui empêche les smartphones de surchauffer.
L'écran principal, qui mesure 12,8 ou 15,6 pouces, ne pivote plus comme sur certains modèles électriques de BYD, mais c'est loin d'être une perte. Apple CarPlay et Android Auto s'intègrent mieux en orientation paysage.
Le seul véritable reproche concerne le logiciel lui-même, qui peut être encombré et illogique dans sa présentation, avec des fonctions dispersées dans des menus, des widgets et des menus déroulants. En outre, les présentations graphiques utilisent des polices relativement petites et ne sont pas toujours facilement lisibles.
En ce qui concerne l'espace pour les passagers, les adultes s'installent confortablement à l'arrière, à condition de pouvoir supporter les genoux soulevés par le plancher haut, lui-même rehaussé par la batterie située en dessous. Cela signifie également que l'on ne peut pas glisser ses pieds sous les sièges avant.
Le siège du passager avant n'est pas réglable en hauteur, ce qui peut irriter certains passagers. Le coffre, avec 500 litres avec les sièges en place ou 1 535 litres repliés, est à la hauteur de la plupart des rivaux sans pour autant battre des records.

Naggish ADAS
Si les défauts de l'habitacle sont pardonnables, les systèmes d'aide à la conduite sont plus complexes à oublier. BYD veut clairement démontrer ses prouesses technologiques, mais dans la pratique, le résultat est intrusif.
L'assistance au maintien de la trajectoire se déclenche au moindre frôlement du marquage au sol, tandis que la caméra de surveillance du conducteur va plus loin en réprimandant verbalement les infractions les plus graves, comme le contrôle des rétroviseurs ou le coup d'œil à l'écran de navigation.
Le système d'alerte de vitesse est tout aussi éprouvant, carillonnant à chaque changement de limite, et sa désactivation nécessite une laborieuse procédure en trois étapes. Dans une voiture conçue pour rouler facilement sur de longues distances, cette réprimande constante nuit à l'atmosphère détendue qui règne par ailleurs.
Rien de tout cela n'entame l'attrait principal de la Seal 6, qui reste celui de la valeur. Face à la Superb Combi PHEV, à la Volkswagen Passat Variant eHybrid et à la Peugeot 508 SW, la BYD est toujours en dessous de ses rivales de plusieurs milliers d'euros tout en offrant une liste d'équipements plus généreuse.
La couverture de la garantie est également compétitive, avec six ans pour la voiture et huit ans pour le groupe motopropulseur et la batterie, ce qui dépasse largement la moyenne européenne.
Contrer les critiques
Ainsi, pour les professionnels indépendants, les petites entreprises et les familles à la recherche d'un patrimoine pratique sans exploser leur budget, la proposition est convaincante.
Le réseau de concessionnaires de BYD en Belgique se développe rapidement, avec 17 points de vente attendus d'ici l'automne 2025, contre neuf au début de l'année, et des immatriculations qui dépassent déjà le total de toute l'année 2024. La Seal 6 Touring ne fera qu'accélérer cette tendance.
La vérité est qu'il n'a pas le lustre de ses concurrents européens. Mais si vous laissez le calculateur en juger, il est indéniablement sensé, notamment parce que la chaîne cinématique est configurée pour rouler le plus souvent possible en mode électrique, ce qui met fin à la critique selon laquelle les PHEV ne sont pas rechargés assez régulièrement.


