La société ferroviaire publique belge NMBS/SCNB a toujours été un partisan mitigé des portillons d'accès dans les gares. Cette idée a été soulevée à plusieurs reprises dans le passé et a également été mentionnée dans l'accord de coalition, mais elle a été mise de côté par la SNCB/NMBS après une “analyse de rentabilité négative”.”
Selon le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), “les ressources nécessaires dépasseraient les avantages que la SNCB pourrait en tirer, non seulement sur le plan commercial et financier, mais aussi sur le plan social.
‘Retour sur investissement négatif’
Selon l'étude, qui a porté sur l'installation de portillons dans au moins 18 gares, dont les plus importantes, les coûts d'installation et d'entretien des portillons sont bien plus élevés que les recettes supplémentaires qu'ils génèrent grâce à la réduction de la fraude.
“Même dans le meilleur des cas, les recettes estimées ne couvrent pas les investissements nécessaires, ce qui entraîne un retour sur investissement négatif”, a déclaré M. Crucke en réponse à une question du député Dorien Cuylaerts (N-VA).
En outre, les guichets et distributeurs de billets devraient parfois être déplacés, une solution différente devrait être élaborée pour chaque gare, et les boutiques des gares verraient leur chiffre d'affaires diminuer en raison de la baisse de fréquentation.
Pas encore d'analyse publique des coûts et bénéfices
Il est toutefois frappant de constater qu'aucun chiffre précis sur les coûts d'installation des portillons n'a été communiqué. Les chiffres de la SNCB montrent que 7% des passagers ne sont pas en mesure de présenter un billet valide lors du contrôle.
La compagnie ferroviaire a estimé que cela se traduirait par une perte de recettes de 26 millions d'euros en 2023. Sur dix ans, cela représente 260 millions d'euros, ce qui est considérable.
M. Cuylaerts reste favorable à l'idée des portillons d'accès, qui ne sont actuellement en place qu'à la gare de Brussels Airport. “Un bon contrôle dans nos gares est indispensable. Il y a encore trop de fraudeurs”, dit-elle. “Actuellement, seuls les chefs de train et Securail effectuent des contrôles, et le risque de se faire prendre est relativement plus faible que si nous travaillions avec des portillons d'accès.”
Le député de la N-VA regrette que “la SNCB ait rejeté l'idée si rapidement”, car des exemples étrangers, ainsi que le métro de Bruxelles, montrent que les portillons d'accès peuvent effectivement fonctionner. “Je mettrai cette question à l'ordre du jour du Parlement. Je veux examiner et étudier le rapport, car nous continuons à croire en l'utilité des portillons dans les transports publics modernes”, conclut M. Cuylaerts.

Près de 9 millions d'euros de frais d'enlèvement des graffitis
Le ministre Crucke a également informé la Chambre que la SNCB a dépensé 8,8 millions d'euros l'année dernière pour l'élimination des graffitis sur les trains. Il s'agit de 8 483 graffitis sur plus de 2 100 véhicules et une surface totale de 251 334 m². Le nombre de graffitis enlevés par les équipes de nettoyage reste très élevé mais reste stable par rapport à 2023.
En 2024, 382 graffitis ont été signalés à la compagnie ferroviaire et 51 procès-verbaux ont été établis par les agents de la SNCB. Ce n'est que lorsque les auteurs sont pris sur le fait et correctement identifiés que la SNCB peut recouvrer les coûts auprès d'eux.


