Le géant français de l'énergie Engie pourrait être disposé à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3 de 20 ans au lieu des 10 ans prévus. Selon les syndicats, l'administrateur délégué Cédric Osterrieth l'a déclaré lors d'une réunion du conseil d'entreprise cette semaine.
Par ailleurs, selon le journal Le Soir, le ministre de l'énergie Mathieu Bihet ne renonce pas à prolonger la durée de vie de Tihange 1, l'un des plus anciens réacteurs nucléaires belges, âgé de 50 ans.
Souffler le froid et le chaud
“Le PDG a dit à un conseil d'entreprise qu'Engie était prêt à discuter d'une prolongation de 20 ans”, explique Ellen Sleeuwaert, secrétaire de l'ACV Bouw - Industrie & Energie. Toutefois, le dirigeant aurait également déclaré qu'il n'était pas encore certain qu'Engie participerait en tant qu'investisseur à une telle prolongation.
Jusqu'à présent, Engie s'est toujours abstenu de commenter les projets visant à maintenir Doel 4 et Tihange 3, les deux plus jeunes centrales nucléaires de Belgique, ouvertes plus longtemps que les 10 ans prévus, comme le souhaite le gouvernement. “Une prolongation de 20 ans est un projet différent. Il n'existe pas”, a déclaré Vincent Verbeke, directeur général d'Engie Belgium, en janvier.
En réponse aux déclarations du conseil d'entreprise, Engie se dit toujours disponible pour dialoguer avec le gouvernement “dans les limites de la stratégie connue”. L'entreprise rappelle qu'elle se concentre sur la prolongation de 10 ans de Doel 4 et de Tihange 3 et sur la mise en service des centrales de Flémalle et de Vilvorde.
Par ailleurs, Tihange 1 n'est pas encore abandonné.
Le gouvernement De Wever souhaite non seulement prolonger de 10 ans la durée d'exploitation des centrales nucléaires de Doel 4 et Tihange 3, mais aussi empêcher la fermeture de Tihange 1, prévue pour le 1er octobre. Cependant, cela semble moins probable étant donné le délai serré.
La durée de vie de Tihange 1 a déjà été prolongée de 10 ans. Pourtant, selon le journal Le Soir, le ministre de l'énergie Mathieu Bihet (MR) fait pression sur Engie pour l'empêcher de prendre des mesures irréversibles qui rendraient le réacteur inutilisable ou augmenteraient sensiblement les coûts d'un éventuel redémarrage.
Engie, qui possède 50% du réacteur, l'autre moitié étant détenue par EDF, n'a pas encore répondu positivement au ministre, mais selon Le Soir, l'entreprise énergétique serait néanmoins prête à construire dans une petite zone tampon et ne prévoit pas d'interventions majeures avant la fin de l'année.
Renforcement du réseau nécessaire
En tout état de cause, Tihange 1 devra être fermée pendant au moins quelques années avant d'être prête à redémarrer. Non seulement des rénovations sont nécessaires pour améliorer la sécurité, mais le réseau à haute tension autour de Liège n'est plus équipé pour transporter l'électricité de Tihange 1 après cette année.
À la demande du Bihet, le gestionnaire de réseau Elia étudie les renforcements nécessaires du réseau, mais il a déjà prévenu que ceux-ci ne seraient pas prêts avant 2031 ou 2032. L'organisme de surveillance de la sécurité, l'AFCN, a également prévenu que la centrale nucléaire devrait d'abord faire l'objet d'un examen de sécurité décennal.


