VUB : ‘ Il est impossible de rendre l'industrie plus verte sans le CSC et une électricité moins chère ’

Selon une nouvelle étude de l'université VUB de Bruxelles, il est technologiquement possible réduire de 90 % les émissions de CO₂ de l'industrie belge d'ici 2040-2050, mais ce ne sera pas facile. Nous sommes confrontés à des défis majeurs pour rendre notre industrie plus verte et la maintenir ici. Une électricité moins chère et le captage et le stockage du CO₂ (CSC) à grande échelle seront essentiels.

Aujourd'hui, l'industrie belge est responsable de 28 % de nos émissions nationales de CO2, ce qui représente 30 mégatonnes par an. Depuis 1990, ces émissions ont déjà été réduites de moitié, en partie grâce à la fermeture d'usines, mais elles doivent encore être réduites de manière significative.

90 technologies de réduction des émissions

Un nouveau rapport de la VUB a examiné 90 technologies qui pourraient contribuer à réduire considérablement les émissions de l'industrie belge d'ici 2040-2050. Les options vont des installations de craquage électrique pour l'industrie chimique aux pompes à chaleur industrielles et aux chaudières électriques, en passant par le captage du CO₂ chez les cimentiers et les sidérurgistes.

“Si les entreprises mettent en œuvre les technologies disponibles de manière intelligente et à grande échelle, il est théoriquement possible de réduire de 90 % les émissions de l'industrie belge d'ici 2040 à 2050 par rapport à 2005”, explique Tomas Wyns, chercheur en politique climatique et industrielle à la VUB. Mais il sera alors essentiel de disposer d'une électricité bon marché et d'installations de captage du carbone. Et c'est là que le bât blesse pour l'instant.

Sonnerie d'alarme

Deux des plus grands émetteurs de Belgique - l'entreprise sidérurgique ArcelorMittal à Gand et le géant de la chimie BASF à Anvers - ont récemment tiré la sonnette d'alarme parce que les prix actuels de l'électricité sont beaucoup trop élevés. Bien que l'électrification des processus chimiques soit très prometteuse, les investissements ne sont pas justifiés. L'étude considère que le CO₂ de ces installations en Belgique est l'option la moins chère.

Le captage du CO₂ et son stockage dans les gisements de gaz épuisés des fonds marins, ainsi que le passage du gaz aux méga-pompes à chaleur électriques, offrent probablement le potentiel le plus important.

CCS

A il y a quelques semaines, le Projet aurores boréales a été inauguré en Norvège. Il s'agit du premier projet européen de transport et de stockage commercial de CO2 sous la mer. Le stockage en mer est une option, mais il est également possible de transformer le CO2 capturé en matériaux, tels que des matériaux de construction et des pavés.

“Pour que l'électricité devienne une option plus abordable, il faudra veiller à ce qu'elle soit moins de trois fois plus chère que le gaz naturel”, explique M. Wyns. “Si l'on veut réduire de 90 % les émissions dans l'industrie, les prix de l'électricité devront encore baisser.”

Accélérer la transition

“Sans le captage, l'industrie aura du mal à réduire ses émissions de 40 à 50 %”, affirme M. Wyns. “Il est donc essentiel que l'infrastructure de transport du CO₂ soit prête dans les cinq à dix prochaines années, faute de quoi les entreprises ne pourront pas investir et nous ne pourrons pas atteindre cet objectif d'ici 2050.”

“La décarbonisation de l'industrie est la seule option à long terme, mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour accélérer cette transition. professeur d'économie de l'environnement Johan Albrecht (UGent).

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