La Chine va renforcer son contrôle sur les exportations de voitures électriques, y compris celles des marques étrangères

À partir de l'année prochaine, la Chine exigera des exportateurs de voitures purement électriques qu'ils obtiennent des licences gouvernementales. Pékin aura ainsi toute autorité sur les modèles qui sortent de ses frontières et sur les entreprises qui sont autorisées à être compétitives à l'étranger.

Cette décision vise à contrôler la guerre des prix en cours. Toutefois, d'un point de vue diplomatique, elle fournit à l'administration de M. Jinping une barrière non tarifaire à négocier avec les pays exportateurs. Les marques étrangères produisant en Chine sont également concernées.

Les nouvelles règles ont été présentées dans une déclaration commune de quatre ministères. Elles sont officiellement justifiées comme une mesure visant à promouvoir le “développement sain” de l'industrie. Pourtant, cette politique est le signe d'une stratégie plus large : le gouvernement veut contrôler plus étroitement un secteur indiscipliné qui s'est développé à une vitesse fulgurante. Et ce, au détriment de la rentabilité, de la qualité et de la réputation internationale.

Course vers le bas

La Chine a dépassé le Japon en tant que premier exportateur mondial de voitures en 2023. L'année dernière, elle a vendu plus de 5,5 millions de véhicules à l'étranger, dont près des deux cinquièmes étaient alimentés par des batteries. Mais derrière ce succès se cachent des contraintes de plus en plus fortes.

Les constructeurs automobiles chinois se sont livrés à une guerre des prix dévastatrice, les leaders tels que BYD réduisant les prix de vente pour défendre leur part de marché, ce qui a déclenché une vague de réductions dans l'ensemble de l'industrie. 

Une course au moins-disant est en cours, mais les dirigeants avertissent qu'elle a conduit les entreprises à rechercher hâtivement le volume plutôt qu'à investir dans la durabilité, la conception ou le soutien à la clientèle. Les licences offrent à Pékin un nouveau levier pour freiner cette surproduction. La licence d'exportation doit encourager les fabricants à poursuivre une croissance plus durable et à plus forte valeur ajoutée.

Un autre facteur est l'image. Alors que les voitures électriques chinoises inondent l'Europe et d'autres marchés, les régulateurs et les consommateurs ont soulevé des questions sur les services de garantie, les mises à jour logicielles et le respect des normes locales. Dans certains cas, les véhicules ont été exportés par l'intermédiaire de petits négociants non autorisés, qui ne disposent souvent pas d'une infrastructure d'assistance après-vente adéquate. 

Des pratiques plus floues

Les autorités craignent désormais qu'un service médiocre à l'étranger ne contamine l'ensemble du secteur. En limitant les droits d'exportation à des entreprises sélectionnées, le gouvernement dispose d'un moyen d'améliorer les normes. Le résultat ? Des marques chinoises qui présentent un visage plus fiable aux acheteurs internationaux.

La répression vise également des pratiques plus obscures. Des rapports ont fait état d'exportateurs qui déguisent des voitures neuves en voitures d'occasion ou qui introduisent des véhicules sur les marchés sans avoir obtenu les autorisations nécessaires. Le système d'octroi de licences est conçu pour mettre un terme à ces circuits parallèles. Cette pratique rappelle la question des terres rares, qui a fait l'objet d'une licence, mais plutôt pour faire contrepoids dans le conflit commercial avec les États-Unis.

Les fabricants étrangers qui s'appuient sur des usines chinoises pour desservir les marchés mondiaux seront également touchés. Volkswagen, Polestar, General Motors et BMW possèdent des usines en Chine, tandis que l'usine de Tesla à Shanghai sert de plaque tournante pour les exportations vers l'Asie et l'Europe.

Le gouvernement pourra désormais réorienter sa production. Si le pays de destination est en conflit avec la Chine, les licences pourraient être bloquées. La complexité administrative de l'expédition des voitures vers le reste du monde s'en trouvera également accrue. Il est clair que la maturation du marché automobile chinois s'accompagne d'un renforcement des règles et des réglementations.

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