Les animaux domestiques sont considérés comme des ‘ bagages ’ dans le transport aérien selon la Cour européenne de justice

Un animal de compagnie voyageant à bord d'un avion relève de la définition de ‘bagage’. C'est ce qu'a déclaré la Cour de justice des Communautés européennes. Cette déclaration fait suite à un litige entre une compagnie aérienne espagnole et un passager dont le chien a été perdu pendant le transport.

Quant à savoir si les organisations de protection des animaux seront satisfaites de cette décision juridique, c'est une autre question. Elles considèrent que les animaux de compagnie ne sont pas seulement des objets ou des possessions, mais des êtres vivants dotés de sentiments, de stress et d'anxiété, et plaident depuis longtemps en faveur d'une nouvelle catégorie dans la loi.

Discussion sur le montant du préjudice moral

En octobre 2019, une Argentine a voulu prendre un vol de Buenos Aires à Barcelone avec sa mère et sa chienne Mona sur Iberia. L'animal étant trop grand, il a dû être placé dans une caisse de transport dans la soute. Mais pendant le transport vers l'avion, l'animal s'est échappé de la boîte et Mona n'a jamais été retrouvée.

La femme a demandé 5 000 euros de dommages moraux. Iberia a reconnu sa faute et s'est montrée disposée à indemniser le préjudice, mais a jugé le montant trop élevé. Selon la compagnie aérienne, les montants doivent rester dans les limites prévues pour les bagages enregistrés, avec un maximum d'un peu plus de 1 500 euros.

Signaler les intérêts particuliers lors de l'enregistrement

À la demande d'un tribunal espagnol, la Cour de justice de l'UE doit déterminer si un animal de compagnie peut être assimilé à un passager. La réponse est non. La Cour se réfère à la Convention de Montréal, qui stipule que les bagages s'appliquent aux objets, mais “cela ne permet pas de conclure que cela ne couvre pas les animaux domestiques”.”

La passagère aurait pu prétendre à une indemnisation plus élevée, mais elle aurait dû signaler à l'avance l'importance particulière de son animal de compagnie lors de l'enregistrement, ce qui aurait été une option plus coûteuse.

L'avocat du passager s'est dit “relativement déçu” par l'avis de la Cour européenne, mais s'est dit convaincu que les juges espagnols, qui statueront en dernier ressort sur l'affaire, “seront plus sensibles à la nouvelle réalité de notre société”.”

Dans le cas d'une personne dont le chien est le seul compagnon, une disparition similaire peut avoir des conséquences “non seulement morales, mais aussi psychologiques et même psychiatriques, qui, à mon avis, ne pourront jamais être compensées”, estime-t-il.

Des êtres sensibles, pas des biens

L'arrêt de la Cour peut sembler irréaliste pour les amis des animaux et les organisations qui les défendent. Cependant, en droit civil, les animaux sont toujours formellement considérés comme des biens, même s'il est souvent dit que “les animaux ne sont pas des objets mais sont protégés par des lois spéciales”, ce qui signifie que dans de nombreux cas, ils sont toujours traités comme des objets en termes juridiques, à moins que des règles distinctes en matière de bien-être animal ne s'appliquent.

Toutefois, le fait d'assimiler les animaux à des bagages peut également envoyer un message erroné à la société. C'est pourquoi les organisations de défense des animaux plaident depuis longtemps en faveur d'un statut juridique distinct, par exemple celui de “bien vivant” ou d“”être sensible".”

L'organisation belge de défense des droits des animaux GAIA demande que les animaux soient reconnus comme des êtres sensibles, et non comme des biens, dans l'ensemble de la législation belge et européenne. Elle préconise une distinction juridique entre les biens inanimés, comme une valise, et les animaux vivants, afin que la législation en matière de responsabilité, d'indemnisation et de bien-être soit mieux alignée sur cette distinction.

Depuis le traité de Lisbonne (article 13 du TFUE), l'UE reconnaît que les animaux sont des “êtres sensibles”, mais cette reconnaissance n'a pas encore été systématiquement traduite dans le droit privé, comme le droit des contrats ou le droit de la responsabilité.

‘En forme pour voler’

Pour votre information, les animaux de compagnie ne doivent pas toujours voyager dans la soute de l'avion. Les petits animaux de compagnie, généralement des chats ou des petits chiens, doivent être placés dans un sac de voyage ventilé ou une cage qui se place sous le siège. Le poids maximum, sac compris, doit être de 5 à 8 kg, selon la compagnie aérienne.

Si l'animal voyage en cabine, il reste légalement la propriété des passagers ; toutefois, le voyageur signe généralement un formulaire de renonciation, stipulant que la compagnie aérienne n'est pas responsable en cas de blessure ou de décès, à moins qu'il n'y ait eu négligence grave.

Pour les voyages en avion avec des animaux de compagnie, un certificat ‘d'aptitude au vol’, également appelé certificat de santé délivré par un vétérinaire, est souvent exigé ou fortement recommandé.

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