Michael Jost : ‘ Il n'y a pas d'alternative aux moteurs électriques pour les voitures ’

Michael Jost, ancien responsable de la stratégie produit du groupe VW, s'est récemment adressé à l'industrie automobile, aux décideurs politiques et au grand public lors du festival E4Testival en Allemagne. Son message était clair : “Il n'y a pas d'alternative à l'électromobilité et la soi-disant ouverture technologique est une illusion”.”

Son discours était intitulé “Electrifier le monde - voir plus grand”. Il a demandé à son auditoire de regarder au-delà de l'immédiat et de se concentrer sur une transformation globale de l'utilisation de l'énergie, de la mobilité et de l'économie. “Demain commence maintenant. Quiconque continue à chercher des alternatives n'a pas compris la réalité physique et économique. Vous étudiez un semestre de physique et un autre d'économie d'entreprise, et vous savez qu'il n'y a pas d'autre solution pour les voitures que la propulsion électrique”.”

Chronologie

M. Jost a tracé une ligne du temps qui prouve que l'industrie automobile s'est déjà rapprochée de cet avenir. Il a mentionné que, par exemple, le groupe VW avait déjà adhéré à l'accord climatique de Paris 2015 (neutralité en CO2 en 2050) en 2018 et en avait fait l'un des principaux piliers de sa stratégie.

“Cela signifie qu'au plus tard en 2040, la dernière voiture équipée d'un moteur à combustion interne sera vendue. Cela signifie que cette voiture a été introduite sur le marché 7 ans plus tôt, et que ce modèle particulier a été développé vers... 2026. Le développement des dernières voitures à moteur à combustion interne s'achève donc aujourd'hui et non dans un avenir lointain. Pour les ingénieurs, les développeurs et les stratèges, la transition vers l'électromobilité est déjà une réalité, malgré les discussions toujours en cours sur le moment et le lieu de cette transition.”

Bien entendu, a précisé M. Jost, cette transition a des conséquences économiques et financières. La période parallèle au cours de laquelle les voitures à moteur à combustion interne sont “progressivement abandonnées‘ et les VE sont ’progressivement introduits‘ constitue une charge financière importante, ce que l'on appelle le ’massacre de l'EBIT‘.’

“Les marges bénéficiaires des voitures à moteur à combustion interne se réduisent, tandis que l'industrie attend toujours l'effet de montée en gamme des voitures électriques et le retour sur investissement. C'est une phase qu'ils doivent tous traverser et une décision stratégique que le groupe VW a déjà prise‘.’

Pas d'évolution technologique, mais un objectif clair

Selon M. Jost, la soi-disant ouverture technologique que l'industrie automobile appelle de ses vœux ne mène à rien. “Nous devons nous concentrer sur ce que nous pouvons faire ; nous ne pouvons pas nous permettre de diverger vers l'hydrogène ou les carburants synthétiques.”

“L'hydrogène est comme un corps étranger. Il apparaît tous les cinq ans et disparaît à nouveau. Ce vecteur énergétique aura ses applications, mais pas pour les voitures. Nous en avons besoin pour notre industrie sidérurgique et chimique et pour plusieurs autres applications, mais pas pour faire rouler des voitures.”

“Cette soi-disant ouverture conduit à une paralysie stratégique. Ce n'est pas un signe de progrès, c'est un signe d'évitement des décisions. Au lieu d'investir dans des discussions idéologiques, l'Allemagne (et l'ensemble de l'Europe) doit tracer une ligne droite et faire de la propulsion électrique la technologie de pointe”.”

Les énergies renouvelables sont essentielles

M. Jost est clair : “L'énergie électrique est à ce siècle ce que le pétrole était aux XIXe et XXe siècles. Si l'Europe veut être indépendante, elle doit produire sa propre énergie, et les énergies renouvelables jouent un rôle important. Les éoliennes ou les panneaux solaires sont des atouts, pas des fardeaux.”

“La voiture électrique seule ne suffit pas. Seul celui qui contrôle le matériel, les logiciels, l'énergie et les données sera pertinent à l'avenir. Appliqué à l'industrie automobile, il ne peut se fonder uniquement sur les chiffres de production et les marges bénéficiaires, mais doit prendre en compte les cycles de vie, les valeurs résiduelles et les modèles d'utilisation. Le prix d'une voiture n'est plus important ; ce qui compte, c'est ce qu'elle coûte au kilomètre. Il n'est pas nécessaire d'acheter une voiture si l'on peut la louer, s'y abonner ou en partager l'utilisation.

Voir plus grand

La conclusion de Jost est claire : “Nous n'avons plus de temps à perdre. Nous devons voir plus grand, sinon nous perdrons notre planète. L'électromobilité n'est pas un objectif, c'est le début d'un changement de paradigme. Nous devons laisser le passé derrière nous et aller de l'avant, en évitant la tentation d'investir dans des chevaux morts”.”

“Cette transformation va au-delà de l'innovation technique. Il s'agit d'un comportement général. Quiconque veut parler de l'avenir de la mobilité doit prendre en compte les questions relatives à l'énergie, aux données et au bien-être en général.”

M. Jost ne ressemble plus à un ancien cadre supérieur de l'industrie automobile ; il est devenu un visionnaire qui veut conduire la prochaine révolution industrielle. “L'électromobilité n'est qu'un début ; la véritable révolution commence maintenant. Nous devons avoir le courage de laisser derrière nous ce que nous connaissons et de considérer la mobilité comme faisant partie d'un système énergétique entièrement nouveau et durable.”

Après avoir quitté Volkswagen, Michael Jost a fondé sa propre entreprise, eD-TEC, dont l'objectif est d“”électrifier l'océan" en développant des bateaux à propulsion électrique.

L'unité de propulsion électrique proposée par eD-TEC pour se déplacer sur l'eau /eD-TEC

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.