Renta : la moitié des véhicules électriques en Belgique sont loués par des entreprises, mais le secteur privé reste à la traîne

Plus de la moitié des voitures électriques circulant sur les routes belges sont louées ou en leasing. Selon les nouveaux chiffres de la fédération de location de véhicules Renta, ses membres exploitent à eux seuls 195 990 voitures entièrement électriques, ce qui représente 51% du parc total de véhicules électriques en Belgique.

Les données soulignent le rôle crucial du leasing d'entreprise dans la transition vers l'électrification du parc automobile national. Renta a insisté sur ce point lors de son événement phare annuel dédié au secteur, qui s'est tenu à Londerzeel. L'entreprise a également souligné la difficulté persistante à convaincre les automobilistes privés de franchir le pas.

Au 30 juin, les membres de Renta géraient 636 461 véhicules, soit près de 90% de l'ensemble des voitures, fourgonnettes et camions de location en Belgique. Parmi ceux-ci, 30,8% étaient déjà entièrement électriques, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux années précédentes.

73% zéro émission en location longue durée

Les sociétés de location longue durée, qui représentent la majeure partie du parc automobile, indiquent que 73% des commandes de voitures neuves concernent désormais des modèles zéro émission. La part du diesel s'est effondrée pour atteindre seulement 15% des voitures particulières à location longue durée, tandis que les hybrides rechargeables et les hybrides essence restent les modèles préférés pendant la période de transition.

Sur l'ensemble de la flotte Renta, les véhicules électriques (BEV) représentent 30,81 TP3T de l'ensemble des voitures et fourgonnettes, les hybrides rechargeables (PHEV) 20,11 TP3T et les véhicules à essence ou hybrides (HEV) 27,21 TP3T. Le diesel représente toujours 21,51 TP3T, les carburants alternatifs occupant une part marginale (0,41 TP3T).

En chiffres absolus, cela correspond à environ 195 990 véhicules entièrement électriques, 127 700 véhicules hybrides rechargeables, 173 200 véhicules essence/hybrides et 136 800 véhicules diesel.

Qu'en est-il des EREV ?

Renta ne fournit pas de ventilation précise des différentes catégories d'hybrides disponibles aujourd'hui. Les EREV, ou véhicules électriques à autonomie prolongée, bien que techniquement distincts (puisqu'ils fonctionnent à l'électricité mais utilisent un générateur à combustible fossile pour alimenter les moteurs), sont statistiquement inclus dans la catégorie des PHEV et représentent actuellement une part négligeable du marché belge du leasing.

En matière fiscale et réglementaire, ils ne sont pas considérés comme des véhicules zéro émission. D'un point de vue comptable et réglementaire, les gestionnaires de flottes les traitent de la même manière que les véhicules hybrides rechargeables (PHEV).

Les nouvelles données d'immatriculation pour 2025 montrent que l'équilibre entre les technologies hybrides sur le marché total des voitures neuves en Belgique évolue rapidement. Selon la FEBIAC, les ‘ hybrides rechargeables ’ (HEV) gagnent modestement du terrain, tandis que les hybrides rechargeables (PHEV) commencent à décliner, les entreprises et les acheteurs privés s'orientant de manière plus décisive vers les véhicules entièrement électriques.

Au cours du premier semestre 2025, les véhicules hybrides électriques (HEV) ont augmenté leur part de marché d'environ 2,5 points de pourcentage, tandis que celle des véhicules hybrides rechargeables (PHEV) a reculé d'environ 6 points.

Au troisième trimestre, les voitures électriques à batterie représentaient un tiers de toutes les nouvelles immatriculations, les véhicules hybrides rechargeables (HEV) représentant environ 11 à 12% et les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) reculant à 9 à 13% selon le segment. Cette tendance suggère que les PHEV perdent leur attrait transitoire, pris en étau entre les BEV bénéficiant d'avantages fiscaux et les hybrides plus simples et moins chers.

Fracture régionale

L'électrification en Belgique reste inégale. La Flandre est en tête, avec environ 701 TP3T de véhicules électriques et la plupart des flottes d'entreprises. Bruxelles rattrape son retard, grâce à son projet d'interdiction des moteurs à combustion interne d'ici 2030, tandis que la Wallonie est à la traîne en raison d'infrastructures moins développées et de mesures incitatives moins nombreuses.

Renta a critiqué la récente décision de la Flandre de réintroduire les taxes routières et d'immatriculation (BIV) pour les véhicules électriques, qualifiant cette mesure de ’ recul “ et appelant à la mise en place d'un cadre stable et prévisible afin d'encourager les acheteurs privés.

La location privée reste un marché de niche

Alors que le leasing privé est en plein essor aux Pays-Bas, où près d'un quart de toutes les voitures en leasing sont louées par des particuliers et où une sur cinq est électrique, la Belgique reste loin derrière.

Début 2025, seuls environ 13 000 véhicules en leasing privé circulaient sur les routes belges, soit à peine 3 % du marché du leasing à long terme, et plus de 90 % d'entre eux fonctionnaient encore à l'essence ou à l'énergie hybride.

Sans avantages fiscaux ni économies d'échelle, les prix du leasing privé en Belgique sont plus élevés et le marché reste limité. Pour la plupart des Belges, le leasing privé est avant tout une question de commodité et de prévisibilité des coûts, et non d'économies, contrairement aux Pays-Bas, où il est devenu une alternative rentable à la propriété.

Pour les Néerlandais, le leasing privé est devenu un phénomène courant, avec plus de 247 000 contrats actifs, soit environ 20 fois le total belge.

58 800 véhicules utilitaires

Selon les chiffres de Renta, par segment de marché, 541 000 sont des voitures particulières, 58 000 des fourgonnettes utilitaires légères et un peu moins de 800 des camions lourds. La plupart des fourgonnettes (plus de 84%) restent alimentées au diesel, tandis que le segment des voitures s'électrifie rapidement : plus d'un tiers des voitures en location longue durée sont désormais électriques à batterie.

Le secteur de la location à court terme affiche des résultats plus fragiles. Son parc a diminué de près de 201 TP3T en un an, avec seulement 41 TP3T de véhicules entièrement électriques. La rentabilité est mise à mal par l'incertitude des valeurs de revente, la complexité des réglementations européennes et la fluctuation de la demande.

La durée moyenne des contrats de location est désormais de 51 mois, contre 42 il y a cinq ans, ce qui montre que les entreprises conservent leurs voitures plus longtemps afin de répartir la dépréciation plus importante des véhicules électriques. L'investissement moyen par voiture louée dépasse 35 000 € (hors TVA).

Baisse de la confiance des consommateurs

Les valeurs résiduelles des véhicules électriques restent sous pression en Belgique, davantage que sur les marchés voisins comme les Pays-Bas. Selon Autovista Group, la baisse moyenne annuelle de la valeur de revente des voitures de trois ans devrait atteindre environ 41 TP3T en Belgique en 2025, contre seulement 0,71 TP3T aux Pays-Bas.

Sur une durée de location de quatre à cinq ans, les véhicules électriques en Belgique perdent généralement 60 à 70 % de leur valeur, soit environ 5 points de plus que les voitures à essence ou diesel comparables, bien que cet écart soit moins important aux Pays-Bas, où le marché des véhicules électriques d'occasion est plus mature.

Cette différence s'explique par le développement plus lent du marché des véhicules électriques d'occasion en Belgique et par la confiance moindre des consommateurs dans les voitures à batterie d'occasion, une préoccupation également soulevée par Renta.

Les flottes néerlandaises bénéficient d'un écosystème de revente plus mature et d'incitations cohérentes, ce qui permet aux modèles électriques de mieux conserver leur valeur. Les analystes s'attendent à ce que la parité en matière de dépréciation entre les véhicules électriques et les voitures à combustion interne apparaisse vers 2026-2027 aux Pays-Bas, mais plus tard en Belgique, à moins que la demande d'occasion et la stabilité politique ne s'améliorent.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.