Le Hilux indestructible de Toyota, longtemps caractérisé par son couple diesel et sa fiabilité à toute épreuve, s'aventure en territoire inconnu. La neuvième génération, disponible à la commande depuis décembre, marque le changement le plus important dans les 55 ans d'histoire du modèle avec l'arrivée d'une version électrique à batterie. Un modèle à hydrogène suivra également.
Le Hilux BEV entièrement électrique ouvre la voie, arrivant sur les marchés européens à la fin de l'année, plusieurs mois avant le diesel hybride léger. La décision de Toyota témoigne d'une confiance croissante dans le fait que même un véhicule utilitaire pur sang peut prospérer sans moteur bruyant ni pot d'échappement.
Mais la marque ne prend aucun risque. Dans le cadre de sa stratégie “ multi-voies ”, le Hilux proposera à terme trois formes d'électrification : hybride, batterie et pile à combustible. Toyota pourra ainsi s'adapter aux marchés régionaux et aux contraintes réglementaires sans renoncer à sa réputation de durabilité.
Dès le début
La version BEV est construite sur un châssis en échelle remanié, conçu dès le départ pour supporter la propulsion électrique. La puissance provient de deux moteurs, un sur chaque essieu, qui délivrent un couple de 205 Nm aux roues avant et de 269 Nm aux roues arrière.
La puissance combinée alimente une batterie lithium-ion de 59,2 kWh, offrant une autonomie estimée à 240 kilomètres selon le cycle WLTP.

De plus, Toyota affirme que le Hilux BEV peut transporter jusqu'à 715 kg et remorquer 1 600 kg, des chiffres bien inférieurs à ceux d'un modèle diesel, mais suffisants pour des travaux utilitaires légers. La recharge rapide à 150 kW compense l'autonomie modeste, avec une recharge complète prévue en moins d'une heure.
Fidèle au modèle Hilux
En termes de design, le Hilux électrique se distingue par une calandre supérieure fermée, qui doit améliorer son aérodynamisme pour que ce véhicule robuste puisse remporter du succès. Des jantes en alliage uniques et de subtiles touches de bleu le distinguent de ses homologues à moteur à combustion.
Les proportions restent fidèles au modèle Hilux (5,32 mètres de long pour un empattement de 3,09 mètres), mais ses lignes sont légèrement plus nettes et ses phares un peu plus fins. Bien sûr, le hayon arbore le nom Toyota en relief, mais une nouvelle fonctionnalité intéressante a été ajoutée : le pare-chocs intègre de petits marchepieds latéraux pour faciliter l'accès à la plate-forme de chargement.

À l'intérieur, Toyota a entièrement repensé l'habitacle après une décennie de mises à jour progressives. Deux écrans de 12,3 pouces remplacent l'ancienne disposition analogique, complétés par des commandes physiques pour les systèmes tout-terrain et les réglages de climatisation.
Le modèle électrique remplace le levier de vitesses mécanique par un sélecteur électronique compact. Le chargement sans fil pour téléphone et les nouveaux ports USB à l'arrière sont de série, et le camion prend en charge les mises à jour à distance via l'application MyToyota. Les exploitants de flottes pourront surveiller jusqu'à dix véhicules simultanément, en suivant l'état de la batterie, l'emplacement et les intervalles d'entretien.
Terrain d'essai
L'Europe sera un terrain d'essai crucial. Les marchés occidentaux renforcent leurs règles en matière d'émissions, mais la demande en véhicules diesel reste forte, en particulier dans les secteurs de la construction et de l'agriculture.
Toyota s'attend à ce que le moteur diesel hybride léger de 2,8 litres domine les ventes. Cependant, le Hilux électrique jouera un rôle stratégique dans les flottes urbaines, où les moteurs à combustion sont de moins en moins appréciés, car les appels d'offres exigent de plus en plus des machines silencieuses et sans émissions.

Aux États-Unis, il est confronté au F-150 Lightning de Ford, un véhicule puissant de grande taille doté d'une batterie d'une capacité maximale de 131 kWh, d'une autonomie d'environ 430 km et d'une capacité de remorquage supérieure à 4,5 tonnes. Mais cette puissance s'accompagne d'un inconvénient en termes de taille et de poids, qui le rend moins pratique sur les routes étroites européennes.
Version à pile à combustible
Si le Hilux électrique à batterie illustre l'engagement à court terme de Toyota, la version à hydrogène, qui a été développée en collaboration avec le centre technique à Zaventem, incarne sa stratégie à long terme. Prévu pour être commercialisé en 2028, il fonctionnera avec une pile à combustible à hydrogène similaire à celle de la berline Mirai. Toyota a passé des années à tester des prototypes de modèles Hilux à pile à combustible au Royaume-Uni et au Japon.
Il sera intéressant de voir comment la variante à pile à combustible se comportera sur le marché difficile de l'hydrogène, qui peine à prendre son essor à l'échelle mondiale. Mais elle pourrait s'avérer être une alternative zéro émission efficace pour les clients professionnels qui ont besoin d'un ravitaillement rapide et d'une autonomie plus étendue, ce qu'aucun camion à batterie ne propose actuellement dans ce segment.


