À Bruxelles, les conducteurs étrangers qui reçoivent des amendes de stationnement ne les paient pas dans 90% des cas. C'est ce qui ressort des chiffres du bureau de la ministre sortante de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen).
Selon BRUZZ, la Région de Bruxelles-Capitale étudie actuellement la possibilité d'utiliser des sabots de Denver pour contraindre les mauvais payeurs à s'acquitter de leurs dettes. La Région, qui est aux prises avec des difficultés financières, pourrait bien avoir besoin de cet argent : au 1er octobre, le montant des amendes restant à percevoir s'élevait à 25 millions d'euros.
431 572 amendes en 2024
En 2023, 301 289 amendes ont été infligées, d'un montant moyen compris entre 35 et 40 euros. En 2024, ce chiffre est passé à 431 572. Cependant, seules 29 346 et 39 144 de ces amendes ont été perçues, soit respectivement 9,74% et 9,07%. En conséquence, plus de 25 millions d'euros d'amendes impayées restent en suspens : 9,3 millions d'euros pour les amendes infligées en 2023 et 15,8 millions d'euros pour celles infligées en 2024.
La plupart de ces amendes impayées sont infligées à des conducteurs dont les véhicules sont immatriculés à l'étranger. Les conducteurs dont les véhicules sont immatriculés en Belgique sont beaucoup plus ponctuels dans le paiement de leurs amendes, avec un taux de recouvrement de 80% en 2023 et de 76% en 2024.
‘ Une inertie politique inquiétante ’
Pour l'équipe de Fouad Ahidar, qui a demandé ces chiffres à Van den Brandt, cette situation témoigne d'une “ inertie politique inquiétante ” et est “ incompréhensible, injuste et coûteuse pour les Bruxellois ”.”
Le parti cite l'exemple des Pays-Bas. Lorsqu'un conducteur belge commet une infraction, il reçoit plusieurs avertissements avant que des poursuites judiciaires ne soient engagées. S'il franchit à nouveau la frontière sans avoir payé, son véhicule peut être immobilisé. “ Nous demandons à la Région d'appliquer le même degré de rigueur et d'équité aux conducteurs étrangers qu'aux citoyens belges ”, déclare Ahidar.
Le suivi international beaucoup plus difficile que prévu
Cependant, la Région de Bruxelles-Capitale n'a pas le pouvoir de négocier des accords bilatéraux avec d'autres pays, explique M. Van den Brandt. Le ministre a donc demandé au gouvernement fédéral de conclure des mécanismes de recouvrement avec d'autres pays que la France et les Pays-Bas afin de percevoir les amendes routières.
Mais quoi qu'il en soit, la plupart des conducteurs étrangers à Bruxelles viennent des pays voisins, principalement des Pays-Bas, de France, du Luxembourg et d'Allemagne.
Si la Belgique a actuellement des accords bilatéraux avec ses voisins du nord et du sud pour recouvrer les amendes routières, il semble que les mécanismes de recouvrement ne fonctionnent pas parfaitement non plus. Ou que le suivi international est beaucoup plus difficile que prévu, car à peine une amende de stationnement sur dix infligée à des véhicules immatriculés à l'étranger à Bruxelles est effectivement payée.
Diverses mesures
Pour remédier à ce problème, Parking. Bruxelles collaborera avec une société spécialisée dans le recouvrement des amendes routières européennes. De plus, l'agence sera bientôt habilitée à immobiliser les véhicules à l'aide de sabots ou à les faire remorquer en cas de non-paiement répété. “ Une décision est actuellement en cours d'élaboration pour permettre le lancement de cette mesure ”, a déclaré le ministre.
La Région examine également la possibilité d'utiliser elle-même des sabots de Denver à l'encontre des mauvais payeurs. En vertu de la législation belge, tout véhicule couramment utilisé en Belgique par une personne résidant en Belgique doit également être immatriculé auprès du Service d'immatriculation des véhicules et recevoir une plaque d'immatriculation belge.
Cependant, les étrangers titulaires d'une plaque d'immatriculation étrangère et résidant en Belgique ne le font pas toujours, même s'ils s'exposent à une amende ou à une pénalité et, dans certains cas, à la mise en fourrière du véhicule. Des enquêtes sont actuellement en cours afin de déterminer comment les contraindre à le faire.
Enfin, on examine également la possibilité de verbaliser les conducteurs étrangers pour les infractions commises dans la LEZ, ce qui est rarement, voire jamais, fait automatiquement, car les données techniques et celles relatives au propriétaire ne sont pas disponibles automatiquement, ce qui rend le recouvrement difficile. Des travaux sont également en cours pour créer une base de données commune entre Parking.brussels, Bruxelles Fiscalité et Bruxelles Environnement afin de mieux traquer les contrevenants récidivistes.


